La drogue "Monkey Dust" monte en popularité en Belgique: "Une des moins chères, des effets très satisfaisants. Mais elle est dangereuse"
Une femme, souffrant de spasmes sévères, s'est retrouvée en soins intensifs sous l'influence d'une drogue à la popularité récente en Belgique, la drogue. En cause, la Monkey Dust (Pousière de Singe), une variante d'amphétamine très bon marché. Ses dangers pour la santé sont évidents : "Oui, vous pouvez faire une overdose et mourir."
- Publié le 13-06-2024 à 15h23

La drogue de synthèse Monkey Dust gagne en popularité dans notre pays. Le parquet de Flandre orientale a d'ailleurs en garde contre la drogue après qu'une femme de 28 ans, souffrant de spasmes sévères, s'est retrouvée en soins intensifs sous l'influence de la drogue, fin avril. Aussi, un enfant de deux ans a été testé positif aux drogues dures après l'intervention de la police." Oui, vous pouvez faire une overdose et mourir", nous explique le toxicologue Jan Tytgat (KU Leuven). "C'est effectivement dangereux, tout comme l'ecstasy et le speed. Problèmes cardiovasculaires, arythmies, arrêts cardiaques, spasmes… "
La Monkey Dust (Traduction "Poussière de Singe", connue aussi sous le nom "Sel de Bain", est une drogue stimulante synthétique qui appartient aux cathinones. "Il s'agit d'une variante d'amphétamine dérivée d'une substance présente dans la plante Khat d'Afrique de l'Est, dont les nomades locaux mâchent les feuilles pour leur effet psychoactif", décrit le toxicologue.
La substance chimique appartient à la même famille que la Flakka, dite "drogue zombie ", de plus en plus présente en Belgique aussi. "Il s'agit d'une drogue de synthèse, donc d'une drogue synthétique entièrement fabriquée par l'homme, également connue sous le nom de MDPHP." Ses deux premières lettes "MD" sont du reste les mêmes que celles de l'ecstasy (MDMA). "Cette drogue se présente sous la forme de poudre blanche, blanc cassé. Elle peut se consommer en poudre, en pilules, via injection ou sniff", poursuit Jan Tytgat. Elle est vendue dans un sachet en plastique à fermeture éclair, mais est également disponible en pacson ou en poudre dans une feuille de cigarette.
"Elle est très satisfaisante, euphorisante, elle procure un sentiment d'invincibilité."
La Monkey Dust provoque des effets similaires à ceux de l'ecstasy. Elle provoque de légères hallucinations et a un effet stimulant. Après ingestion, un utilisateur peut devenir agressif et ressentir des spasmes.
Elle monte en popularité pour trois raisons : "Son accessibilité facile via le marché noir, son faible coût, elle est encore moins chère que la Flakka, et pour les effets de l'intoxication désirée. Elle est très satisfaisante, euphorisante, elle procure un sentiment d'invincibilité, alors qu'avec la Flaka, il y a parfois des effets inattendus", émumère le toxicologue. "Ces caractéristiques poussent à la consommation fréquente et donc à l'accoutumance. A fortiori, lorsqu'elle est injectée. "
Selon Jan Tytgat, le grand danger réside lorsque vous reniflez ou injectez la Monkey Dust. "Par exemple, si on brûle ces cristaux dans une cuillère, cela devient particulièrement dangereux en termes de dépendance physique. Et cela a tout à voir avec la concentration dans le sang, qui est du coup bien plus élevée que celle obtenue par voie orale. "De nos jours, malheureusement, les drogues de synthèse sont très faciles à obtenir via Internet. Ils sont souvent produits en Chine et en Inde et sont livrés à votre domicile en quelques clics seulement par un service de colis "précise le toxicologue. De plus, les drogues de synthèse coûtent parfois moins cher que l'ecstasy ou le speed."
En 2017, la Belgique a rendu illégale d'un seul coup tout un groupe d'amphétamines, dont celle-ci, grâce à un arrêté royal. Mais ce n'est pas le cas partout, dans certains pays le produit est encore légal.