Trois jours de grève à la suite, un enchaînement inédit ces cinquante dernières années
Le front commun syndical appelle à une grève des transports le lundi 24 novembre, des services publics le mardi 25 et à une grève nationale interprofessionnelle le mercredi 26. Dans son viseur, les réformes du gouvernement De Wever.

- Publié le 21-10-2025 à 18h53

Fort de la réussite de la manifestation du 14 octobre (entre 80 000 et 140 000 personnes), les syndicats ont décidé d'intensifier leur mobilisation contre les réformes portées par le gouvernement De Wever (N-VA, MR, Engagés, Vooruit, CD & V). Le front commun syndical (CSC, FGTB, CGSLB) a annoncé mardi une triple grève fin novembre. Le mouvement ira crescendo. Le lundi 24 novembre, les transports en commun seront en grève. Le mardi 25 novembre, la grève concernera l'ensemble des services publics. Et le mercredi 26 novembre, la grève sera nationale et interprofessionnelle − tous les secteurs professionnels seront concernés.
Les organisations de travailleurs reprochent à la coalition Arizona son absence de réaction à la manifestation nationale et au courrier adressé au Premier De Wever. "Un silence assourdissant", déplore le front commun. "Pire encore, le Premier ministre a présenté un menu indigeste lors des discussions budgétaires" (saut d'index, hausse de la TVA, nouvelles économies sur les pensions, etc.) qui viennent s'ajouter aux mesures déjà annoncées "de démantèlement de la sécurité sociale et du marché du travail". Les syndicats réclament au contraire "plus de justice fiscale et le rétablissement d'un contrat social solide".
L'appel de novembre
Pour appuyer leur combat, les syndicats lancent donc cet "appel de novembre" et programment trois journées de grève consécutives. Il ne s'agit certes pas de trois jours de grève générale, mais cela constitue un enchaînement inédit dans notre pays, du moins ces cinquante, voire soixante dernières années.
Selon Thierry Bodson, président de la FGTB, il faut remonter au début des années 70 pour retrouver la trace de trois journées de grève consécutives au niveau national. La CSC n'a pas de souvenir d'une telle mobilisation pas plus que Jean Faniel, directeur général du Centre de recherche et d'information socio-politiques (Crisp). "En 2014, il y avait eu quatre actions hebdomadaires successives, mais c'est un peu différent ici", mentionne-t-il.
La grève du siècle
En 2014, les syndicats étaient en effet montés dans les tours pour contester la politique du gouvernement "suédois" de Charles Michel et sa pension à 67 ans. Après une grosse manifestation à Bruxelles (120 000 personnes), les syndicats avaient organisé chaque lundi, durant un mois, une grève tournante par province, qui s'était clôturée par une grève nationale.
Vingt ans plus tôt, en 1993, les syndicats avaient utilisé plus ou moins le même modus operandi pour contester le plan global du gouvernement Dehaene. Dans les années 80, l'austérité des gouvernements Martens-Gol avait également suscité des grèves à répétition. Et dans les années 70, le Premier ministre Leo Tindemans (CVP) et ses mesures d'assainissement étaient tombés sur les "grèves du vendredi". À ce jour, la plus grande mobilisation syndicale reste cependant ce que l'on avait baptisé la "grève du siècle", à l'hiver 1960-1961, dirigée contre la Loi unique (inique, disaient les syndicats) du gouvernement de Gaston Eyskens. Elle avait duré cinq semaines. Elle avait nécessité l'intervention de l'armée et fait quatre morts.