Les faits d'agression en hausse contre les employés des CPAS : "La politique du gouvernement Arizona ne risque pas d'apaiser la situation"
Les CPAS s'attendent à un tsunami de nouveaux bénéficiaires avec la politique de l'Arizona.

- Publié le 31-03-2025 à 06h38

Lenteur et complexité administrative, critères d'attribution des aides jugés trop strictes, retard dans le versement des aides, etc. Les facteurs de frustration des allocataires sociaux sont multiples et variés, débouchant dans certains cas sur des faits de violence physique ou verbale.
La décision du gouvernement Arizona de limiter à deux ans les allocations de chômage pourrait aggraver la situation. Cette mesure toucherait près de 100 000 personnes qui risquent de se tourner vers les CPAS comme dernier recours. "Il est certain que le nombre de demandes va augmenter", redoute Guy Wilmart, président du CPAS d'Anderlecht. "Dans la commune, nous avons plus de 3 000 chômeurs. Si ne fût-ce que la moitié vient devant la porte, je ne vois pas comment on va faire d'autant que nous travaillons déjà à flux tendu."
Dans ce contexte, les frustrations risquent de s'exacerber, craint Guy Wilmart. "Nous sommes régulièrement confrontés à des faits d'agressivité, qui se manifestent par des insultes et des menaces à l'encontre du personnel du CPAS. Des gens qui hurlent, s'énervent car leur dossier n'avance pas assez vite, par exemple".
Face à l'augmentation des faits d'agressivité, certains CPAS ont pris des mesures de sécurité. À Anderlecht, deux agents de sécurité ont été engagés pour protéger le personnel. En cas d'incident, un courrier est envoyé à l'agresseur, l'avertissant que des sanctions pourraient être prises en cas de récidive.
Les personnes qui se rendent coupables d'agression, en fonction du degré de violence, encourent une suspension temporaire du versement des allocations sociales. "Si on estime que les faits sont graves, alors une plainte est déposée à la police", ajoute Guy Wilmart. Aucune donnée chiffrée n'est toutefois communiquée en Wallonie et à Bruxelles concernant le nombre de cas d'agressions ni concernant le nombre de suspension de versement d'aides.
Vers une suppression définitive en Flandre
Nicolas Bonomi, porte-parole de l'Union des Villes et des Communes de Wallonie, souligne que "tant qu'il y aura autant de refus aux demandes d'aide alors que les gens sont en situation de désespoir, il est difficile de penser que la situation va s'améliorer. Il est indispensable de donner aux CPAS les moyens de recevoir les citoyens dans de bonnes conditions."
De son côté, la Flandre a vu le nombre d'agressions doubler en deux ans : 435 cas en 2023 (derniers chiffres connus, NdlR) contre 219 en 2021. La ministre de tutelle Zuhal Demir (N-VA) envisage de durcir les sanctions contre les agresseurs. Elle souhaite non seulement suspendre temporairement leurs allocations, mais aussi discuter avec le gouvernement fédéral pour qu'ils les perdent définitivement.