La fusion des communes, un tabou à briser
Un édito de Dorian de Meeûs.

- Publié le 24-01-2025 à 00h00

Le précédent gouvernement wallon encourageait les fusions de petites communes sur base volontaire. Malheureusement, l'incitant budgétaire de 500 euros par habitant n'a pas porté ses fruits, à l'exception notable des communes luxembourgeoises de Bastogne et Bertogne, désormais fusionnées en une seule entité. Personne ne devrait se contenter d'un constat d'échec vu l'état des finances locales. Des économies de taille sont impératives pour faire face aux enjeux climatiques et sociaux, dont la pauvreté des centres urbains et le vieillissement de la population. Dans cette optique, une fusion permet d'optimiser les ressources et d'augmenter l'efficacité des services publics.
Trop souvent, les mandataires publics, animés par des intérêts personnels ou la crainte de pertes de majorités politiques, refusent de s'allier à leurs voisins. Bien qu'il importe de ne pas négliger les réticences identitaires, chacun devrait dépasser ses a priori. Il faut répondre aux enjeux des villes en grandes difficultés financières, telles que Liège et Charleroi. Elles accueillent chaque jour des milliers de travailleurs qui vivent et paient leurs impôts dans les communes voisines. Des exemples à suivre existent, comme Anvers, ou encore Tournai, qui a fusionné 30 communes.

Vu que ces mariages ne se font pas sur une base volontaire des élus locaux, passons à l'étape suivante (ou intermédiaire) : laissons les citoyens décider de réduire le nombre de communes wallonnes (261 communes, dont 81 en province de Liège) et bruxelloises (19). Commençons par organiser une consultation populaire dans les 202 communes wallonnes qui comptent moins de 15 000 habitants. Selon l'économiste Jean Hindriks (Itinera/UCLouvain), leurs fusions permettraient à la Région d'économiser 136 millions d'euros, soit 100 à 200 euros par habitant/an, et de réorienter les ressources vers des services plus efficaces.
Pour rassurer les plus petites communes, les villes devront préalablement garantir leur représentativité et la gestion saine de la future entité. Reste à voir si le ministre wallon des Pouvoirs locaux, François Desquenes (Les Engagés), aura le courage de briser ce tabou, un vestige du passé, pour ouvrir la voie à une réforme nécessaire et inéluctable pour l'avenir des finances locales.