Au sein du MR, il existe deux types de réaction suite au départ de Michel De Maegd
Cet épisode ravive les interrogations sur la stratégie du président libéral Georges-Louis Bouchez et ses conséquences électorales à moyen terme.

- Publié le 06-01-2026 à 19h33

Comment les libéraux réagissent-ils au transfert de Michel De Maegd vers Les Engagés ? Deux sensibilités existent. Certains élus s'inquiètent de la force d'attraction que pourraient exercer à l'avenir les centristes sur un électorat libéral déboussolé par les accents conservateurs du MR "bouchéiste". D'autres, plus cyniques, estime que ce départ était inscrit dans les astres et importe peu. Menant une fronde ouverte contre le président libéral depuis plusieurs mois, Michel De Maegd devait partir. En rupture, le député fédéral, ancien présentateur du JT de RTL, ne pouvait plus espérer un brillant avenir chez les libéraux.
Sa décision met toutefois en lumière les dangers de la stratégie de Georges-Louis Bouchez. Ce dernier a construit la large victoire du MR aux élections de 2024 en jouant dans le registre de la droite "décomplexée". Cette ligne idéologique lui a notamment permis de convaincre dans les couches sociales populaires. Parallèlement, l'aura de Sophie Wilmès, tête de liste aux élections européennes, avait permis de rassurer une base libérale plus BCBG, plus traditionnelle. Ce cocktail avait mené au succès.
Crainte pour 2029
Désormais, Sophie Wilmès et "GLB" sont en froid. L'ancienne Première ministre n'est plus invitée aux réunions du bureau de parti et en a pris ombrage. D'où cette angoisse qui monte : si, en 2029, l'image de Georges-Louis Bouchez n'était pas adoucie par celle de Sophie Wilmès jouant un rôle électoral central, le MR pourrait en souffrir dans les urnes. Les Engagés siphonneront les voix de centre-droit autrefois acquises au MR.
Il est toutefois permis de relativiser la signification du transfert de Michel De Maegd vers le parti d'Yvan Verougstraete. Partisan d'une reconnaissance rapide de l'État palestinien alors que la guerre à Gaza faisait rage, le parlementaire avait voulu incarner une tendance plus humaniste au sein du MR. Durant la fronde qui avait alors secoué le parti, d'autres députés du groupe à la Chambre s'étaient également montrés critiques à l'égard du style présidentiel : Charlotte Deborsu et Mathieu Michel. Toutefois, ces derniers ne semblent pas tentés par les sirènes des Engagés. C'est seul que Michel De Maegd a franchi le Rubicon.
Quand les libéraux puisaient au PSC…
Par ailleurs, les transfuges sont monnaie courante en politique. Et les libéraux peuvent difficilement reprocher aux Engagés de leur avoir piqué un élu… Dans leur histoire, les réformateurs ont puisé au PSC et au CDH – sans vergogne – plusieurs mandataires d'envergure : Gérard Deprez, Marie-Christine Marghem, Richard Fournaux… Plus récemment, en 2020, le député régional Bertin Mampaka quittait le CDH bruxellois pour le MR.
Le départ de Michel De Maegd s'inscrit aussi à la suite d'épisodes douloureux pour les libéraux, qui avaient débouché sur d'autres départs. En 2022, Alexia Bertrand avait accepté le poste de secrétaire d'État au Budget que lui offrait l'Open VLD. L'ancienne cheffe de groupe MR au parlement bruxellois entretenait alors des rapports conflictuels avec Georges-Louis Bouchez. En 2023, Jean-Luc Crucke avait lui aussi claqué la porte et était passé aux Engagés en dénonçant le "trumpisme" de "GLB". Il ne s'agit pas d'une hécatombe, mais ces départs, pris dans leur ensemble, constituent aussi une alerte pour le MR.