Voici les rémunérations des présidents des partis francophones
Tout travail mérite-t-il salaire, même celui de président de parti ?




- Publié le 25-06-2024 à 21h25

Emmanuel De Bock a jeté un pavé dans la mare, mardi. L'ex-député bruxellois, non réélu aux élections du 9 juin, a annoncé dans La Libre qu'il se portait candidat à la présidence de son parti, Défi, et que, s'il est élu, il exercera cette fonction à titre gratuit.
"Je suis prêt à être président gratuitement, sans salaire, comme cela a toujours été la philosophie chez Défi, a-t-il dit. Je travaillerai à mi-temps comme avocat. On peut vivre chichement quand on est au service d'une cause si noble. Et il n'y a pas d'incompatibilité avec le poste d'échevin à Uccle", un rôle qu'il espère endosser après les élections communales du mois d'octobre. Notons tout de même que M. De Bock, en tant que parlementaire bruxellois non réélu, touchera de généreuses indemnités de départ pendant plusieurs mois.
Quoi qu'il en soit, quels sont les montants des rémunérations des présidents des partis francophones ? Petit tour d'horizon.
François De Smet (Défi)
6 800 euros nets
François De Smet avait succédé à Olivier Maingain, en mai 2019, avant d'annoncer sa démission ce 10 juin, au lendemain des élections.
Le poste de président de Défi est bénévole et n'est assorti d'aucun salaire ni avantage en nature. Depuis 25 ans, le président de Défi a toujours été un député fédéral, et se rémunère via ce salaire. En décembre 2022, cette indemnité de base s'élevait à 8 143 euros brut et une indemnité forfaitaire pour frais exposés de 2 400 euros net, pour un montant net total de 6 800 euros.
La personne qui succédera à François De Smet ne bénéficiera toutefois plus d'un salaire de député, puisque ni Sophie Rohonyi ni Emmanuel De Bock, les candidats à la présidence, ne sont plus députés.
Maxime Prévot (Les Engagés)
257 000 euros brut par an
"Chez Les Engagés, le salaire du président est équivalent à celui d'un ministre, soit 257 000 euros brut par an", explique le parti centriste, contacté mardi par La Libre. Ce salaire, dans le cas du président actuel Maxime Prévot, "inclut sa rémunération de député-bourgmestre qui vient donc en déduction du montant versé par le parti".
M. Prévot est député fédéral et bourgmestre de Namur. Fin 2022, l'indemnité parlementaire de base, pour un député fédéral, était de 8 143 euros brut par mois – soit 97 716 euros brut sur une base annuelle. Le traitement du bourgmestre de Namur était de 149 329,53 euros brut par an au 1er janvier 2023 (ce qui correspond au traitement d'un bourgmestre d'une ville wallonne comptant entre 80 001 et 150 000 habitants). Ces montants ont depuis été indexés, mais ils permettent d'évaluer que le parti a à peine besoin de mettre la main au portefeuille, voire pas du tout, pour compléter la rémunération de son président. Les fonctions de député et de bourgmestre offrent par ailleurs des avantages divers (par exemple, pour le parlementaire, une indemnité forfaitaire pour frais exposés).
Paul Magnette (PS)
9 400 euros nets par mois
Au PS, le traitement du président du parti est équivalent à celui d'un ministre ou d'un "autre président de parti", précise-t-on au PS. "Il gagne 9 400 euros net/mois pour sa fonction de Président de Parti et de Bourgmestre de la plus grande Ville wallonne. Il touche environ 10 600 euros/net par mois mais 1 200 euros retournent au PS chaque mois", explique sa porte-parole. Par ailleurs, on nous indique aussi que l'ensemble des salaires des équipes du PS y compris le sien vont être revus à la baisse. À cela s'ajoute une rémunération de professeur à l'ULB (entre 6 000 et 11 000 euros brut par an), selon sa déclaration de mandats.
Raoul Hedebouw (PTB)
2 500 euros nets par mois
Au PTB, le président Raoul Hedebouw reçoit un traitement compris entre 2 300 et 2 500 euros, comme tous les députés du parti. Rappelons qu'un élu du PTB ne doit conserver de sa rémunération parlementaire que le salaire moyen d'un ouvrier.
Georges-Louis Bouchez (MR)
Entre 7 000 et 8 000 euros nets par mois
Le président libéral l'a reconnu en interview sur RTL : il perçoit une rémunération équivalente à celle d'un vice-Premier ministre ou encore de Paul Magnette. Selon les chiffres évoqués, son salaire brut tourne aux alentours de 19 000 euros par mois. "Cela veut dire qu'en net, on doit être entre 7 000 et 8 000 euros quand les cotisations sont payées et l'imposition", précisait Georges-Louis Bouchez.
Rajae Maouane et Jean-Marc Nollet (Écolo)
161 500 euros brut par an (au départ)
Contacté mardi, le porte-parole des verts précise d'emblée que "le rôle de coprésident n'est pas un mandat public et, chez Écolo, on ne cumule pas. Les coprésidents se consacrent uniquement à ce rôle". Selon les règles de rémunération des écologistes, le traitement de coprésidents qui n'auraient pas d'année d'ancienneté est de 11 596,83 euros brut par mois. Soit environ 161 500 euros brut par an.