Cannes 2025 : Quatre films belges sur la Croisette
Le 78e Festival de Cannes s'ouvre ce mardi soir avec "Partir un jour" d'Amélie Bonnin. Durant la quinzaine, le cinéma belge francophone sera largement à l'honneur.

- Publié le 12-05-2025 à 12h01
- Mis à jour le 13-05-2025 à 08h06

Après une année 2024 où le cinéma belge s'était fait discret sur la Croisette, avec un seul film sélectionné (Julie zwijgt du Flamand Leonardo van Dijl à la Semaine de la Critique), la 78e édition du Festival de Cannes dévoilera quatre films belges majoritaires, tous francophones.
Même si on reste loin de l'année magique 2022, qui avait vu trois films belges sélectionnés en Compétition, avec trois prix à la clé : Grand Prix pour Close de Lukas Dhont, prix du jury pour Les Huit montagnes de Felix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch et prix du 75e anniversaire pour Tori et Lokita de Jean-Pierre et Luc Dardenne. Sans compter trois prix à la Semaine de la Critique pour Dalva d'Emmanuelle Nicot et la présentation, en séance de minuit, de Rebel d'Adil et Bilall.
Hommage à Émilie Dequenne
Le premier film belge en lice cette année est tout sauf une surprise. Jeunes mères, qui sortira dans les salles belges dès le 4 juin, marque en effet la 10e entrée en Compétition des frères Dardenne. Se présentant comme leur "éditeur", Thierry Frémaux n'a pas choisi au hasard l'horaire de la projection officielle dans le Grand Auditorium Lumière de ce nouveau film liégeois tourné dans une maison maternelle sur les hauteurs de Liège et mettant en scène cinq mères adolescentes.
Le film sera en effet montré le vendredi 23 mai à 16h, en hommage à Émilie Dequenne. Il s'agit en effet du même créneau que celui de Rosetta en 1999 qui, le lendemain soir, permettait aux Liégeois d'empocher leur première Palme d'or (avant celle pour L'Enfant six ans plus tard) et à leur actrice de décrocher un prix d'interprétation qui a profondément marqué les esprits. À la mort d'Émilie Dequenne, le 16 mars dernier à l'âge de 43 ans, les plus grands titres internationaux avaient salué sa mémoire, du New York Times à la BBC, en passant par le Guardian. Preuve de l'impact durable d'un prix à Cannes…
La Compétition accueillera également une coproduction minoritaire : Alpha de Julia Ducournau, via les Liégeois de Frakas. Lesquels avaient déjà coproduit son premier film Grave, mais aussi Titane, la Palme d'or 2021.

Laura Wandel en ouverture de la Semaine de la Critique
Ce mercredi, la Semaine de la Critique s'ouvrira avec L'Intérêt d'Adam de Laura Wandel. Quatre ans après avoir décroché le prix Fipresci de la critique internationale à Un Certain Regard avec son premier film Un monde (qui remportera ensuite sept Magritte), la jeune cinéaste belge s'intéresse toujours à l'enfance. Et ce à travers la relation qui se noue entre une infirmière (Léa Drucker) et une jeune mère (Anamaria Vartolomei), dont le petit garçon de 4 ans a été hospitalisé pour malnutrition.
Autre film belge montré à la Semaine de la Critique (en compétition cette fois), Kika est le premier long métrage de fiction de la Française Alexe Poukine, installée à Bruxelles. Après des documentaires très forts comme Sans Frapper (sur le viol) et Sauve qui peut (sur la crise de l'hôpital), la cinéaste met ici en scène une jeune femme enceinte, dont la vie bascule à la mort de son compagnon…
À noter que la Semaine de la Critique montrera également trois coproductions belges minoritaires : Imago, premier long métrage documentaire du Tchétchène formé à l'Insas Déni Oumar Pitsaev, Rietland du Néerlandais Sven Bresser et, en clôture, Planètes, dessin animé de la Japonaise basée en France Momoko Seto.

Un premier film à la Quinzaine
Le quatrième film majoritaire est La Danse des renards de Valery Carnoy qui, comme Kika, concourt à la Caméra d'or. Formé à l'Insas à Bruxelles, le jeune réalisateur belge inscrit son premier long métrage dans l'univers de la boxe avec le talentueux Samuel Kircher en tête d'affiche.
Du côté des productions minoritaires présentes en Sélection officielle, citons encore, La Femme la plus riche du monde de Thierry Klifa, avec Isabelle Huppert (Hors Compétition), Le Mystérieux Regard du flamant rose du Chilien Diego Céspedes (Un Certain Regard), ainsi que, Hors Compétition, Marcel et Monsieur Pagnol, le nouveau film d'animation du Français Sylvain Chomet (Les Triplettes de Belleville). Animation toujours avec Amélie et la métaphysique des tubes, film 100 % français celui-ci, réalisé par Mailys Vallade et Liane-Cho Han, qui signent une adaptation du célèbre roman de la Belge Amélie Nothomb.
Enfin, trois actrices belges défileront également sur le tapis rouge cannois pour défendre des films français. Salomé Dewaels présentera de Nino de Pauline Loquès à la Semaine de la Critique. Trois ans après Les Enfants des autres, Virginie Efira retrouvera, elle, Rebecca Zlotowski pour Vie privée (Hors Compétition). Tandis que Cécile de France sera à l'affiche de deux films : La Venue de l'avenir de Cédric Klapisch (Hors Compétition) et Dalloway de Yann Gozlan (en Séance de minuit).
