Le "responsable final" des Destrooper, les galettes qui font toujours recette
LIBRE ECO WEEK-END | FACE & PROFIL Croissance et stratégie recentrée sont au menu d'Ives Depoortere, CEO depuis 7 mois de l'entreprise Destrooper productrice des célèbres galettes du même nom.

- Publié le 07-12-2019 à 11h06
- Mis à jour le 30-01-2020 à 09h47

LIBRE ECO WEEK-END | FACE & PROFIL
Croissance et stratégie recentrée sont au menu d'Ives Depoortere, CEO depuis 7 mois de l'entreprise Destrooper productrice des célèbres galettes du même nom.
Les galettes de Destrooper, en Belgique, c'est un peu notre madeleine de Proust. Fines, ovales, avec leur structure en losanges si reconnaissable, elles ont fait le bonheur de Jules Destrooper ; il s'est inspiré d'un biscuit de vœux fabriqué traditionnellement en Flandre occidentale en fin d'année : la galette ou lukke. Mais aussi sa prospérité. Le jeune artisan boulanger qui possédait un entrepôt colonial à Lo, avait débuté en 1885 en incorporant des épices exotiques dans un mince pain aux amandes. Suivit la galette fine au beurre qui va fêter ses 130 ans l'an prochain.
Une boîte de galettes est précisément ouverte, et entamée, sur le bureau d'Ives Depoortere, le nouveau CEO de l'entreprise nommé en mai dernier. Depoortere, presque l'anagramme de Destrooper… Un joli clin d'œil, mais le natif de Waregem a surtout accepté le poste parce qu'ici, il est "le responsable final." "En outre, c'est une belle marque. Elle est originaire de Flandre occidentale… comme moi. J'aime bien le secteur : l'alimentaire et les biscuits, et je suis responsable de deux usines, ce que j'apprécie. Enfin, j'ai en charge la Belgique et l'export." Un cumul qui réjouit Ives Depoortere.
L'homme qui aimait les usines
Son parcours professionnel, il le débute en 1986 chez Unilever, en marketing dans le personal care (Axe, Rexona, Dove, Signal et cie) plutôt que dans les yaourts Jacky. Il oblique bientôt vers la vente. "Mon objectif au départ était de devenir directeur commercial." Pour y arriver, il complète son apprentissage par une expérience logistique. Direction Paris où il vendait notamment "les capacités et le know-how de l'usine de Compiègne." "J'avais dit à mon épouse : on ira deux ans. Nous sommes finalement restés 10 ans. Entre-temps, nos deux filles sont nées et j'ai eu 4 postes…"
En 2000, Ives Depoortere revient en Belgique : cela tombait bien pour le boulot - il est désormais directeur commercial (bingo !) et ensuite directeur général home (droguerie) et personal care - et pour les études de ses filles.
Vient alors Orangina Schweppes à Genval. Il est directeur de la Belgique. "Un vrai poste de general manager, dans le secteur des biens de grande consommation, vendus dans la grande distribution, mais aussi l'horeca ou les stations-service. Et une usine !" Il y applique "une stratégie de focus." "Jusque-là, on investissait un peu dans chacune des 9 ou 10 marques. Je me suis concentré sur 3 marques : Schweppes, Oasis et Gini. On a un brin augmenté les prix pour créer de la marge qu'on pouvait investir. Davantage d'investissements et moins de marques : normalement, c'est une recette qui marche." Et cela a marché.
Il poursuit sa route chez Findus "qui était en train d'acquérir les produits surgelés de Lutosa." Il accompagne l'acquisition. Findus sera finalement racheté par le groupe Nomad Foods qui, lui-même, avait racheté Iglo. Il devient le patron d'Iglo Belgique avant d'être prêt, quatre ans plus tard, à rejoindre Jules Destrooper. Et ses trois usines.
Un pop up store à Anvers
Depuis, il a transféré les lignes de Lo à Ypres, la plus grosse usine de la marque, et concentré les bureaux à Oostkamp où se situe l'autre usine. Son but : "Que notre marque premium réalise de la croissance profitable. Ce n'est pas très sexy comme slogan mais cela dit bien ce que je veux faire. Via une stratégie de focus : focus sur 3 produits phares et sur 5 pays, dont la Belgique."
En 2018, Destrooper a enregistré un chiffre d'affaires de 55 millions. "2019 sera une année correcte et nous investissons pour que davantage de consommateurs achètent nos produits." Dans la grande distribution, les stations-service, l'horeca, les aéroports - "un bon business" -, via des grossistes ou comme cadeaux d'entreprise. La société compte 230 collaborateurs dont 180 dans les usines. Elle a été rachetée en 2015 par la famille Vandermarliere (son holding, outre Destrooper, est actif dans l'immobilier et l'investissement), connu e pour la marque de cigares J. Cortès. "Destrooper, c'est 100 % familial. La prise de décision est très rapide", s'enthousiasme le patron. "Le conseil d'administration, très pro , peut compter sur des administrateurs externes comme Bernard Deryckere (ex-Alpro) ou Jos Linkens (ex-Neuhaus)."
Enfin, la biscuiterie n'a pas de boutique, à part celle du musée à Lo, "là où tout a commencé." Mais un pop up store ouvre ses portes en ce mois de décembre sur le Meir à Anvers. "Un essai" qui pourrait bien être poursuivi, conclut l'inconditionnel de Zulte Waregem.
Bio Express
- 1er mai 1963 : naissance d'Ives Depoortere à Waregem.
- 1986: son diplôme de Sciences économiques appliquées (KU Leuven) en poche, il entre chez Unilever. Et poursuit chez Orangina Schweppes et Iglo.
- 2 mai 2019 : il est nommé CEO de Jules Destrooper.
