Pierre-Frédéric Nyst (UCM): "Créons deux sortes d'allocations de chômage, une allocation de base assortie de récompenses"
Pierre-Frédéric Nyst, président de l'Union des Classes moyennes (UCM), était l'invité de Maxime Binet dans le café sans filtre sur LN24, ce mardi 30 avril 2024, à la veille de la Fête du travail.
- Publié le 30-04-2024 à 11h23

À la veille du 1er mai, le président de l'Union des Classes moyennes (UCM) Pierre-Frédéric Nyst était au micro de Maxime Binet sur LN24 pour évoquer le travail, les priorités de la FGTB, les critiques de Paul Magnette, le chômage...
"Trois quarts des personnes sondées au sein de l'UCM au premier trimestre de 2024 émettent de sérieuses inquiétudes par rapport au monde politique. Nous avons besoin d'action, plus que de simples promesses", a débuté le patron de l'UCM ce mardi matin. "Nous avons des difficultés d'une part pour recruter des gens dans nos entreprises quels que soient les secteurs et pour les conserver d'autre part".
"S'il faut taxer les riches, ce sera compliqué pour nous"
Cette année, le muguet sera peut-être emballé dans une déclaration fiscale
Pierre-Frédéric Nyst est revenu sur les priorités de la FGTB et son président Thierry Bodson, notamment la taxation du patrimoine ou la restauration d'une tranche d'imposition à 55 % pour les salaires supérieurs à 10.000€.
"Cette année-ci, le 1er mai aura une connotation très fiscale, on s'y attendait. Le muguet sera peut-être emballé dans une déclaration fiscale", a-t-il répondu. "Là où je peux rejoindre une partie de la gauche, c'est que nous avons aussi des problèmes avec la fiscalité. Nous représentons des PME installées en Belgique et qui payent beaucoup trop d'impôts et de parafiscalité. À côté de cela, des multinationales qui inondent le pays de produits et services ne payent pas d'impôts", a-t-il évoqué, pointant du doigt les GAFAM. "Mais si on veut taxer les riches, il faut s'entendre là-dessus et ce sera compliqué pour nous".
Les critiques de Paul Magnette
Pierre-Frédéric Nyst a également répondu à ces "critiques" de Paul Magnette sur le patronat. "Cela nous a mis en colère, mais surtout obligé de réagir. Ces mots ont stigmatisé les patrons, de PME ou de multinationales. On ne peut pas laisser passer de choses pareilles".
Faudra-t-il plus de taxes sur la prochaine législature ? "Il faudra avoir un travail sur les budgets", a-t-il avancé. "Pour les financer, il faut réduire les dépenses et pas uniquement rajouter des recettes. Il faudra sans doute repenser la fiscalité mais à côté d'autres défis. Il faut rester séduisant par rapport aux travailleurs. L'indexation automatique est importante mais coûte cher. L'UCM n'est pas pour la supprimer. Il faut une augmentation nette pour que le travailleur ait ce à quoi il a droit. En revanche, sur les cotisations sociales, ce n'est pas normal que l'État s'enrichisse".
Une allocation de chômage duale
Sur la limitation des allocations de chômage dans le temps, le patron de l'UCM a rappelé sa position : "Nous ne disons pas 'après deux ans, c'est terminé, vous n'avez plus droit à des allocations de chômage'. En faisant cela, le problème sera déplacé vers les CPAS. Nous avons une autre proposition. Créons deux sortes d'allocations de chômage, une allocation de base, et en plus de cela, récompensons celui qui va suivre une formation, celui qui va chercher du travail de façon active et avec du résultat potentiel".
Concernant la semaine de 32 heures sans perte de salaire : "Ce n'est pas très séduisant, d'ailleurs peu d'entreprises se sont lancées. Dans nos PME, ce n'est tout simplement pas possible", a balayé Pierre-Frédéric Nyst. "Cela permettre peut-être de générer de l'emploi, mais s'il faut engager deux personnes au lieu d'une personne, cela va coûter plus cher. On peut imaginer cette trajectoire pour les personnes de plus de 55 ans par exemple mais généraliser cela pour tout le monde, ça n'est pas possible".
Les pénuries de personnel seront aussi une des priorités. "Il faut aider le Forem", a reconnu le patron de l'UCM.