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"Les mutualités ont un rôle à jouer auprès des patients qui demandent des soins injustifiés sur le plan scientifique"

Pedro Facon, administrateur général de l'Inami, compte sur les acteurs de la santé pour faire atterrir le plan Soins appropriés. L'objectif : mieux dépenser l'argent disponible pour la santé, en luttant notamment contre les gaspillages et la surconsommation de soins.

Pedro Facon, administrateur général de l'Inami (Institut national d'assurance maladie-invalidité)
Pedro Facon, administrateur général de l'Inami (Institut national d'assurance maladie-invalidité). ©cameriere ennio

Vous plaidez pour des réformes systémiques dans l'organisation des soins afin d'utiliser les budgets disponibles de manière plus efficiente. Est-ce l'objectif du plan Appropriate care (Soins appropriés), lancé en juin par l'Inami ?

Tout à fait. Ce plan Soins appropriés part du constat qu'il y a des gaspillages dans le système. Ce n'est pas toujours de la fraude. Parfois, c'est : ne pas donner le bon soin au bon patient, au bon moment, par le bon professionnel… On dépense de l'argent inutilement ou on dépense trop d'argent pour le résultat obtenu. Il y a de la surconsommation dans certains secteurs : toujours trop d'imageries médicales, par exemple, pour de simples lombalgies ; ou bien des antibiotiques prescrits pour des infections virales. On constate aussi des variations énormes entre institutions de soins et professionnels de santé. Le nombre de chirurgies de la hanche et du genou était historiquement très élevé. Ensemble avec le terrain, on a freiné cette évolution, mais on constate toujours des variations importantes entre hôpitaux. Cela pose question. Certaines raisons objectives peuvent expliquer ces variations, mais pas toujours. En considérant que seul 1 % du budget des soins de santé constitue du gaspillage, cela représente déjà plus 400 millions d'euros…

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