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Finale du Concours Reine Elisabeth : Leland Ko, chorégraphe, poète et magicien

Le jeune américano-canadien introduit Barber avec succès dans la course

Martine Mergeay
Leland Ko (27 ans, Canada-USA)
Leland Ko (27 ans, Canada-USA) ©cmireb

En présence du prince Gabriel, une première dans les annales du Concours, la soirée s'ouvre avec Leland Ko, États-Unis/Canada, qui a fêté – sobrement, peut-on penser… – ses 28 ans mercredi dernier, à la Chapelle ! Diplômé de l'université de Princeton, de la Julliard School et du New England Conservatory, cet "élégant musicien, d'une grande maturité" (N.B. dans La Libre) joue un Guarneri de 1629. Il ouvre les Flowers de Fang Man par le très mystérieux Chrysantemum, dans lequel il se glisse avec une souriante autorité : sonorités expressives, dialogue serré avec l'orchestre, et visible intériorisation de la partition qu'il regarde à peine, sont autant d'atouts lui permettant d'adopter un jeu libre, solaire, affirmé. Dans le trépidant Bamboo, il fait régner une tension de folie, éclairant la partition par la puissance et la clarté de son jeu et aménageant idéalement la fameuse cadence conclusive, théâtre et clin d'œil en bonus. La série des évocations florales se poursuit avec un Plum d'une puissance inédite jusqu'ici – on pourrait parler de "chorégraphie sonore" tant les savants contrastes sont toujours inscrits dans la grande ligne, l'élan, l'arche, la vision. Enfin Orchid, doublement balancé par la poésie délicate de son ouverture et la rhétorique de sa cadence, vient conclure une des versions de cet imposé les plus accomplies de la semaine.

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