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"Miserere" : que faire avec le mal ?

Éclatante ouverture des États du Monde, au PBA de Charleroi

Martine Mergeay
"Miserere": la pieta en mouvement.
"Miserere": la pieta en mouvement. ©Michel Boermans

Le Hangar était comble, vendredi, au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, pour le Miserere "de" Jan Disma Zelenka, selon Ingrid von Wantoch Rekowski (voir article du 28 janvier). Car peut-on aborder les États du Monde – titre du festival dont c'était l'ouverture – sans se poser une question centrale, aujourd'hui plus que jamais ? On l'appellera comme on veut, la guerre, la mort, la souffrance, l'injustice, l'exclusion, le mal – car c'est de lui qu'il s'agit – fait partie de la condition humaine. Il revêt chaque jour des formes nouvelles et provoque en retour de nouvelles stratégies de lutte, d'évitement, ou de déni. Et c'est l'effroi suscité par ce mal qui anime le Psaume 51 de David, Miserere, en français : Prends pitié. Et de poursuivre : "Prends pitié de moi, lave-moi de ma faute, purifie-moi". En artiste extralucide, Ingrid von Wantoch Rekowski est tombée en arrêt devant la traduction musicale donnée par Zelenka à cette invocation. Des artistes exceptionnels l'ont rejointe dans sa recherche, le résultat est, en soi, une stupéfiante catharsis. Au sens premier du terme.

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