En difficultés, comment Ford veut se relancer sur le marché européen
L'Américain Jim Baumbick, nouveau président, aura la délicate mission de renouer avec le succès.

- Publié le 21-10-2025 à 17h19
- Mis à jour le 21-10-2025 à 17h26

Le constructeur américain Ford n'est pas au mieux de sa forme sur le Vieux Continent. Les plans de départ et de restructuration se sont succédé ces derniers temps. C'est même une véritable hémorragie dans son usine de Cologne, qui va se retrouver avec un effectif de 7 000 personnes contre 20 000 lorsque le site tournait à plein régime.
"En Europe, la demande de voitures électriques reste bien en deçà des prévisions de l'industrie", soulignait Ford Europe dans un communiqué publié mi-septembre, annonçant une énième saignée de ses effectifs. "Ford va donc faire passer la production de l'usine de Cologne à une seule équipe à partir de janvier 2026", ce qui entraînera les suppressions d'emplois.
Le talon d'Achille de l'usine de Cologne, c'est une production totalement consacrée aux véhicules électriques, qui peinent à tracer leur route en Europe.
Le modèle Explorer, fabriqué à Cologne, commence pourtant à trouver son public. Lancé voilà un an, il était au premier semestre à la 20e place des nouveaux modèles électriques. En août, il était cette fois à la 8e place.
Le retour de la Fiesta ?
Il n'en reste pas moins que Ford Europe avance sur des béquilles. Au printemps dernier, la maison mère avait injecté 4,4 milliards d'euros pour relancer sa filiale européenne.
"Ce soutien financier renforce notre transformation en Europe et nous permet de bâtir une offre plus solide sur le marché électrique, avait alors déclaré John Lawler, vice-président de Ford Motor Company. Pour assurer notre pérennité en Europe, nous devons rationaliser notre gouvernance, réduire nos coûts et maximiser notre efficacité".
Ford a en tout cas décidé d'envoyer un nouveau soldat sur le front européen. Jim Baumbick, vice-président du développement produit avancé, de la planification des cycles et des programmes, va en effet reprendre les rênes de l'entité européenne à partir du 1er novembre prochain.
C'est plutôt une bonne nouvelle pour l'avenir de Ford en Europe. Parmi ses principales missions figure "le développement de produits spécifiquement adaptés aux attentes des clients européens", selon le communiqué annonçant cette nomination.
De quoi relancer des petits modèles, comme la Fiesta, qui permettaient à Ford de faire du volume – 72 000 ventes en 2023, année de l'arrêt de sa production- ? Ce serait un nouveau virage alors que le constructeur américain avait au contraire décidé voilà quelques années de se recentrer sur les SUV pour justement mettre fin à la dispersion de ses cibles et se positionner dans un segment plus rentable ?
"Des produits d'excellence"
Le projet d'une Fiesta électrique a déjà affleuré voilà quelques mois. Elle serait logiquement fabriquée sur la même plateforme que la future Volkswagen Polo électrique, annoncée pour début 2026. Ford et Volkswagen collaborent en effet pour la production des véhicules électriques : les modèles Ford Explorer et Capri sont en effet construits sur les plateformes des Volkswagen ID.4 et ID.5.
Ce qui n'évolue pas, selon Ford, c'est la volonté d'"offrir des produits d'excellence et de qualité à ses clients du monde entier".
