Le géant Aramco va faire son entrée en Bourse... mais les Belges ne pourront pas investir
L'entreprise la plus rentable du monde va bientôt être introduite en Bourse.
- Publié le 17-11-2019 à 09h10
- Mis à jour le 12-12-2019 à 08h33

L'entreprise la plus rentable du monde va bientôt être introduite en Bourse. Ce dimanche, on devrait en savoir un peu plus sur ce qui s'annonce comme la plus importante introduction en Bourse (IPO) de l'histoire. On parle ici de l'entreprise publique saoudienne Aramco, la société la plus rentable du monde, dont la valorisation est estimée entre 1 600 et 1 800 milliards de dollars. Elle dépasse donc celles de Microsoft, Amazon et Apple, qui tournent chacun autour de 1 000 milliards de dollars.
Même si la monarchie pétrolière ne compte introduire que quelques pourcents du capital d'Aramco en Bourse, l'IPO devrait rapporter aux alentours de 30 milliards de dollars, juste au-dessus du montant levé par le géant chinois Alibaba.
Il faut dire que les chiffres dévoilés cette année par Aramco donnent le tournis. En 2018, l'entreprise publique saoudienne aurait généré des bénéfices nets de 111 milliards de dollars, soit davantage qu'Apple (59,5) et Samsung (35,1) réunis.
Ce dimanche, les investisseurs vont pouvoir commencer à offrir un prix pour les actions d'Aramco. Aucune fourchette n'a jusqu'à présent été dévoilée. Le premier jour de cotation devrait, quant à lui, intervenir le 5 décembre prochain, exclusivement sur la Bourse de Riyad.
Une cotation secondaire ultérieure est évoquée, notamment à Hong Kong ou Tokyo. En revanche, le prince héritier Mohamed ben Salman aurait écarté New York, une ville jugée trop risquée en raison des craintes de poursuites liées aux attentats du 11 septembre 2001.
Une action risquée
Les Belges, quant à eux, ne doivent pas se poser de questions quant à l'opportunité de participer à l'IPO d'Aramco, puisque la place boursière saoudienne n'est pas ouverte aux étrangers.
"Seuls les Saoudiens, ainsi que quelques fonds et institutionnels étrangers triés sur le volet, pourront participer à l'opération, commente Jérome Demeestere, analyste chez Test-Achats Invest. Les Belges ne pourront donc pas investir."
Quoi qu'il en soit, cet expert aurait recommandé la plus grande prudence à l'égard d'Aramco. Et pas uniquement dans le contexte de lutte contre le réchauffement climatique qui devrait faire pression sur la consommation de pétrole à long terme.
"Aramco est une société publique dont l'objectif principal est d'alimenter le budget saoudien, explique Jérome Demeestere. Il n'y a aucune garantie que les intérêts des actionnaires minoritaires seront défendus convenablement."
Et de citer également le risque géopolitique, ainsi que le risque d'attaques contre les installations pétrolières. "La dernière attaque de drones, qui a amputé de 50 % la production d'Aramco pendant plusieurs jours, montre sa vulnérabilité, ajoute Jérome Demeestere. Le régime saoudien n'a pas été capable de protéger son principal actif, c'est inquiétant."

