Drones, roquettes, missiles... le conflit israélo-palestinien renforce les industriels de l'armement en Bourse
Cyniquement, les investisseurs se tournent visiblement vers les industriels de l'armement. Une tendance déjà observée depuis la guerre en Ukraine.

- Publié le 09-10-2023 à 18h22
- Mis à jour le 09-10-2023 à 18h48

La guerre ne profite qu'aux marchands d'armes, pourrait-on dire, cyniquement. Difficile de donner tort à cette expression.
Depuis l'attaque du Hamas en Israël et la riposte de l'État hébreu ce week-end, les places boursières sont timides (les bourses européennes clôturent globalement dans le rouge), sauf en ce qui concerne le marché de l'armement. Si les décennies de cette guerre interminable et les tensions actuelles dans le monde entier, sans parler de la guerre en Ukraine, poussent depuis longtemps les actions des équipementiers et autres industriels de l'armement cotés en Bourse vers le haut, un nouveau bond global du secteur a eu lieu sur les marchés ce lundi.
Si l'on prend les principaux groupes européens, comme, notamment, Dassault, BAE Systems, Thales, Saab, Leonardo, Rheinmetall, tous affichent une hausse d'environ 5 % de leur titre en Bourse ce lundi.
Idem pour les groupes américains, comme Lockheed Martin (qui vend des avions F-35 à Israël, +7,30 % en début de séance), Raytheon Technologies (+4,30 %) ou encore Northrop Grumman, qui frôle pour sa part les 10 % de hausse à l'ouverture de Wall Street.
Notons qu'Israël, qui a lui-même une industrie de Défense forte, importe principalement son matériel des États-Unis, et peu d'Europe. Mais les interconnexions grandissantes entre les différents pays et la course globale à l'armement ont des répercussions indirectes sur toutes les industries.
Drones et roquettes
Du côté palestinien, si le Hamas ne se fournit pas auprès des groupes industriels cités, il est soutenu par l'Iran, qui est l'unique pays clairement identifié comme fournisseur d'armements – dont des roquettes – et de fonds. Du côté des organisations non étatiques, le Hezbollah libanais est également cité parmi les fournisseurs probables. La Russie, qui fait partie des pays qui entretiennent des relations avec le Hamas et ne le considèrent pas comme organisation terroriste, a un rôle flou qui devra être éclairci. Elle n'est quoi qu'il en soit pas reconnue comme fournisseur d'armes.
Mais le Hamas a également une capacité de production d'armement, dont le drone Shebab, capable de transporter une trentaine de kilogrammes d'explosifs sur plus de 200 kilomètres. Des vidéos récemment publiées par le groupe et relayées par le site spécialisé MilitaryLeak montrent également des tests d'autres drones, ainsi que la modernisation et réutilisation d'équipements soviétiques de lancement de roquettes et de missiles sol-air.
En juin dernier, les "brigades Al-Qassam", du nom d'un ancien leader nationaliste islamiste, considérées comme terroristes, ont même organisé une "visite" de leurs armements pour la population sur la bande de Gaza.
Enfin, les attaques par parapentes motorisés et autres formes de guérilla montrent que les conflits armés prennent différentes allures, moins conventionnelles, et certains producteurs de matériel en tirent certainement profit.
