David Clarinval met la pression sur l'Europe: "C'est un précédent inimaginable. On n'a même pas fait ça pendant la Seconde Guerre mondiale"
Comme chaque matin dans le "Café sans filtre", Maxime Binet reçoit un invité afin de débattre de l'actualité belge ou internationale sur LN radio.
- Publié le 05-12-2025 à 09h24
- Mis à jour le 05-12-2025 à 12h48
Invité ce vendredi matin dans le Café sans filtre, le ministre de l'Économie David Clarinval (MR) s'est exprimé sur plusieurs dossiers sensibles, à commencer par celui des avoirs russes bloqués chez Euroclear. Un sujet qu'il qualifie de "dossier d'une ampleur exceptionnelle".
Dès les premières minutes, il plante le décor : "On parle de 185 milliards d'euros, soit un tiers du PIB belge." Pour lui, utiliser ces avoirs sans cadre international clair reviendrait à franchir une ligne rouge : "C'est un précédent inimaginable. On n'a même pas fait ça pendant la guerre 40."
David Clarinval explique que le danger ne se limite pas à d'éventuelles représailles russes. Selon lui, la réputation financière du pays pourrait être durablement atteinte : "Tous les pays extra-européens pourraient se dire : en Belgique, on peut se faire voler notre argent." Cette perception provoquerait immédiatement une "fuite des capitaux" qui menacerait l'ensemble du système financier belge.
"J'ai vu une unanimité de tous les partis"
Dans ce contexte, il insiste : la Belgique ne souhaite pas porter seule le poids politique, diplomatique et économique d'une telle décision : "Nous ne voulons pas être seuls face à la Russie. Aujourd'hui, nous n'avons aucune promesse que d'autres pays viendront à notre secours."
David Clarinval confirme que la Belgique est prête à aller au bout de sa position lors du Conseil européen du 18 décembre : "La Belgique est prête à bloquer ce dossier si nous n'avons pas ces garanties. Nous ferons usage de notre droit de veto." Il ajoute que cette fermeté s'appuie sur un large soutien politique : "J'ai vu une unanimité de tous les partis, de l'extrême droite à l'extrême gauche. C'est rare."
"À Bruxelles, ils ne savent pas prendre les réformes nécessaires"
Après ce premier dossier explosif, David Clarinval a été interrogé sur les arbitrages budgétaires en cours, notamment pour les secteurs demandant des exceptions sur la TVA ou les indexations, comme Pairi Daiza et les grands cinémas. Sur ce point, il se montre nettement plus prudent : "Nous trancherons cet après-midi. Je ne vais pas le faire sur le plateau."
Interrogé également sur la mise en œuvre de la réforme du chômage limitée dans le temps dès le 1er janvier, il se dit confiant : "Je suis convaincu que tout le monde est prêt : en Flandre, en Wallonie, en communauté germanophone…" Mais il nuance immédiatement : "À Bruxelles, l'absence de gouvernement fait qu'ils ne savent pas prendre les réformes nécessaires."
Retrouvez l'interview complète en tête d'article.

