Une nouvelle débâcle menace Écolo le 13 octobre
Quels sont les enjeux des scrutins locaux pour Écolo ? Les élections s'enchaînent et le parti n'a pas eu le temps de se remettre de la défaite cinglante du 9 juin. Le nouveau duo à la coprésidence – Marie Lecocq et Samuel Cogolati – n'aura pas la tâche facile.

- Publié le 17-09-2024 à 06h45
- Mis à jour le 23-09-2024 à 13h49

Élus à la coprésidence d'Écolo en juillet, Marie Lecocq et Samuel Cogolati le savent bien : ils n'auront pas la tâche facile dans cette campagne pour les élections communales et provinciales. Le 9 juin, l'écologie politique a tremblé sur ses fondations, le nombre de députés dans les différentes assemblées a drastiquement fondu. À la Chambre des représentants, par exemple, il ne reste plus que de deux parlementaires Écolo : Sarah Schlitz, l'ancienne secrétaire d'État à l'Égalité des chances, et Rajae Maouane, l'ancienne coprésidente. Aux côtés de Jean-Marc Nollet, cette dernière avait démissionné au lendemain de la lourde défaite électorale de juin.
La menace d'un nouveau ressac
L'angoisse chez les verts francophones est la suivante : le 13 octobre, les électeurs leur rejoueront-ils cette désagréable partition ? Après la débâcle au fédéral et dans les Régions, Écolo doit-il s'attendre à un ressac dans les conseils communaux et provinciaux ? Le contexte politique, lui, n'a en tout cas pas changé en un été : le MR et, surtout, Les Engagés pourraient poursuivre le siphonnage des sympathisants centristes des verts, tandis que le PTB et le PS pourraient séduire une frange verte plus radicale.
Cette menace doit toutefois être nuancée : les scrutins communaux sont autant de mini-élections dont l'issue est déterminée en grande partie par des enjeux purement locaux ou encore par les personnalités qui composent les listes. Aux provinciales, par contre, le vote peut davantage refléter l'adhésion à un parti, à une idéologie plutôt qu'à une autre.
Reste qu'Écolo part de très haut et, comme le veut l'adage, plus dure sera la chute… Les dernières élections locales – en 2018 – avaient donné une belle victoire aux verts partout dans le pays. On avait même parlé d'une "marée verte". Écolo obtenait alors six bourgmestres en Wallonie et trois à Bruxelles. Inévitablement, les commentateurs politiques compareront à ces brillants résultats ceux du 13 octobre. Cela pourrait s'avérer cruel : les verts ne semblent pas en position de consolider leur présence sur le plan local.
En six ans, nous avons changé d'époque. La lutte contre le réchauffement climatique et la transition énergétique sont passées au second plan face à des crises majeures qui mettent les démocraties sous pression : invasion de l'Ukraine par l'ogre russe, crise inflationniste, remilitarisation de l'Europe, montée des populismes, question migratoire… Autant de thèmes qui mettent les écolos en difficulté.
Une coprésidence sous pression
Voilà pour le paysage politique actuel qui pourrait desservir les verts comme il les avait plombés il y a trois mois. Sur le plan interne, c'est également compliqué. Seules quelques semaines séparent le renouvellement à marche forcée à la tête du parti, acté cet été, et les échéances du 13 octobre. Le jeune duo Cogolati/Lecocq n'aura pas le temps de repositionner Écolo, ni d'ajuster sa doctrine, sa manière de fonctionner et, surtout, sa manière de communiquer. Ce travail de fond doit avoir lieu sur plusieurs années. Les élections locales arrivent décidément trop vite…
L'écologie populaire sauvera-t-elle Écolo ?
Les coprésidents entendent mettre en évidence le travail de terrain des représentants d'Écolo dans les entités où ils sont aux commandes. Le credo des têtes pensantes des verts ? "L'écologie populaire." Dans La Libre, Samuel Cogolati confiait miser beaucoup sur cette approche, notamment en vue du 13 octobre : "Les meilleurs alliés de l'écologie populaire, ce sont nos élus locaux qui montrent que l'écologie, c'est du concret : des cantines scolaires avec des produits du coin, de qualité et accessible, des logements sociaux mieux isolés, des transports en commun plus accessibles". Sans doute judicieux, mais cela suffira-t-il pour éviter une nouvelle claque aux verts ?
Des bourgmestres qui raccrochent
Certains des plus importants mayeurs écolos ne souhaitent pas rempiler. Jean-Michel Javaux à Amay, par exemple. L'ancien coprésident du parti et locomotive électorale ne brigue pas de quatrième mandat à l'hôtel de Ville de la commune mosane. Les verts du cru ne se présenteront d'ailleurs pas sous l'étique "Écolo" et ont ouvert leur liste ("Osons Ensemble") à des candidats extérieurs. Autre succession à venir : celle d'Olivier Deleuze à Watermael-Boitsfort. Le bourgmestre de la commune du sud de Bruxelles avait annoncé l'année dernière ne pas vouloir rempiler. Encore un ancien dirigeant du parti qui jette l'éponge sur le plan local. À l'approche du 13 octobre, les écologistes ont pourtant bien besoin d'un ancrage solide dans les communes, porté par des personnalités visibles et médiatiques…