Est-ce toujours rentable d'installer des panneaux solaires ? La Wallonie lance une carte pour répondre à cette question
Le nouveau site, cartosolaire.wallonie.be, permet d'éclairer les candidats à l'installation de panneaux solaires et photovoltaïques.
- Publié le 29-05-2024 à 15h01
- Mis à jour le 29-05-2024 à 16h50

Le Service public de Wallonie (SPW), en collaboration avec l'ASBL Énergie Commune et l'entreprise privée Gim, a développé une toute nouvelle cartographie solaire, à l'échelle de la Wallonie.
Via le site cartosolaire.wallonie.be, les particuliers et les entreprises peuvent encoder leur adresse afin de vérifier si leur toit est un endroit judicieux pour y installer des panneaux photovoltaïques ou solaires. Pour rappel, les panneaux solaires sont destinés à chauffer l'eau sanitaire et l'eau de chauffage, tandis que les panneaux photovoltaïques produisent de l'électricité.
Ce nouvel outil prend en compte toute une série de paramètres, notamment l'inclinaison du toit et son orientation : sud, nord, est, ouest… "L'outil prend aussi en compte l'ombrage des bâtiments alentour, explique Christophe Adriaensen, CEO de GIM. En revanche, il ne tient pas compte de l'ombre générée par les arbres".
Philippe Henry (Ecolo), le ministre wallon de l'Énergie, a rappelé le contexte dans lequel est né ce projet. D'ici 2030, la Wallonie doit doubler sa production d'électricité photovoltaïque.
Or, avec la fin du compteur qui tourne à l'envers, le photovoltaïque a moins de succès en Wallonie. Après une année 2023 record, les commandes ont logiquement baissé début 2024. L'idée de la cartographie est donc de permettre aux Wallons de vérifier si un tel investissement est rentable pour eux, ce qui est encore souvent le cas.
Des calculs plus complexes
Par ailleurs, avec la fin du compteur qui tourne à l'envers, il est devenu plus compliqué de réaliser ces calculs de retour sur investissement. En effet, dans le nouveau système, les prosumers ont un intérêt financier à autoconsommer, soit consommer directement l'électricité de leurs panneaux. La rentabilité de leur investissement dépendra donc, en grande partie, de leur capacité à autoconsommer.
Le système permet donc d'entrer toute une série de données permettant d'évaluer cette autoconsommation. Il est ainsi possible de spécifier si l'habitation sera équipée d'une batterie domestique, voire de systèmes qui permettent de chauffer son eau ou de recharger la batterie de son véhicule électrique quand il y a du soleil.
En fonction du taux d'autoconsommation obtenu, l'outil permet de dire combien vous allez économiser sur votre facture d'électricité. Il permet aussi de savoir après combien d'années l'investissement initial sera remboursé. Selon Énergie Commune, il faut généralement une douzaine d'années pour rembourser son investissement.
Étant donné qu'une installation photovoltaïque peut fonctionner durant 25 ou 30 ans, installer des panneaux reste donc généralement rentable. Néanmoins, dans le passé, il était parfois possible de rembourser son installation en cinq ans, ce qui était particulièrement (voire trop ?) intéressant.
Petite précision importante : l'outil ne tient pas compte des éventuels décrochages, qui réduisent la production des panneaux.
La batterie allonge le temps de retour
Notons qu'avec un taux d'autoconsommation classique, de 30-35 %, l'investissement peut déjà être remboursé en onze ans. En augmentant le taux d'autoconsommation, en chauffant son eau ou en rechargeant son véhicule électrique quand il y a du soleil, il est possible de raccourcir de trois ans le temps de retour sur investissement.
Notons qu'installer une batterie domestique n'est pas toujours synonyme de bonne affaire. Si elle permet d'augmenter considérablement le taux d'autoconsommation, son prix élevé fait qu'elle allonge souvent le temps de retour sur investissement. En fait, l'outil a pris en compte l'achat de deux batteries domestiques, d'une durée de vie de quinze ans, pour couvrir la durée de vie des panneaux estimée à trente ans. Ce qui implique un investissement considérable, plus long à rentabiliser.
Mais pourquoi faut-il autoconsommer ?
Pour faire simple, l'électricité autoconsommée est gratuite. En revanche, l'électricité achetée au fournisseur coûte environ 32 centimes (par kWh). De son côté, le fournisseur rachète l'électricité des prosumers à un prix nettement inférieur, de l'ordre de 1 à 5 centimes par kWh. Plutôt que de revendre son électricité à un prix ridicule, il vaut donc mieux la consommer directement.
Par ailleurs, Philippe Henry a précisé qu'il allait falloir développer différemment l'énergie photovoltaïque dans le futur en Wallonie. Jusqu'à présent, la croissance a été tirée par les particuliers, qui ont massivement placé des panneaux sur les toits des maisons. Selon l'écologiste, il faut maintenant installer massivement des panneaux photovoltaïques sur les toits des écoles, des fermes, des surfaces commerciales…
