Qui est Sophie Straat, la chanteuse néerlandaise qui veut que "tous les hommes blancs aillent à l'arrière"
Au-delà de la polémique, Sophie Straat construit depuis plusieurs années une carrière où musique, féminisme, antiracisme et engagement politique occupent une place centrale.

- Publié le 10-08-2026 à 17h29

"Maintenant, tous les hommes blancs à l'arrière" : les propos sur scène de Sophie Straat n'ont pas manqué de faire réagir ces dernières semaines. Cette artiste néerlandaise très engagée, jusqu'ici relativement peu connue du grand public, se retrouve brusquement au centre de l'attention. La polémique lui vaut autant de critiques et de messages de haine que d'admiration.
Sophie Schwartz, de son vrai nom, est originaire d'Amsterdam. Née en 1994 d'un père américain d'origine juive et d'une mère britannique, elle grandit dans le quartier De Pijp, devenu avec le temps particulièrement branché. Sophie Straat est élevée dans une famille juive et fréquentait, chaque dimanche, une école juive. Étudiante en photographie à l'Académie royale des beaux-arts de La Haye, son projet de fin d'études est consacré aux vélos-cargos comme symbole de la gentrification d'Amsterdam.
C'est un peu par hasard que Sophie Straat tombe dans la musique, mais les thématiques abordées sont tout à fait assumées : sexisme, féminisme, racisme, discriminations, inégalités sociales, violences policières… La chanteuse n'hésite pas à dire qu'elle est de la gauche radicale.

Sophie Straat avait déjà fait parler d'elle en 2021, en remportant un prestigieux prix "Edison" dans la catégorie "Hollands", grâce à son EP "'t Is niet mijn schuld" en collaboration avec le producteur et musicien Wieger Hoogendorp. Le jury avait apprécié sa capacité à associer humour et message engagé en abordant des sujets actuels comme la crise du logement, le racisme et le sexisme.
L'artiste a également sorti deux albums, en 2023 et 2025 : "Smartlap is niet dood" et "Wie de fak is Sophie Straat". Deux disques engagés, le second prenant une tournure plus introspective.
Sophie Straat emmène régulièrement son militantisme sur scène. "La protestation passe d'abord, puis la musique", dit-elle en interview. En 2023, sur la scène de Pukkelpop, elle dédie une chanson à Sanda Dia, étudiant mort en 2018 à la suite des violences physiques subies lors d'un baptême étudiant à Louvain.

La chanteuse a même créé un festival engagé et caritatif, au nom sans équivoque de "Protestfest". Il sert de plateforme pour parler de questions sociales et politiques. En 2025, la troisième édition était largement consacrée à Gaza et les recettes ont été reversées à une organisation palestinienne.

Depuis ces mots au Best Kept Secret Festival, aux Pays-Bas, puis aux Gentse Feesten, à Gand, Sophie Straat n'a jamais été autant médiatisée. Cela lui vaut une violente vague de haine sur les réseaux-sociaux, mais renforce également une réputation : l'un des visages d'une jeune gauche militante néerlandaise.