"On sourit pour la photo": un film prévisible, ennuyeux, routinier, sans fantaisie, ni éclat
Jacques Gamblin et Pascale Arbillot s'égarent dans cette comédie de vacances d'un autre âge.

- Publié le 11-05-2022 à 08h47
- Mis à jour le 11-05-2022 à 08h48
Comptable récemment pensionné, Thierry (Jacques Gamblin), qui s'ennuie de ses tableurs Excell, s'est mis en tête de scanner et classer toutes les photos de famille. Manie qui tape sur les nerfs de la famille. Le vase de la patience de sa femme Claire (Pascale Arbillot) déborde : elle décide de divorcer après trente ans de mariage. Dans le déni et afin de sauver les meubles, Thierry décide de refaire le parcours de vacances en Grèce en famille, au grand dam de ses (grands) enfants Karine (Agnès Hurstel) et Antoine (Pablo Pauly) : même hôtel, mêmes restaurants, même cassette, même minibus, même guide. Tout a vieilli et pris la poussière, y compris le scénario de ce film d'un autre âge.
C'était sans doute inévitable pour François Uzan, coscénariste de Stars 80 (et scénariste de la série Netflix Lupin), qui signe ici son premier long métrage.
On sourit pour la photo réussit la performance d'accumuler tous les défauts que les personnages se reprochent les uns aux autres : prévisible, ennuyeux, routinier, sans fantaisie, ni éclat.
Signe des temps, François Uzan évite presque toutes les aspérités, révélant les limites d'un genre éculé quand on ne peut plus se moquer des autochtones visités, que l'Europe est devenue multilingue. La seule incommunicabilité se niche dans les relations personnelles. Mais, même là, le réalisateur et scénariste cadre mal son sujet, épargnant la sacro-sainte famille - pourtant loin d'être un modèle d'équilibre et de sérénité.
Le sourire promis de la photo se fait attendre. Et quand il survient contre toute attente, au terme de l'inévitable moment de pétage de plombs collectif, c'est pour retomber aussitôt dans le happy end consensuel sur fond mélo.
On sourit pour la photo Comédie De François Uzan Scénario François Uzan Avec Jacques Gamblin, Pascale Arbillot, Pablo Pauly, Agnès Hurstel… Durée 1h35.
