Berlinale : "Reflet dans un diamant mort", le nouveau long métrage d'Hélène Cattet et Bruno Forzani brille de mille feux
Les diamants porteront-ils chance au duo belge en compétition à Berlin ? Le nouveau long métrage d'Hélène Cattet et Bruno Forzani livre un vibrant hommage au film d'espionnage.

- Publié le 17-02-2025 à 13h25
![CORRECTION / (L-R) actress Thi Mai Nguyen, Belgian actor Koen De Bouw, French director Helene Cattet, French director Bruno Forzani, Italian actor Fabio Testi and Belgian actor Yannick Renier poses during a photo call for the film 'Reflet dans un diamant mort' (Reflection in a Dead Diamond) presented in competition at the 75th Berlinale, Europe's first major film festival of the year, in Berlin on February 16, 2025. (Photo by Stefanie Loos / AFP) / �The erroneous mention[s] appearing in the metadata of this photo by Stefanie Loos has been modified in AFP systems in the following manner: [Belgian actor Koen De Bouw] instead of [producer Pierre Foulon]. Please immediately remove the erroneous mention[s] from all your online services and delete it (them) from your servers. If you have been authorized by AFP to distribute it (them) to third parties, please ensure that the same actions are carried out by them. Failure to promptly comply with these instructions will entail liability on your part for any continued or post notification usage. Therefore we thank you very much for all your attention and prompt action. We are sorry for the inconvenience this notification may cause and remain at your disposal for any further information you may require.�](https://www.lalibre.be/resizer/v2/UAFD7ZYT7NBBLGAE742N65MNIE.jpg?auth=8457b05fda9730c02478290d8241f6a47bdb34dabf9641a2c523ff9bf5d5e3fb&width=1200&height=800&quality=85&focal=3693%2C2336)
Gros plan sur les yeux d'un homme âgé (Fabio Testi). À le voir attablé seul, en costume et chapeau blanc, on perçoit comme un parfum de fin de règne pour le Signor Diman, comme dans le fameux Mort à Venise de Luchino Visconti. Sauf que l'objet de toutes ses attentions est une jeune femme qui est aussi sa voisine de chambre (317) dans cet hôtel de luxe installé dans un cadre idyllique. Ce paysage induit très vite une tout autre tonalité : celle qui baigne de nombreux classiques, principalement des thrillers, ancrés sur la Riviera française.
De retour sur le lieu où il a vécu l'une de ses missions les plus douloureuses, Diman se revoit jeune agent (Yannick Renier d'un réalisme bluffant) chargé de la protection de l'homme d'affaires Strand (Koen De Bouw) qui pèse plusieurs millions de barils et avoue un goût affirmé pour des œuvres d'art très singulières. Au crépuscule de sa vie, le septuagénaire est poursuivi par l'image de la femme qu'il a aimée (campée par la charismatique comédienne Céline Camara). Lorsque la jeune voisine de Diman disparaît, ses anciens démons reviennent le visiter…
James Bond forever
Avec son esthétique très années 70, le film embrasse l'imaginaire prolifique des films d'agents secrets, James Bond en tête. L'ombre de Sean Connery, jeune mais aussi plus âgé, plane d'ailleurs en permanence sur Reflet dans un diamant mort, le nouveau film d'Hélène Cattet et Bruno Forzani (Amer). Un récit qui déploie une violence extrêmement stylisée, mêlée à quelques clins d'œil délibérés à l'univers de Quentin Tarantino.

Ce long métrage d'une créativité folle et à la forme expérimentale en appelle aussi à l'héritage du regretté David Lynch. La référence n'est pas seulement convoquée par la couleur rouge omniprésente, mais aussi par une mise en scène au symbolisme (couleurs et formes) exacerbé, parfaitement raccord avec cette enquête se déroulant, notamment, dans le monde de l'art.
Clins d'œil à Picasso, à Dali et à l'Op Art
Avec ses scènes de crime ressemblant à des tableaux célèbres (Picasso, Dali), et ses trouvailles visuelles kaléidoscopiques, le film nous en met forcément plein les yeux. Il adopte lui-même une forme énigmatique pour mieux épouser une réalité fragmentée, celle à laquelle se confronte un homme en perte de repères, errant entre passé et présent, réalité et fantasmes.
Avec son imagination débridée, le duo de cinéastes, passionnés par le cinéma de genre, soigne son hommage pour mieux le redéfinir et donne naissance à un film épique semblant se décliner sans fin, ou presque.
Reflet dans un diamant mort est l'un des quatre films belges francophones présentés en compétition à Berlin lors de cette 75e édition. On pourra également y voir On vous croit, le premier long métrage d'Arnaud Dufeys et Charlotte Devillers, porté notamment par Myriem Akheddiou ainsi que deux courts métrages présentés dans la section Generation : Autokar de Sylwia Szkiladz et Sous ma fenêtre, la boue de Violette Delvoye. Une année décidément faste pour la cinématographie du plat pays qui n'avait plus connu pareille félicité depuis 18 années…