"A long night in Paris", une série franco-israélienne prometteuse
- Publié le 08-07-2019 à 07h51

Le roman à succès de Dov Alfon, journaliste et ancien officier du renseignement militaire, est adapté en série."Quand j'ai quitté l'armée israélienne, je suis passé au détecteur de mensonges : Prenez-vous de la drogue ? Avez-vous des amis iraniens ? Avez-vous l'intention d'écrire un livre sur votre expérience dans l'unité 8200 ? En sortant du bunker, je me suis dit que ce ne serait pas une mauvaise idée. Ils m'ont un peu poussé", raconte avec désinvolture Dov Alfon, lors de sa Master-Class donnée au festival Série Séries qui s'est déroulé à Fontainebleau, du 1er au 3 juillet dernier. En 2016, l'ancien officier des services de renseignement israéliens publie son premier roman A long night in Paris, traduit en français par Unité 8200 aux éditions Liana Levi.
Ancien grand reporter puis rédacteur en chef du quotidien israélien Haaretz, il est aujourd'hui son correspondant à Paris. Les droits de traduction de son livre ont été vendus dans douze pays. Les droits télévisuels ont été achetés par Keshet - producteur d'Hatufim, la série israélienne qui a inspiré Homeland -, pour être adaptés en série à l'instigation de la scénariste Leora Kamenetzky : "J'ai lu les dix premières pages. À la onzième page, j'ai frappé à la porte du bureau de la cheffe de la fiction de Keshet en lui disant : 'il faut que tu achètes les droits de ce livre'. Je faisais partie de l'équipe de Fauda et de False Flag. Je connais les séries de fiction d'espionnage de qualité. Celle-ci était différente à cause du ton ironique, subtil. C'est très marrant."
Vingt-quatre heures haletantes
Le roman raconte l'histoire d'un jeune responsable marketing israélien fraîchement débarqué à Roissy. En découvrant les chauffeurs et hôtesses d'accueil qui attendent les passagers à l'aéroport, un panneau à la main, il décide de faire une blague et se dirige vers une magnifique blonde en robe rouge en se faisant passer pour un autre. Une mauvaise plaisanterie qui lui coûtera la vie. S'enchaînent alors entre Paris, Tel-Aviv, Washington et Macao, vingt-quatre heures haletantes menées tambour battant par un commissaire français, un officier israélien de l'unité 8 200 et son adjointe aux services secrets. Sur fond de corruption et de complot international, un récit sur la duplicité qui interroge chacun sur ses propres choix éthiques.
La productrice française Sandra Ouaiss, de la société Elephant, connaît bien Keshet pour avoir travaillé avec cette chaîne israélienne par le passé. À Séries Mania, elle l'entend pitcher : "Je suis rentrée sur ce projet pour son histoire extraordinaire et parce que c'est une série organiquement franco-israélienne. Paris ne sert pas de décor. Maintenant, nous cherchons un diffuseur français."
Diffusée sur Canal Plus ?
Installé en France, David Dusa a été choisi pour adapter la série en binôme avec Leora Kamenetzky. Né en Hongrie, ce scénariste de courts et longs métrages a vécu en Suède, en Afrique du Sud, en Chine, en Angleterre. Réalisateur des Fleurs du Mal (Festival de Cannes 2010), il a aussi travaillé comme assistant et dramaturge auprès du chorégraphe belge Wim Vandekeybus. Sur quelle chaîne française ce huit fois 52 minutes présenté comme l'enfant naturel de 24 heures chrono pour le rythme et de Killing Eve pour le ton sera-t-il diffusé ? Canal Plus semble génétiquement désigné. "Non, rectifie la productrice, tout est possible." Tandis que Dov Alfon laisse toute liberté aux deux scénaristes, il s'attelle à son second roman : "Si le ballet est l'art du XIXe siècle, comme disait Noureev, l'art du XXIe siècle est celui de la fiction télévisée", affirme l'écrivain.