Édito - Luperto: gare au lynchage
La mise en cause de Jean-Charles Luperto, soupçonné de s'être livré à des actes d'exhibitionnisme, sur une aire de repos autoroutière, n'est pas anodine. Que les importantes fonctions politiques de l'élu socialiste puissent être éclaboussées par de présumés comportements délictueux ne peut laisser indifférent.
- Publié le 11-11-2014 à 21h26
- Mis à jour le 12-11-2014 à 08h29

La mise en cause de Jean-Charles Luperto, soupçonné de s'être livré à des actes d'exhibitionnisme, sur une aire de repos autoroutière, n'est pas anodine. Que les importantes fonctions politiques de l'élu socialiste puissent être éclaboussées par de présumés comportements délictueux ne peut laisser indifférent. On saluera donc la décision de l'intéressé d'avoir mis certains de ses mandats entre parenthèses. C'était la meilleure chose à faire pour permettre aux institutions qu'il dirigeait de continuer à fonctionner sereinement. Cela lui permettra aussi de mieux assurer sa défense. Dans l'état actuel des choses, M. Luperto n'est inculpé de rien. L'eût-il été qu'il continuerait, n'en déplaise à ceux qui s'acharnent sur lui, à bénéficier d'une présomption d'innocence qu'on ne perd qu'en cas de condamnation définitive.
C'est à la Justice de faire la part du vrai et du faux dans un dossier dont personne ne connaît encore la réelle teneur. Cela, la classe politique, très mesurée dans ses réactions, l'a bien compris. C'est heureux.
M. Luperto est homosexuel. Ce n'est plus, heureusement, un crime, quoi que puissent en penser certains qui, profitant de l'aubaine, déversent leur haine imbécile sur l'ensemble d'une communauté. M. Luperto admet avoir fréquenté l'aire de Spy à la recherche de partenaires consentants. La démarche peut étonner voire choquer mais elle n'est pas davantage pénalement condamnable pour autant que l'intéressé n'ait pas franchi les limites de la décence.
S'il l'a fait, il devra, comme tout justiciable, répondre de ses actes. Et, peut-être, en payer, un jour, le prix judiciaire. En attendant, s'imposent la prudence et la retenue. Oui à une enquête à charge et à décharge. Non au lynchage et aux réflexes populistes.