Comment se porte le marché du vin ? "Chaque année, nous essayons d'avoir une nouveauté venant d'Europe de l'Est"
La grande distribution mise sur les valeurs sûres, tout en voulant surprendre avec des vins venant du Pérou ou de Roumanie.

- Publié le 23-09-2023 à 13h45

Les unes ont déjà pris pas mal de bouteille – Intermarché tire sa révérence ce dimanche – alors que d'autres viennent à peine de débuter – Delhaize, par exemple – ou débuteront début octobre – c'est le cas de Spar – : c'est dire si les consommateurs ont tout le temps de picorer chez les uns et les autres pour réaliser des achats à très bon prix à coups de promotions alléchantes."L'esprit de la foire aux vins est de présenter un assortiment qui soit vaste, équilibré avec évidemment des prix très intéressants", résume Alain Pardoms, acheteur vin chez Delhaize.
Avec un œil, dans toutes les enseignes, sur les tendances du marché bien sûr mais sur les valeurs sûres prisées par les clients. "On regarde quelles sont les demandes du marché et les parts de marché. C'est comme cela que l'on continue à présenter les vins français mais nous présentons de plus en plus des vins qui viennent d'ailleurs, comme de Roumanie cet automne", poursuit-il.
"Nous proposons une offre promotionnelle variée sur certains de nos best-sellers ainsi que sur quelques nouveautés de la gamme", comme le Haut La Rulotte, un Lussac Saint-Émilion, en 3+3 (11,95 euros, hors promotion), souligne Marleen Henriksen, Acheteur de Vin chez Spar.
Le vin rosé continue à séduire les consommateurs. S'il est désormais consommé en toutes saisons, il reste néanmoins tributaire des conditions météorologiques.
Le Bordeaux Rouge à la peine
Reste que les vins français sont toujours très prisés. Avec de sérieuses nuances. "Les ventes de Bordeaux Rouge ont encore baissé de 10 %, ce qui n'est pas neuf. C'est un marché compliqué alors que le Bordeaux Blanc se porte bien. Des vins du Sud de la France en ont profité ainsi que des vins européens", note Maxime Lebrun, acheteur vins chez Carrefour.
Des vins français deviennent toutefois impayables au fil du temps. "Certaines régions comme Chablis, la Bourgogne, le Maconnais et la Champagne ont subi ces dernières années des aléas climatiques tels que le gel, la grêle et le mildiou qui entraînent de grosses augmentations de prix", note Alain Renier, acheteur vins chez cora. "Si je veux acheter un bon chablis et que je le propose à son prix, je n'en vends pas".
Le prix, bien entendu, est un vecteur important pour le comportement du consommateur. Chez Carrefour, où la foire aux vins a débuté la semaine dernière, "nous constatons chez Market une augmentation des ventes en volume mais pour un prix moyen par bouteille en baisse", constate Maxime Lebrun.
Le vin rosé continue à séduire les consommateurs. S'il est désormais consommé en toutes saisons, il reste néanmoins tributaire des conditions météorologiques. "Nous avons constaté une belle progression du vin rosé jusqu'à fin juin", souligne Alain Renier. Ensuite, c'est une autre histoire : les fortes pluies des mois de juillet et d'août ont douché l'intérêt. A contrario, les ventes de rosé se sont envolées chez Colruyt à la veille du week-end de canicule des 9 et 10 septembre. Il n'en reste pas moins que le rosé est une valeur sûre : "il y en a de plus en plus dans nos rayons", ajoute Maxime Lebrun.
Le champagne attire moins
Dans le même temps, le rouge perd de sa superbe." Avant, c'était la majorité des ventes, poursuit-il. Désormais, c'est moins d'une bouteille sur deux". Il n'en reste pas moins que les grands crus enregistrent pour leur part de belles ventes. C'est 80 vins dans le folder hypermarché. "Nous touchons une clientèle différente avec cette offre, qu'il s'agisse de particuliers ou de restaurateurs qui constituent alors des stocks". C'est même 100 000 bouteilles de vins grands crus qui sont vendues chaque année chez Carrefour.
Le champagne, de son côté, perd aussi quelques fidèles dans la grande distribution. "Vu l'envolée des prix du champagne, il est logique que le client se tourne vers le Cava et le Prosecco", note Alain Pardoms. En promo 1+1, un champagne Vranken est à 22,45 euros la bouteille, contre 7,99 euros pour un Cava. Les grands gagnants sont, comme les années précédentes, le Cava, plus appréciés en Flandre et à Bruxelles, et le Prosecco, qui convainc proportionnellement plus de Wallons.
Chez cora, la Clairette de Die enregistre un joli succès. "La Clairette en demi-sec bénéficie d'accises plus favorables, ce qui la rend accessible à 6,95 euros. De plus, elle plaît beaucoup aux femmes", sourit Alain Renier. Il ne propose pas la version Brut, en raison cette fois d'accises normales qui alourdissent le prix au client.
Le vin en première page du prospectus de cora est le Château Labadie (8,89 euros en promo), dans l'assortiment depuis la nuit des temps. Une valeur sûre, donc. C'est aussi 90 nouveautés sur quelque 600 vins, dont deux vins originaires du Pérou. La nouveauté, c'est aussi du vin roumain chez Delhaize. "Chaque année, nous essayons d'avoir une nouveauté venant d'Europe de l'Est", remarque Christophe Bollyn, acheteur. De quoi séduire les consommateurs en quête de découverte mais aussi la communauté roumaine installée en Belgique.
