Il y a cent ans, Malines était la capitale avant-gardiste de l'œcuménisme
L'anniversaire des "Conversations de Malines" seront célébrées ce week-end par les anglicans et les catholiques.

- Publié le 18-09-2025 à 12h20
- Mis à jour le 18-09-2025 à 14h00

À Malines, dans un salon de l'archevêché, la table de bois existe toujours. C'est autour d'elle, il y a un siècle, que s'attablaient une bande d'amis à l'invitation du cardinal Mercier, archevêque belge de l'époque. Aux côtés de celui-ci, notamment, le vicomte Halifax, vieil homme entreprenant et énergique, de confession anglicane venu d'Angleterre, et le religieux catholique français Fernand Portal. À plusieurs reprises entre 1921 et 1925, lors de ce qu'il fut appelé "les Conversations de Malines", ils discutèrent avec des collaborateurs des rapprochements possibles entre catholiques et anglicans.
Ces discussions ne furent pas anodines. À la suite de la Première guerre mondiale, les religions voulaient œuvrer à leur manière à la paix et à l'unité. Surtout, si un dialogue entre les deux confessions avaient déjà été tenté à la fin du XIXe, de tels rapprochements, accusés parfois de relativisme, suscitaient encore de grandes réticences. Le Vatican, à l'époque donna cependant son feu vert aux "Conversations de Malines", pour autant qu'elles ne deviennent pas "officielles". Néanmoins, une partie des catholiques, ainsi que des fidèles anglicans, n'étaient pas partisans de tels rapprochements et, en 1926, le pape Pie XI doucha de tels enthousiasmes œcuméniques par son encyclique Mortalium animos. Les catholiques étaient encore loin du Concile Vatican II (1962-1965) qui les engagea au contraire en de tels dialogues.
Si les "Conversations de Malines" se clôturèrent il y a cent ans au décès du cardinal Mercier, elles furent un jalon dans l'histoire moderne de l'église et de son aventure œcuménique. Plusieurs des thèmes abordés inspirèrent le Concile Vatican II. Depuis 2013 d'ailleurs, soutenu par le Vatican, un groupe d'anglicans et de catholiques se réunit de nouveau sous le vocable de "Conversations de Malines", pour mieux leur rendre hommage.
Un congrès et un concert
"L'expérience m'a démontré qu'il ne faut pas juger les hommes d'après les idées que nous suggèrent les livres", écrivait le cardinal Mercier dans un aide-mémoire pour préparer ces conversations. "J'ai une foi illimitée dans la bonne foi de ceux qui ne sont pas des nôtres dans notre Église catholique". L'histoire lui donnera raison, même si les réseaux sociaux minent – aujourd'hui – une telle confiance.
Le centenaire de ces conversations sera fêté par l'Église catholique et Anglicane dans notre pays de ce 18 au 21 septembre par un congrès académique en collaboration avec la KU Leuven, l'UCLouvain et le Comité Central du Culte Anglican de Belgique (info : https://oikoumene.be/), un concert donné en la cathédrale Saint-Rombaut le vendredi 19 septembre par le célèbre Chœur Christ's College Cambridge (réservation : https://bit.ly/46dqoPu). Une plaque commémorative sera également inaugurée dans la cathédrale de Malines.