Michael Mann, le 17e prix Lumière
Samedi soir, le Festival Lumière de Lyon a décerné son prestigieux prix honorifique au réalisateur américain de "Heat", "Collateral" ou "Le Dernier des Mohicans".

- Publié le 19-10-2025 à 12h29
- Mis à jour le 19-10-2025 à 12h57

"C'était une nuit d'hiver dans le Wisconsin. Il faisait très froid, le ciel était glacé, dégagé, rempli d'étoiles. Quand soudainement, il s'est ouvert, une main en est sortie, elle a pointé un doigt vers moi et j'ai entendu une voix : 'Toi, tu feras des films, tu seras réalisateur.''
Cette nuit, Michael Mann s'en souvient comme si c'était hier. C'était pourtant en 1963. Il sortait de la projection d'un film muet, La Rue sans joie de Pabst. Déjà cinéphile ? Pas du tout ! Étudiant en lettres, il avait pris ce cours d'histoire du cinéma pour échapper à un professeur tyrannique. Et d'un coup, tout faisait sens. Son amour de la musique – le fameux blues de Chicago, sa découverte des arts visuels, son envie de raconter des histoires qui l'avait conduit à la faculté de lettres ; toutes ces passions allaient pouvoir fusionner dans la mise en scène de cinéma. "Quand la légende devient un fait, imprimez la légende", aurait dit John Ford en entendant Michael Mann. Mais celui-ci apparaît pourtant totalement sincère quand il raconte la naissance divine de sa vocation aux 3 000 personnes présentes samedi soir à la remise de son prix Lumière à Lyon. Où le cinéaste a annoncé préparer une suite à son film culte Heat (1995) avec De Niro et Pacino.
Le Nobel du cinéma
Cette cérémonie est le climax du Festival Lumière qui anime pendant dix jours la ville qui a vu naître le 7e art. Le réalisateur de Heat est la 17e personnalité à recevoir ce trophée prestigieux qui ambitionne de devenir le Nobel du cinéma. Il succède, entre autres, à Clint Eastwood, Ken Loach, Pedro Almodovar, Wong Kar-wai, aux frères Dardenne et à Isabelle Huppert, lauréate l'an dernier.
Autour de ce prix, s'organise une manifestation très populaire (plus de 150 000 spectateurs) consacrée au cinéma classique et riche de centaines de projections autour d'hommages, de rétrospectives, de focus, d'invités (Sean Penn, Natalie Portman, John Woo, Dominique Blanc…), de découvertes. Ainsi, une section s'attache à sortir de l'oubli les œuvres de réalisatrices. Cette année, il s'agissait de la Norvégienne Anja Breien, dont on s'aperçoit en découvrant son formidable L'Héritage que son compatriote Joachim Trier (Valeur sentimentale) fait partie de ses héritiers.
