"Mettre fin au laxisme" : la sécurité, un enjeu de la campagne électorale 2024 pour le MR et Défi
Les deux partis, ainsi que le PTB, ont fait leur rentrée politique durant le week-end et ont lancé leur campagne électorale.

- Publié le 10-09-2023 à 18h57
- Mis à jour le 10-09-2023 à 19h24

Avec les compliments du Premier ministre. Alexander De Croo (Open VLD) était l'invité de RTL-TVI, dimanche midi. À la question de savoir si les présidents du PS et du MR, Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez, pourraient un jour devenir Premier ministre, il a d'abord répondu : "Ce n'est pas moi qui déciderai, ce sont les élections qui décideront." Puis, après un bref silence, il a ajouté : "Mais il faudrait que tous les deux expliquent un petit peu quel est l'avenir pour le pays. Des gens qui sont uniquement négatifs sur un pays, ils ne vont pas améliorer le sort de ce pays."
On perçoit dans cette réponse tout l'agacement d'Alexander Croo à l'égard des nombreuses critiques émises par MM. Magnette et Bouchez sur le fonctionnement et l'action du gouvernement fédéral depuis sa mise en place, il y a trois ans. Mais que le libéral flamand ne se berce pas d'illusions. Comme cela a été dit lors des congrès de rentrée du MR et de Défi, durant le week-end, la campagne électorale est lancée, à neuf mois du méga-scrutin (élections européennes, fédérales et régionales) de juin 2024.
Les politiques de gauche
Le MR organisait ses universités d'été aux Lacs de l'Eau d'Heure. Lors de l'événement de clôture, samedi, Georges-Louis Bouchez a dévoilé le slogan de précampagne : "Travailler l'avenir". L'emploi en Wallonie a occupé une place de choix dans son discours. "Oui, je l'assume, nous pouvons être plus stricts en politique sociale, dans les règles de chômage, parce que cette politique sociale devient destructrice de bien-être et condamne des individus à rester dans l'assistanat", a-t-il lancé, s'en prenant aux politiques de gauche.
Autre grand axe de la campagne des libéraux : la sécurité. "Il n'y a pas de mal à être sécuritaire. Il faut être juste. L'État de droit doit être respecté, mais il faut mettre fin au laxisme. La peur doit changer de camp", a dit M. Bouchez, réclamant davantage de moyens pour la police et la justice.
La réponse de Défi
La Vivaldi (la majorité fédérale dont fait partie le MR) est le paroxysme de la "faiblesse régalienne" de l'État, lui a indirectement répondu François De Smet, le président de Défi, lors du congrès de son parti, dimanche, à Louvain-la-Neuve. Selon lui, la dégradation de la force étatique, notamment en matière de police et justice, a été entamée il y a dix ans et a surtout été imprimée par l'action "dangereuse" de la suédoise (majorité dont faisait également partie le MR) sous la législature précédente. "Il est temps de réaffirmer l'autorité de l'État, et de le renforcer."
M. De Smet a par ailleurs pointé la nécessité, selon lui, d'assainir les finances des Régions wallonne et bruxelloise et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dont les dettes cumulées atteindront 50 milliards d'euros en 2025. "Continuer à promettre un certain nombre de gratuités nouvelles, notamment dans les transports publics, n'est plus tenable."
Le PTB n'a visiblement pas les mêmes inquiétudes. Lors de son festival annuel "ManiFiesta", samedi, à Ostende, le président Raoul Hedebouw a défendu la TVA à 0 % sur les aliments, alors que "les profits des multinationales de l'agrobusiness explosent".