Combien d'emplois disparaîtront avec la réforme des mécanismes APE ? "Ce n'est pas de ma responsabilité", insiste Pierre-Yves Jeholet
Le mécanisme des aides à l'embauche sera revu pour éviter les "effets d'aubaine".

- Publié le 20-10-2025 à 18h29
- Mis à jour le 20-10-2025 à 20h18

On ne pourra pas dire que le ministre wallon de l'Emploi, Pierre-Yves Jeholet (MR), n'a pas de suite dans les idées. La réforme du système d'aides à l'emploi (APE) qui pèse chaque année plus d'un milliard d'euros dans le budget wallon, qu'il avait ratée en 2019, il a pu la mettre sur les rails pour le budget 2026 présenté lundi par le gouvernement wallon. Et elle va causer quelques dégâts sur l'emploi partiellement "subsidié" en Wallonie.
En supprimant la possibilité pour les pouvoirs publics de bénéficier de travailleurs sous contrats APE, il est à craindre que ces personnes perdent leur emploi. Le constat est identique pour certaines structures actives dans le secteur non marchand (hors médical, enfance et handicap). Si ces différentes structures veulent continuer à bénéficier dans le futur de l'apport des personnes aujourd'hui sous contrat APE, libre à elles de les financer, précise le ministre. "Ce n'est pas de ma responsabilité", insiste M. Jeholet. Vu l'état des finances de certaines communes ou ASBL, cela risque d'être compliqué. Quant à celles qui sont sous plan de gestion, cela leur sera interdit.
Pierre-Yves Jeholet a donc listé ceux qui ne pourront plus bénéficier de ce système créé à l'origine pour aider à la création d'emploi et qui, dans le temps, est devenu quasiment structurel, y compris dans les pouvoirs publics. Sont ainsi visés, les villes et communes, les organismes publics wallons et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les régies communales autonomes, les zones de police, les zones de secours, les provinces, 12,5 % des structures actives dans le non-marchand avec but lucratif et 12,5 % des emplois APE dans les intercommunales.
Une prime aux agences d'intérim ?
Pour atteindre son objectif de réduction des dépenses structurelles de 83,7 millions d'euros en 2026 dans ses compétences, le ministre de l'Emploi réduit l'indexation des subventions régionales pour les entreprises de titres-services. Il entend aussi, pour ces mêmes entreprises de titres-services, mettre fin au double subventionnement − certaines sociétés vont chercher plusieurs subventions (subvention titres-services et subvention APE). Enfin, dans les dispositifs de formations en Wallonie, il espère récupérer 20 millions d'euros qui s'égareraient dans certains dispositifs de formation.
Le vice-Président du gouvernement maintient par contre les moyens octroyés au mécanisme d'aides à l'embauche. Ils seront destinés aux entreprises qui engagent des jeunes de moins de 25 ans, des travailleurs de plus de 57 ans, des demandeurs d'emplois inscrits au Forem depuis 12 mois et plus et ceux qui y sont inscrits depuis 24 mois et plus. En engageant ces personnes considérées comme les plus éloignées du marché du travail, les entreprises bénéficieront d'un soutien financier. Dans le système actuel, aussi, les effets d'aubaine sont légion, selon le ministre. "Aujourd'hui, 90 % des aides ne nécessitent qu'un seul jour d'inscription au Forem, désormais ce sera quatre mois". Il accélère aussi le processus, puisqu'il ne faudra plus que 48 h pour savoir si on peut ou non bénéficier de cette aide. Dans l'opposition en Wallonie, on craint que cette mesure soit une "prime octroyée aux agences d'intérim", ce que Pierre-Yves Jeholet conteste avec fermeté.