À Liège-Bastogne-Liège, les jeunes N-VA sortent les drapeaux… wallons : "La Wallonie est un pays magnifique"
Les nationalistes flamands s'adressent désormais au sud du pays avec beaucoup plus de précautions que par le passé.

- Publié le 27-04-2026 à 18h30

La politique se loge partout, même dans les courses cyclistes. À l'occasion de Liège – Bastogne – Liège, les Jong N-VA – les jeunes du parti nationaliste flamand – ont mené une action symbolique en décorant la montée emblématique de La Redoute aux couleurs du coq wallon. C'était prémédité, il s'agissait d'un "coup" médiatique. La preuve ? Dimanche soir, Jeroen Bergers, député fédéral et président des jeunes N-VA a diffusé un communiqué expliquant sa démarche : "La Wallonie est un pays magnifique. Lors des classiques flamandes, les lions flamands sont omniprésents, tandis que la fierté wallonne reste trop peu visible à l'écran. Nous souhaitons corriger cela. Vive la culture wallonne ! Pour une Wallonie libre, indépendante et prospère !"
Paradoxal ? Au contraire. La N-VA conserve son agenda "confédéraliste", un concept ambigu qui impliquerait une régionalisation poussée à son maximum des institutions belges. Dans l'espoir de mettre en œuvre ce projet, les nationalistes flamands ont tout intérêt à trouver en Wallonie des partenaires régionalistes. Les grandes réformes de l'État nécessitent de larges majorités parlementaires. Par conséquent, pour faire évoluer notre modèle vers le "confédéralisme", les voix des francophones seront nécessaires. En attendant cet éventuel "Grand Soir" nationaliste, les jeunes N-VA semblent vouloir travailler les esprits et réveiller l'orgueil wallon.
Un certain adoucissement
Cette action à Liège-Bastogne-Liège s'inscrit dans le cadre plus vaste d'un adoucissement des propos à l'égard des Wallons. Depuis plusieurs années, la N-VA veille à ne plus tomber dans certaines caricatures à l'égard du sud du pays. On est loin de ce jour de janvier 2005 où la jeune formation héritière de l'aile droite de la Volksunie avait affrété douze camions chargés de faux billets de 50 euros… Direction : les ascenseurs à bateaux de Strépy-Thieu (Hainaut), symbole aux yeux des nationalistes de la gabegie wallonne. C'était Bart De Wever qui avait monté l'opération. Plus de vingt ans après, le même homme est chargé de faire fonctionner la Belgique fédérale en tant que Premier ministre.
De boulet aux yeux des séparatistes, la Wallonie aurait-elle gagné avec le temps un statut plus enviable ? En février 2025, en visite officielle à Namur, la capitale régionale, le ministre de la Défense, Theo Francken, avait même reconnu que l'industrie sudiste était devenue indispensable dans le contexte géopolitique. "L'Armée belge a, par exemple, besoin de la FN Herstal pour remplir ses stocks de munition qui sont au plus bas. On a besoin de la Wallonie, de nouveaux contrats vont arriver rapidement."