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Alain Minc : "Un pays qui taxe seul les grands patrimoines, c'est faire le bonheur de la Belgique"

Victoire de Trump à la présidentielle américaine, nécessité pour l'Europe de prendre son avenir en mains, défis liés à l'émergence de l'IA, immigration, isolement d'Emmanuel Macron… Alain Minc commente, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, tous les sujets chauds du moment.

"Si Donald Trump renouvelle la phrase folle qu'il avait dite dans son premier mandat en remettant en cause l'article 5 du pacte atlantique - remettant en question la garantie automatique de la protection américaine en cas de menace sur des Etats membres de l'Otan - il ouvrira une porte pour que Vladimir Poutine aille nous tester en Estonie, un pays de l'Otan", explique Alain Minc
Alain Minc s'inquiète du retour de Trump, mais aussi de "l'encéphalogramme" plat du deuxième mandat de Macron en France. ©DR

Essayiste, conseiller de l'ombre des puissants tant dans le domaine politique qu'économique du tout Paris, dirigeant d'entreprises, Alain Minc est tout cela à la fois. Né en avril 1949, l'homme ne s'arrête jamais, si ce n'est pour jouer quatre fois par semaine au tennis. Président de la société AM Conseil et auteur à ce jour de près d'une cinquantaine de livres, il vient de sortir "Somme toute", l'occasion pour lui non d'écrire ses Mémoires mais ce qu'il appelle un "bilan d'étape" avec des portraits de personnages qu'il a côtoyés tout au long de sa carrière – d'Yves Montand à Pierre Bergé en passant par Bernard Tapie, Jacques Julliard ou Simon Nora, liste non exhaustive – mais aussi des moments clés de sa vie professionnelle. Des idées ou concepts qu'il a lancés aussi – dont notamment la fameuse "mondialisation heureuse" et quelques ratés, des sujets qu'il estime avoir ignorés ou maltraités. Alain Minc connaît évidemment bien notre pays. Il avait, on s'en souvient, été impliqué dans la tentative de contrôle ratée de la Société Générale de Belgique par Carlo De Benedetti en 1988. Un échec qu'il évoque dans son dernier ouvrage. "Si l'affaire de la SGB a eu, sur le moment, un écho disproportionné et excessif, sans doute est-ce parce qu'elle incarnait un changement d'époque dans le monde économique : le triomphe de la liberté de mouvement des capitaux, l'émergence de visions transnationales et la bascule d'un capitalisme nomenklaturiste à un capitalisme d'actionnaires", explique-t-il dans son dernier ouvrage. Entretien.

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