Danny Boyle, invité d'honneur du Bifff 2025
Mercredi midi à l'hôtel de ville de Bruxelles, le Festival du film fantastique présentait la programmation de sa 43e édition, qui se tiendra du 8 au 20 avril au Palais 10 au Heysel. Avec un point d'interrogation sur la prochaine édition…

- Publié le 20-03-2025 à 11h54

Mercredi midi, l'équipe du Festival du film fantastique de Bruxelles (Bifff) donnait une fois de plus rendez-vous à la presse au sein du splendide Hôtel de Ville de Bruxelles pour dévoiler sa 43e édition.
Pour la quatrième année, celle-ci se déroulera au Palais 10 du Heysel, du 8 au 20 avril prochains. "Il y aura toujours des gens pour dire que c'était mieux au Passage 44", rigolait Philippe Close, arrivé très en retard à la conférence de presse au son d'un "Joyeux anniversaire" entonné par l'assistance, au lendemain des 54 ans du bourgmestre de Bruxelles.
Incertitude quant à l'avenir
L'édile du PS a souligné l'importance du cinéma dans un monde troublé, et notamment du cinéma de genre. Avec un tacle, au passage, pour le président du MR Georges-Louis Bouchez. "Moi en tout cas, je ne pourrais pas faire Rosetta. Dire ça une semaine avant la disparition d'Émilie Dequenne, c'est hallucinant…"
Si Philippe Close est comme chez lui au Bifff, c'est que la Ville de Bruxelles est le plus important partenaire du Bifff, devant la Région. Directeur de la communication du Bifff, Jonathan Lenaerts lâchait que, "dans une période où le monde culturel belge vit dans l'incertitude sur son financement, il s'agit de la dernière édition du Bifff sous sa forme actuelle".
Directeur de la programmation du festival, Chris Orgelt nous précisait en effet que le Bifff, plus grand festival de cinéma bruxellois et l'un des plus importants en Belgique, était dans le flou complet concernant son édition 2026. En l'attente, notamment de la formation du gouvernement de la Région bruxelloise. Et ce alors que la décision concernant les subsides de l'événement doit tomber en avril prochain…
Une chose est sûre, le loyer du Palais 10 est trop cher pour le Bifff. Et même si le contrat a été signé pour 5 ans, il n'est pas certain que le 44e Bifff puisse se tenir au Heysel l'année prochaine. À moins que le Palais 10, qui appartient à la Ville, ne devienne coproducteur de l'événement. Comme c'était le cas lorsque celui-ci se déroulait à Bozar, qui ne faisait pas payer de loyer au Bifff…

Mieux encadrer le public
L'année dernière, le 42e Bifff avait été marqué par une polémique entourant la projection de Love Lies Bleeding de Rose Glass, polar lesbien porté par Kristen Stewart. Ou la rencontre, sous haute tension, entre deux publics très différents. Celui de la communauté lesbienne, impatiente de découvrir le film en avant-première après sa première à Berlin, et celui du Bifff, bruyant, dissipé, transformant chaque projection en happening. Des insultes homophobes ont-elles réellement été portées ce soir-là ? Les versions varient. Reste que la projection a tourné au pugilat.
Pour éviter cela, le Bifff a mis en place plusieurs initiatives. "Dans un monde au bord du gouffre, où tout est permis, surtout les coups les plus bas, nous avons choisi de rester à contre-courant, en insistant sur le respect de notre prochain. Nous avons donc mis en place un code de conduite, un rappel au bon sens ou un répulsif anti-beaufs, c'est selon. Tout en cherchant à préserver l'esprit irrévérencieux de notre public. Car il y a une différence exutoire et défouloir", plaide Jonathan Lenaerts.
Concrètement, le Bifff mettra en place une "Care Team" de 5 à 10 personnes — les bénévoles sont en cours de formation — clairement identifiées dans les allées du Palais 10, auxquelles on pourra s'adresser en cas de malaise ou si l'on estime avoir été victime de harcèlement.
Par ailleurs, le Bifff lance, à l'essai, quatre séances silencieuses, réservées à des expériences plus immersives. Dont le très attendu La Tour de glace de Lucile Hadzihalilović, montré (le jeudi 17/4 à 21h) pour la première fois depuis sa projection en Compétition de la Berlinale en février dernier, où il a obtenu un ours d'argent de la meilleure contribution artistique. Vingt ans après son premier film Innocence (déjà présente au Bifff), la complice de Gaspar Noé retrouve Marion Cotillard pour un conte fantastique inspiré de La Reine des neiges d'Hans Christian Andersen.
Reste à voir si le Bifff ne sera pas trollé par son propre public et si ces "Silent Screenings" ne seront pas les plus bruyantes de la quinzaine…

Deux réalisateurs oscarisés
Après une édition 2024 guère folichonne en termes d'invités, le Bifff peut compter cette année sur deux grands noms, deux cinéastes britanniques oscarisés.
Quelques semaines avant la sortie, le 18 juin, de 28 Years Later, la suite très attendue du film de zombies 28 jours plus tard avec Cillian Murphy (présenté au Bifff en 2003), Danny Boyle sera l'invité d'honneur de cette 43e édition. Pour l'occasion, le réalisateur de Trainspotting donnera une master class, le 12/4 à 16h, et sera fait membre de l'Ordre du Corbeau. Tout comme le Français Christophe Gans (Le Pacte des loups, La Belle et la Bête) et l'Espagnol Paco Plaza (la saga REC), tous deux membres du jury de la Compétition internationale cette année, qui décernera le Corbeau d'Or.
Oscar du meilleur documentaire pour Amy en 2016, mais également auteur de biographies d'Ayrton Senna et de Diego Maradona, Asif Kapadia viendra, lui, présenter, le jeudi 10/4 à 15h, 2073, un docu-fiction dystopique inspiré de La Jetée de Chris Marker.
Le 15/4 à 18h, l'écrivain à succès français Olivier Norek (membre du jury de la compétition Black Raven, consacrée aux thrillers) donnera une master class. Tandis que, le 9/4 à 19h, Emma Benestan (Animale) participera à une rencontre consacrée à La femme dans l'art fantastique.

Trois films d'ouverture
À noter que les fans du Bifff sont gâtés cette année avec pas moins de trois films d'ouverture le 8 avril : Drop de l'Américain Christopher Landon dans la salle 1, suivi d'une séance bonus de Death of a Unicorn d'Alex Scherfman avec Paul Rudd et Jenna Ortega (juste avant sa sortie le 9/4). Et, en salle 2, The Rule of Jenny Pen, film néo-zélandais de James Ashcroft avec Geoffrey Rush. Tandis que le Bifff refermera ses portes, le 20/4 à 21h30, avec Opus de Mark Anthony Green, avec John Malkovich et Juliette Lewis.
Parmi les avant-premières alléchantes, notons The Assessment de Fleur Fortuné (avec Alicia Vikander et Elizabeth Olsen), Rabbit Trap de Bryn Chainey (avec Dev Patel), Locked de David Yarovesky (avec Anthony Hopkins), Planète B d'Aude Léa Rapin (avec Adèle Exarchopoulos et Souheila Yacoub), The Thing with Feathers de Dylan Southern (avec Benedict Cumberbatch)… Sans parler les innombrables productions asiatiques sélectionnées.
Présents au Bifff, l'Irlandais Lorcan Finnegan et le Français Giulio Callegari viendront respectivement présenter The Surfer avec Nicolas Cage et Un monde merveilleux avec Blanche Gardin.
Les principaux rendez-vous
Comme l'année dernière, le Bifff propose, le 10 avril, une journée où les séances sont gratuites pour les 16-25 ans "nés après Scary Movie". Pour le reste, les habitués retrouveront leurs classiques : concours de body painting, Nuit fantastique le 12/4 (précédée cette année d'un DJ-set de Martin Vachiéry) et, bien sûr le traditionnel Bal des vampires, gratuit et ouvert à tous le samedi 19 avril à partir de 22h. La soirée déguisée, qui fête cette année son 40e anniversaire, s'annonce déjantée !

- 43e Festival du film fantastique de Bruxelles, du 8 au 20 avril 2025 au Palais 10 du Heizel à Bruxelles. Tickets : 12-13 €. Rens. et réserv. : www.bifff.net.