Leasing privé : pourquoi les Belges préfèrent encore acheter plutôt que louer
Les particuliers boudent la formule, qui ne manque pas, pourtant, d'avantages.

- Publié le 12-08-2025 à 08h28
- Mis à jour le 12-08-2025 à 08h29

C'est ainsi : le Belge préfère être propriétaire de son véhicule, qu'il soit neuf ou d'occasion, à moins bien entendu qu'il bénéficie d'une voiture de société.
Et pourtant, il pourrait lui aussi, à titre privé, opter pour le leasing de son auto : il la loue pendant une durée déterminée – souvent de 4 à 5 ans – pour une mensualité fixe – incluant les taxes et frais d'entretien –. Il peut en remettre les clés au terme du contrat ou l'acheter, à un prix convenu.
La formule, en soi attractive, ne convainc toutefois pas grand monde. Les estimations évoquaient en début d'année une vingtaine de milliers de contrats. Les chiffres récemment présentés par Renta, la fédération belge des loueurs de véhicules à court et long terme, sont encore plus modestes : 13 201 contrats de Private Lease au 31 mars 2025, d'une durée moyenne de 48 mois.
Sur les sept premiers mois de l'année, les particuliers ont immatriculé près de 120000 véhicules neufs, selon les dernières statistiques de la Fédération belge de l'Automobile et du Cycle (Febiac). C'est dire si les Belges restent frileux face à cette formule. "La croissance de ce marché est assez lent", reconnaît Stijn Blanckaert, directeur général de Renta. Aux Pays-Bas, c'est 250 000 contrats de Private Lease.
En soi, le leasing privé offre une tranquillité d'esprit "De l'entretien et des réparations au dépannage européen, nous gérons les services liés à l'utilisation de la voiture. De cette façon, vous évitez les dépenses imprévues que tout propriétaire de voiture peut connaître. De plus, vous n'avez à vous soucier de rien après la fin du contrat. Nous nous occupons de la vente de votre voiture", résume sur son site Hyundai Private Lease.

La couverture d'assurance en responsabilité civile (RC) est également incluse. Elle est identique pour tous pour un même véhicule, ce qui peut permettre au nouveau ou jeune conducteur d'éviter une prime élevée. Ce n'est pas négligeable.. Le particulier peut aussi bénéficier d'une omnium durant toute la durée du contrat, à charge de payer la franchise lorsqu'elle est due.
Quelles sont les voitures les plus populaires ? Elles varient énormément en fonction de la société de leasing, avec logiquement des voitures importées par D'Ieteren chez Volkswagen D'Ieteren Finance (VDFin), la VW Polo en tête. La Ford Puma domine le classement chez Ayvens. L'Opel Corsa est la plus populaire chez Directlease.
Entre 25 et 35 000 euros
"En général ce sont clairement les voitures du segment B qui sont les plus populaires (genre VW Polo, Citroën C3), avec en outre un grand nombre de SUV compacts dans ce segment (VW Taigo, T-Cross, Ford Puma, Dacia Sandero…)", analyse Stijn Blanckaert. "En deuxième lieu ce sont des véhicules crossover-SUV du segment C (Volvo XC40, Ford Kuga, Nissan Qashqai). De plus grands véhicules ne sont guère présents dans le marché du private lease. On remarque majoritairement la présence de voitures ayant des prix catalogues entre 25 000 et 35 000 euros".
"Vous conduisez toujours un véhicule neuf", rappelle Volkswagen d'Ieteren Finance, pointant l'un des avantages du leasing privé.
Bien sûr, rien ne vous empêche de revendre votre propre voiture après 4 et 5 ans, et d'en acheter une neuve dans la foulée. La différence, c'est que le prix que vous en obtiendrez ne sera peut-être pas celui que vous espérez : c'est la règle de l'offre et de la demande. Dans le cadre d'un leasing, vous n'avez pas à vous en préoccuper : c'est le loueur qui en assumera le risque.
Or, la valeur résiduelle d'un véhicule électrique peut fortement évoluer à la baisse avec l'arrivée de nouveaux modèles plus performants en termes d'autonomie notamment.
Ce n'est toutefois pas l'option des personnes souscrivant un private lease. Elles "continuent à privilégier les modèles essence en version hybride ou non, avec un total de 11 930 unités, soit 90,37 % des 13 201 voitures en leasing privé. Dans ce même segment, on dénombre encore 127 hybrides rechargeables (0,96 %) et 567 diesels (4,30 %)", souligne Renta. La part des véhicules électriques est d'un petit 4,23 %, alors qu'elle représente plus de 75 % des commandes B2B des sociétés de leasing.
Mensualités attrayantes
Les mensualités peuvent donc être attrayantes, à comparer donc avec les frais/taxes/assurances dus pour un véhicule personnel et à un crédit bancaire (4,19 % d'intérêt pour une voiture neuve sur 60 mois chez BNP Paribas Fortis).
L'une des raisons d'une mensualité attrayante est qu'elle limite souvent le kilométrage annuel à 10 000 kilomètres. Chez Directlease, c'est 340 euros par mois pour une location de 60 mois avec un tel kilométrage de pour une Fiat Grande Panda hybride et 390 euros pour la version électrique. C'est encore 399 euros pour une MG3.
Ces 10 000 kilomètres par an, c'est sans doute un peu peu. Il peut être adapté. Pour un kilométrage annuel de 15 000 kilomètres, la mensualité passe à 428 euros pour la Grande Panda électrique.
Il est aussi possible de pousser le kilométrage bien plus loin, jusqu'à 160 000 kilomètres pour les véhicules essence, hybride et électrique et même jusqu'à 180 000 kilomètres pour un diesel chez VDfin, par exemple.
La mensualité sera adaptée à la hausse car plus il y a des kilomètres au compteur, moins la valeur résiduelle est élevée.
Recours possible?
Et puis il y a le risque de devoir passer à la caisse si votre véhicule a quelques bobos au moment de sa restitution. "En fin de contrat, les dégâts sont évalués par une instance indépendante, en principe en présence du client. L'inspection se fait utilisant la "norme Renta", une norme créée par les membres de Renta et utilisée par ceux-ci afin de pouvoir déterminer ce qui est considéré comme un dégât ou comme de l'usure normale sur base de critères uniformes et objectifs", explique Stijn Blanckaert. "Après, c'est à chaque société de leasing de déterminer si ce dégât sera facturé au client et à quel montant. Les montants ne sont pas prédéfinis".
Que peut faire le client s'il n'est pas d'accord avec le résultat de l'inspection ? "Comme le contrôle se fait sur base d'une norme uniforme, la contestation ne devrait pas porter sur le fait qu'il s'agit d'un dégât ou non, mais seulement sur le montant facturé", précise le directeur général de Renta.