La moitié des enfants qui vivent en permanence avec leur maman seule n'ont jamais l'occasion de partir en vacances
Le 17 octobre, c'est la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté. Les mères qui assument à 100 % l'éducation et les frais liés aux enfants sont dans une vraie galère financière, montre une étude de l'Iweps, l'institut wallon de statistiques.

- Publié le 15-10-2024 à 19h35

Les trois quarts des enfants vivent avec leurs deux parents (environ 1 800 000 en Belgique, dont 500 000 en Wallonie). Et les autres ? À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté (le 17 octobre), l'Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) s'est penché sur les familles monoparentales en décortiquant les données de l'enquête Silc sur les revenus et les conditions de vie (réalisée par Statbel en face-à-face auprès de 6 000 ménages).
Premier constat : les mères restent très largement majoritaires dans les familles avec un seul parent. Deux enfants sur cinq (100 000 en Wallonie) vivent tout le temps chez leur maman et un enfant sur six (40 000 en Wallonie) reste la plupart du temps avec elle (en passant une partie des vacances et des week-ends chez leur papa). Seul un enfant de parents séparés sur vingt (15 000 en Wallonie) vit principalement chez son père.
Des recompositions peu fréquentes
Autre enseignement : les familles recomposées sont relativement peu fréquentes. En effet, seul un enfant de parents séparés sur cinq vit avec un beau-parent. Ici encore, la réalité est très différente selon le genre, les pères séparés se remettant plus souvent en couple que les mamans.
Ces différentes configurations familiales sont associées à des niveaux de vie très différents. Les enfants en garde partagée égalitaire (une minorité) ont, en moyenne, un niveau de vie proche des enfants de parents non séparés. En revanche, les mômes qui vivent tout le temps avec leur mère font face à beaucoup plus de difficultés : 50 % d'entre eux n'ont pas l'occasion de partir en vacances, faute de moyens, contre moins de 15 % de ceux dont les parents ne sont pas séparés ou se partagent la garde de façon égale.
Moins diplômées
Les résultats de l'enquête montrent que les femmes qui se retrouvent constamment seules avec leurs enfants sont en moyenne moins diplômées que les mamans qui partagent la garde avec leur ex-conjoint ou celles qui ne sont pas séparées. La moitié de ces dernières ont un diplôme de l'enseignement supérieur, alors que ce n'est le cas que pour un quart des mères solos.
Si on considère le statut d'emploi, les mères ayant la garde partagée égalitaire travaillent pour plus de 80 % d'entre elles, en majorité à temps plein. On tombe à 70 % pour celles qui ont la garde majoritaire, et c'est du temps partiel pour 40 % d'entre elles.
Les mamans entièrement solos dépendent plus fréquemment des allocations sociales que les autres, même si la majorité d'entre elles bossent tout en s'occupant de leurs enfants.
Très peu de soutien financier de leur ex
Seule une minorité des mamans seules reçoivent un soutien financier de leur ex-conjoint. Les pères honorent bien moins souvent la pension alimentaire (due aux enfants) dans ce type de ménage que dans les familles où les gamins se rendent régulièrement les week-ends et/ou les vacances chez leur papa. Si la perception d'une pension alimentaire concerne 60 % des mères qui partagent la garde des enfants avec leur ex, elle touche deux fois moins (30 %) les mamans qui assument la totalité de la garde.
Ce qui veut dire que seule une minorité des mamans solos – celles qui en ont le plus besoin… – perçoivent une pension alimentaire. Cette faiblesse de l'aide financière reçue par les mères les plus démunies devrait amener à repenser et renforcer le soutien aux femmes qui se retrouvent à assumer toutes seules l'éducation et les frais liés aux enfants, souligne l'Iweps.