"Aucun Afghan n'était connu pour des infractions liées au terrorisme"
L'ambassade belge à Islamabad a reçu 193 demandes de visa depuis la mi-août.
- Publié le 22-09-2021 à 22h11
- Mis à jour le 23-09-2021 à 10h38

Les demandes continuent d'arriver, mais les premiers chiffres sont connus. Interrogé par les députés en commission de l'Intérieur de la Chambre, le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V) a donné quelques réponses sur le nombre de demandes introduites auprès de l'ambassade belge à Islamabad depuis la prise de pouvoir des talibans. Située au Pakistan, c'est actuellement le poste diplomatique le plus proche où les candidats peuvent introduire une demande. Le cabinet du secrétaire d'État indique avoir reçu 193 demandes de visa depuis la mi-août.
La majorité des demandes, 83, concernent un visa pour un long séjour (plus de 90 jours) alors que 41 demandes concernent des visas de moins de trois mois et 69 demandes avaient pour motif un regroupement familial élargi. Il n'est pas possible de savoir actuellement combien de demandes ont reçu une issue positive.
Face à l'urgence qui avait prévalu durant les phases d'évacuation, le contrôle de sécurité sur le tarmac de Kaboul était impossible. Cependant, toutes les personnes rapatriées dans le cadre de l'opération "Red Kite" ont fait l'objet d'un screening par plusieurs services : la Sûreté de l'État, les renseignements militaires, l'Ocam et la police fédérale. "Aucun Afghan n'était connu pour des infractions liées au terrorisme ou à la menace de l'ordre public", a indiqué Sammy Mahdi.
Pas encore de position belge
L'évolution de la situation sur le terrain et les conséquences que cela pourrait amener sur le déplacement des personnes sont suivies de près par les États membres de l'Union européenne. Comment organiser l'accueil ? Par quelles voies légales aider les personnes qui fuient le pays ? La Commission européenne doit se réunir prochainement à ce sujet.
Dans ce contexte, la position de la Belgique n'est pas encore arrêtée, bien que quelques pistes semblent poindre. "La réinstallation ( NdlR : programme qui sélectionne les demandeurs dans le pays où ils ont introduit une demande vers un État qui accepte de les accueillir ) n'est pas un bon moyen d'aider les Afghans encore sur place, ou ceux qui viennent de fuir leur pays en raison de persécutions. Il existe d'autres formes d'accès légal pour les réfugiés. J'assumerai ma responsabilité en accordant un visa humanitaire lorsqu'il existe une crainte réelle de persécution et un lien avec la Belgique", a conclu le secrétaire d'État.