Nouvelle taxe douanière pour les colis Shein et Temu : "Un milliard d'euros de droits d'importation supplémentaire"
Tous les colis importés de pays non-européens vers le Vieux Continent devront prochainement être soumis à des "frais de traitement", soit une nouvelle taxe douanière ciblant les plateformes d'e-commerce comme Shein, Temu ou même Amazon.

- Publié le 05-02-2025 à 12h51
- Mis à jour le 05-02-2025 à 13h14

La Commission européenne affirme vouloir taxer tous les colis issus de l'e-commerce importés sur son territoire. Actuellement, seuls les colis d'une valeur supérieure à 150 euros sont soumis à des droits d'importation. Mais la Commission entend changer le système, alors que 97 % de tous les colis qui passent la douane européenne ne sont actuellement pas concernés par la moindre taxation. "Quand ce seuil de 150 euros sera supprimé, on estime à 1 milliard d'euro supplémentaire les taxes collectées sur les droits d'importation. Cela contribuera au travail des autorités douanières", a expliqué l'autorité européenne lors d'une conférence de presse.
Qu'ils soient vendus via Temu, Shein ou Amazon, tous les colis, sans exception, seront donc prochainement soumis à des "frais de traitement". Ces mêmes frais devraient financer des contrôles douaniers renforcés contre les produits illégaux. "Les services des douanes sont submergés par des millions de petits colis importés chaque jour en Europe, en provenance essentiellement de Chine. Certains ne respectent pas les normes européennes ou représentent un danger pour le consommateur. Les sommes collectées permettront de faire face aux coûts croissants des contrôles", indique la Commission.
Aucune information concrète concernant cette taxation n'a été dévoilée. Ni son montant, ni le timing de son application. "Cette taxe est une proposition, une suggestion. C'est donc le début de la procédure, nous ne venons pas avec des propositions concrètes. Le sujet doit être débattu avec le Parlement européen et avec les États membres", affirme, en effet, la Commission.
Ces annoncent interviennent alors que les services postaux américains (USPS) ont déclaré mardi qu'ils n'accepteraient plus de façon "temporaire" et "jusqu'à nouvel ordre" les colis en provenance de Chine continentale et de Hong Kong. La Commission a toutefois souligné qu'il n'y avait eu aucune coordination avec Washington, malgré le contexte commun de tensions commerciales croissantes avec la Chine.
Plusieurs enquêtes visent Temu et Shein
La Commission précise, aussi, enquêter sur les plateformes qui ne respectent pas les législations européennes. En ligne de mire : le textile. "Il faut être attentif aux risques que l'e-commerce implique. La majorité des produits vendus ne respectent pas les normes de sécurité européennes. On ne peut pas ignorer les risques que cela représente pour les Européens", explique la Commission. Alors qu'elle annonce le lancement d'une enquête contre le vendeur de vêtements en ligne Shein, soupçonné de ne pas respecter le droit européen sur la protection des consommateurs.
En cas de violations avérées, Shein pourrait se voir infliger des amendes par les régulateurs nationaux. Temu, site d'e-commerce également d'origine chinoise, est également dans le collimateur des autorités européennes pour des motifs similaires. Fin octobre, la Commission avait ouvert une enquête contre cette plateforme soupçonnée d'agir insuffisamment contre la vente de produits illégaux, potentiellement dangereux.
La Commission affirme également se préoccuper de la concurrence déloyale que créent ces plateformes étrangères, ainsi que de leur empreinte écologique. "Nous savons que l'empreinte écologique de ces produits est catastrophique. Il y a un sentiment d'urgence. Nous voulons, notamment, nous attaquer au traitement des déchets et à la durabilité du textile", conclut-elle, sans pour autant proposer des mesures concrètes pour améliorer la situation.
