"Les voitures hybrides rechargeables, c'est le pire des deux mondes"
Le CEO d'Electra Belgique, Louis-Charles Mosseray, se montre critique sur les voitures hybrides, et donne sa vision par rapport à l'électrification du territoire. Un partenariat avec Tesla ? Pas pour le moment, semble-t-il.

- Publié le 28-05-2025 à 11h16
- Mis à jour le 02-06-2025 à 10h36

Les voitures hybrides rechargeables ? "Très peu pour moi", pourrait-on faire dire à Louis-Charles Mosseray, CEO d'Electra Benelux, qui installe des bornes électriques en Belgique et participe à son niveau à l'électrification du parc automobile. Mais avant de s'attarder sur ce point, revenons sur le parcours de l'entreprise.
Fondée en 2021 en France, Electra s'est rapidement démarquée en proposant une recharge ultra-rapide – environ 20 minutes pour "faire le plein" d'un véhicule électrique. "La lenteur de la recharge est aujourd'hui l'un des freins principaux à l'adoption des véhicules électriques", rappelle Louis-Charles Mosseray, invité du Mag Eco sur LN24 (retrouvez l'interview dans son intégralité ci-dessus). Installées dans des lieux de passage stratégiques – comme Delhaize, Burger King ou Quick – les bornes Electra permettent de recharger pendant qu'on mange un morceau. "Le concept est simple : en 20 minutes, on peut faire le plein."
"Il y a plus de 17 000 bornes en Flandre contre environ 2 790 en Wallonie."
C'est en observant cette dynamique depuis Paris que Louis-Charles Mosseray a décidé de contacter les fondateurs. "À l'été 2022, j'ai lancé la filiale belge". Depuis, l'expansion est rapide : "Nous avons actuellement une centaine de stations rapides dans le pays. Cela fait de nous le numéro un en nombre de stations". Avec environ 600 points de charge actifs, Electra veut donc s'imposer comme un acteur important de l'électrification du territoire.
Mais la carte de la mobilité électrique belge reste contrastée. "Il y a plus de 17 000 bornes en Flandre contre environ 2 790 en Wallonie", déplore Mosseray. En cause ? Des politiques d'infrastructure inégalement structurées. "La Flandre a anticipé en lançant plus tôt des appels d'offres et en mettant du foncier public à disposition des acteurs privés comme nous. En Wallonie, ces concessions n'ont pas encore été structurées". Mais les dossiers sont sur la table.
Voitures de société controversées, mais bonnes pour le business
Sur le plan européen, la Belgique tire son épingle du jeu. "Environ 40 % des nouvelles voitures vendues en Belgique sont électriques. C'est bien plus qu'en France", lâche-t-il. Un chiffre porté notamment par les voitures de société. Un levier jugé efficace par le patron, même si l'avenir de celles-ci pourrait être remis en question: "Si cette politique évolue, ça pourrait avoir un impact, mais pour l'instant, c'est un levier efficace de conversion du parc automobile", avance-t-il, confiant.
"Nous n'avons pas de partenariat spécifique avec Tesla. Ils ont plutôt un écosystème fermé avec leurs bornes"
En revanche, les véhicules hybrides rechargeables (plug-in hybrides) trouvent peu de grâce à ses yeux: "Les hybrides rechargeables, c'est un peu le pire des deux mondes. Ce sont des véhicules thermiques avec une batterie en plus, ce qui les rend plus lourds et parfois plus gourmands en essence". Il ironise : "C'est comme vouloir passer de la lettre au mail en passant d'abord par le fax". Cette "volonté de créer une étape pour passer du thermique à l'électrique n'a pas vraiment de sens", insiste-t-il.
Des investissements lourds
Installer une station de recharge rapide coûte cher – "entre 60 000 et 80 000 euros par borne, et autour d'un demi-million d'euros pour une station complète" – mais le dirigeant assume ces investissements à long terme. Et il reste serein face aux innovations technologiques qui pourraient disrupter son business.
Quant à la concurrence des bornes privées, il ne s'inquiète pas : "Tout le monde n'a pas la possibilité de recharger chez soi, tout comme tout le monde n'a pas la possibilité d'avoir une station essence à domicile". Même lui, avoue-t-il, utilise parfois des bornes publiques en complément de sa borne personnelle.
Pas de partenariat avec Tesla
Electra n'envisage pas de partenariat immédiat avec Tesla, l'entreprise d'Elon Musk, pour le moment. "Quand Tesla a annoncé des licenciements l'an dernier, on a accueilli plusieurs de leurs talents. Nous n'avons pas de partenariat spécifique avec eux. Ils ont plutôt un écosystème fermé avec leurs bornes. En revanche, on vient de lancer une alliance avec Fastned, Ionity et Atlante pour renforcer notre réseau en Europe (lancée le 2 avril dernier, NdlR)", indique d'ailleurs Louis-Charles Mosseray.
Et au niveau de la concurrence de l'hydrogène ou des e-fuels ? Ce sont des options marginales selon lui. "Il y a actuellement 350 000 voitures électriques en Belgique, contre seulement 70 à 100 véhicules à hydrogène. Le marché va clairement vers l'électrique", lâche-t-il, confiant pour son business.
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