Matthieu Léonard (Horeca Bruxelles) se réjouit des mesures de l'Arizona: "Ça va en heurter peut-être plus d'un mais ce n'est pas grave"
Plusieurs mesures de la supernote de Bart de Wever concernent directement l'Horeca. Pour la plupart, elles suscitent un enthousiasme de la part de Matthieu Léonard, président de la Fédération Horeca Bruxelles.

- Publié le 04-02-2025 à 15h35
- Mis à jour le 04-02-2025 à 15h58

6 000 euros en plus. Dans la supernote de Bart De Wever, les flexi-jobs auront la possibilité de travailler pour un revenu de 18 000 euros annuel avec des cotisations réduites, contre 12 000 euros précédemment. Un assouplissement qui s'ajoute à une autre mesure : l'augmentation du salaire maximum de 17 à 21 euros.
Une série de mesures accueillie avec enthousiasme par le secteur Horeca, notamment Matthieu Léonard, président de la Fédération Horeca Bruxelles depuis désormais un an. "On a été écouté sur tout ce qu'on a demandé", lance-t-il directement. "C'est une très bonne chose pour les travailleurs, tout autant que pour les employeurs qui, je le rappelle, sont toujours en pénurie de main-d'œuvre. Rien qu'en Région bruxelloise, on recherche 6 000 personnes pour compléter nos équipes."
Une pénurie qui pourrait également se résorber avec l'augmentation du nombre maximum d'heures pour les étudiants. En effet, ceux-ci pourraient prester jusqu'à 650 heures par an, contre 475 précédemment. "C'est excellent pour les employeurs. Et puis pour les étudiants eux-mêmes qui vivent une certaine précarité. Pour pouvoir allier études et travail, ou pour pouvoir assumer seul des études et un logement, il est évident qu'aujourd'hui, travailler semble essentiel."
Comme ça, on en finit avec ce vieux mythe du patron de restaurant bandit qui fraude à tout bras le fisc, l'ONSS et le précompte. Ça remet l'église au milieu du village."
Renforcement des contrôles
L'augmentation du plafond des heures supplémentaires exonérées de cotisations sociales pour l'Horeca est également une bonne chose selon Matthieu Léonard. "Nous en étions jusqu'à 360, et à partir de la réforme du marché de l'emploi portée par le nouveau gouvernement, on passera à 450 heures défiscalisées par an, sur base volontaire évidemment", indique-t-il. Et d'ajouter : "On ne peut pas contraindre nos travailleurs à faire des heures supplémentaires, mais eux-mêmes sont en demande. Cela permettra donc certainement, au vu de la pénurie de main-d'œuvre que l'on vit aujourd'hui, de combattre le travail au noir."
D'ailleurs, un autre point dans la supernote qui concernera particulièrement l'Horeca se concentre sur le renforcement des contrôles du travail au noir. Le document de 209 pages ne donne pas plus de précision sur la marge de manœuvre. Mais cela n'empêche pas le président d'accueillir favorablement ce premier pas. "On l'accueille avec enthousiasme également parce qu'il y a un moment où il n'y a pas de raison que seule une frange de restaurateurs et de cafetiers paie ses impôts, sa TVA, et combat de facto la fraude fiscale et donc la fraude sociale". Mais pour Matthieu Léonard, l'important est aussi le message. "Ça va en heurter peut-être plus d'un, mais ce n'est pas grave, c'est comme ça. Il y a un moment où il faut jouer le jeu. Comme ça, on en finit avec ce vieux mythe du patron de restaurant bandit qui fraude à tout bras le fisc, l'ONSS et le précompte. Ça remet l'église au milieu du village."
Le président de la fédération Horeca Bruxelles pointe malgré tout un "petit bémol" : "On n'a pas obtenu de baisse de TVA, ne fût-ce que sur les boissons non alcoolisées. Là, ça aurait été évidemment, pour nous, l'électrochoc financier idéal pour que l'on puisse retrouver la trésorerie perdue depuis la crise sanitaire", conclut Matthieu Léonard.