Les certificats verts pour la cogénération, c'est bientôt fini à Bruxelles !
Libre Immo | Dès le 1er janvier 2025, les nouvelles installations de cogénération ne pourront plus bénéficier de ce mécanisme de subsides à Bruxelles.

- Publié le 26-04-2024 à 18h25

Pour faciliter la transition énergétique, les gouvernements régionaux ont mis en place le mécanisme des certificats verts, sortes de subsides accordées pour la production d'électricité verte, comme les panneaux photovoltaïques, l'éolien ou encore la cogénération. Chaque Région a ses régimes spécifiques.
À Bruxelles, le gouvernement a décidé d'arrêter au 1er janvier 2025 l'éligibilité des systèmes de cogénération au mécanisme des certificats verts. Cela signifie que les systèmes installés et certifiés après cette date ne pourront plus en bénéficier. "Pour profiter des certificats verts, et ce, pour une période de dix ans, il faut donc se dépêcher", remarque Benoit Cozannet, Sales Manager de Watt Matters, entreprise bruxelloise spécialisée dans les solutions énergétiques durables pour les copropriétés.
Chaleur et électricité
La cogénération est une technologie qui permet de produire, grâce à un moteur alimenté au gaz, simultanément de la chaleur pour le chauffage et pour l'eau chaude sanitaire, et de l'électricité. Le système fonctionne avec un pilotage très précis qui permet de diminuer les consommations globales. La technologie ne vise cependant que les copropriétés de plus de 25 logements ou les grands bâtiments; le premier projet de Watt Matters fut la Basilique de Koekelberg. "En dessous du seuil de 25 logements, les consommations sont trop basses pour justifier l'installation d'une cogénération", précise Benoit Cozannet.
L'électricité produite est réinjectée en priorité dans les compteurs communs. Il reste souvent beaucoup d'énergie en surplus qui peut maintenant, via le partage d'énergie, être redistribuée vers les copropriétaires. "Nous mettons en place des communautés d'énergie. L'électricité est désormais également dispatchée dans les compteurs privatifs de chaque copropriétaire. Et on pourrait imaginer qu'elle le soit aussi dans des immeubles voisins ou des bornes de recharges", souligne Benoit Cozannet.
La cogénération permet de couvrir jusqu'à 75 % des besoins en électricité des communs. "Pour les compteurs privés, tout dépend de la consommation de chaque propriétaire bien sûr. Le système va couvrir une grande partie des besoins privatifs et permettra de revendre le surplus sur le réseau. L'autoconsommation est grandement favorisée grâce à ce système."
Les copropriétaires profitent pour leurs consommations privées d'un tarif avantageux grâce à la communauté d'énergie mise en place. "À Bruxelles, Sibelga, le gestionnaire des réseaux de distribution d'électricité et de gaz naturel pour les 19 communes de la Région, a défini quatre tarifs pour le transport de l'électricité, avec le principe suivant : plus on s'éloigne de la source de production, plus le tarif est élevé. Avec ce partage d'électricité au sein d'une copropriété, au lieu d'acheter toute l'électricité auprès d'un fournisseur classique (35-40 cents/kWh), les occupants peuvent acheter leur électricité à la communauté pour bénéficier d'un tarif très attractif (19-25cents/kWh)".
À cet avantage, s'ajoute celui des certificats verts calculés sur la production de l'installation. Un certificat vert est obtenu pour une production d'1 megaWh et est échangé sur une bourse gérée par Brugel, le régulateur bruxellois de l'énergie. "Le prix minimum actuel est de 65 euros", note Benoit Cozannet.
"Coupler tous ces systèmes de production d'énergie permet de maximiser considérablement l'autoconsommation et, donc, de baisser les factures"
Un tiers investisseur
Plusieurs scénarios sont possibles. La copropriété en a les moyens et investit dans un système de cogénération en confiant l'installation à une entreprise spécialisée comme Watt Matters. La copropriété touche alors 100 % des certificats verts. Ou peut même faire appel à un tiers investisseur pour la totalité de l'investissement.
Cette dernière solution est la base du business model de Watt Matters. "Nous investissons dans les outils de production (cogénération, panneaux photovoltaïques…) pour la copropriété et en assurons l'entretien. En échange, nous captons les certificats verts. Les outils de production, toujours fonctionnels, reviennent à la copropriété au bout de dix ans", explique Benoit Cozannet.
Watt Matters propose également des solutions de co-investissement, à 50-50 avec la copropriété, les certificats verts étant aussi partagés à 50-50.
Dans la plupart des cas, l'entreprise couple la cogénération avec des pompes à chaleur et des panneaux photovoltaïques. Des bornes de recharge sont aussi souvent rajoutées dans les garages. "Coupler tous ces systèmes de production d'énergie permet de maximiser considérablement l'autoconsommation et, donc, de baisser les factures."
Vu l'échéance du 1er janvier 2025, la demande est énorme pour l'instant. "Nous ne pourrons pas satisfaire tout le monde, indique Benoit Cozannet. Notre business model devra aussi évoluer. Nous continuerons à faire de la cogénération pour des gros projets (entre 50 et 300 appartements) en mettant en place des communautés d'énergie. Les copropriétaires nous rémunéreront sur une base autre que celle des certificats verts."
