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Et sur la route de Reims, Bartoli sort du gâteau

Capuano et Kosky signent un Rossini brillamment délirant

Nicolas Blanmont, Envoyé spécial à Salzbourg
Toute la population de l'Auberge du Lys d'Or
Toute la population de l'Auberge du Lys d'Or ©Salzburger Festspiele Monika Rittershaus

Depuis qu'elle a pris, en 2012, la direction du "petit" Festival de Pentecôte de Salzbourg, Cecilia Bartoli programme chaque année une production lyrique où elle tient la vedette, et qui est reprise ensuite au "grand" festival d'été. 2026 est pour elle une année jubilaire – elle vient d'avoir 60 ans et n'est pas de ces divas qui cachent leur âge – et elle a donc choisi d'aborder un nouveau rôle rossinien à travers une formidable mise en abîme.

Sacre royal

Dernier opéra composé en italien par Rossini, Il Viaggio a Reims fut créé à Paris en juin 1825, puis rapidement oublié pour ne ressurgir qu'au festival de Pesaro en 1984. Une partie de la musique, il est vrai, avait été réutilisée par le compositeur pour son Comte Ory. Et, surtout, l'œuvre était à ce point liée à un événement historique qu'elle semblait mal se prêter au recul du temps : un huis clos réunissant dans une auberge de la modeste cité de Plombières des personnalités venues des quatre coins de l'Europe pour assister au sacre de Charles X à Reims (en mai 1825) et qui, faute de chevaux frais, n'arriveront jamais à Reims et devront s'occuper autrement.

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