Garder Auschwitz en mémoire
Un édito de Dorian de Meeûs.

- Publié le 24-01-2025 à 23h59
- Mis à jour le 26-01-2025 à 13h23

Devant le portail de l'enfer d'Auschwitz, et pendant des décennies, des survivants ont témoigné de la barbarie qu'ils ont vécue devant des jeunes et des adultes émus aux larmes. Le 27 janvier 1945, le camp de l'horreur a été libéré. Il y a 80 ans. Autant dire que le nombre de rescapés s'est réduit d'année en année. Bientôt, il n'y aura plus de survivants. Resteront leurs précieux écrits et leurs inestimables paroles enregistrées. Des documents pour l'Histoire. Des témoignages pour l'Humanité.
D'aucuns voudraient fermer les portes d'Auschwitz, mettre le camp sous cloche, rendre l'endroit sacré, intouchable. Alors oui, regrettons ces quelques visiteurs qui s'y baladent comme dans un parc d'attractions, n'hésitant pas à se prendre en selfie devant le portail, en équilibre sur les rails ou couché dans un baraquement délabré. Au-delà de cette indécence, visiter ce camp qui a méticuleusement organisé la mort d'un million de personnes, cet endroit hautement historique devrait – au contraire – être largement recommandé. Et photographier les lieux permet d'imprimer cette visite, de partager l'expérience, et de marquer les mémoires et les esprits.
Parler aux rescapés deviendra définitivement impossible. Se souvenir, ne suffira pas… Le temps est venu où ne subsistent que la mémoire collective et l'enseignement adéquat de notre passé. L'antisémitisme n'est pas l'affaire des Juifs, il doit nous hanter tous, car il nous concerne tous. Certains échanges sur les réseaux sociaux démontrent que la nostalgie nazie, l'ignorance et la bêtise sont sans limite. Face à cet enjeu, nous devons tenir bon et convaincre nos enfants de faire perdurer ce message à leurs propres descendances. Il serait intolérable de démissionner par crainte des réactions d'esprits radicalisés ou par peur de réagir à des amalgames odieux. Ne laissons pas les ignorants, les crapules ou les imbéciles distiller leur négationnisme ou minimiser ce douloureux pan de notre passé. Empruntons la résistance et la force des rescapés de la Shoah, avec une conviction profonde : le danger n'a pas disparu.