La "voiture volante" de XPeng prête à prendre son envol
La Chine et le Moyen-Orient sont les deux marchés cibles pour ce véhicule pour personnes très fortunées.

- Publié le 05-02-2026 à 08h05
- Mis à jour le 05-02-2026 à 08h27

L'idée de départ était, en soi, assez simple : créer une voiture volante, à savoir une voiture qui roule comme une voiture et peut, le cas échéant, prendre son envol. "Nous pensions pouvoir tout combiner dans un seul produit", rappelle Alain Simon, un designer qui a justement rejoint le constructeur chinois XPeng pour travailler sur "la voiture volante". "Quand j'en ai entendu parler, j'ai voulu participer à ce projet formidable."
Las, le projet de voiture volante a dû se confronter à la réalité. "Pour voler, le plus important, c'est le poids. Cela doit être le plus léger possible", poursuit-il, ce qui n'était pas vraiment le cas avec la voiture volante telle qu'espéré. "En soi, le projet était possible, mais l'autonomie de vol était de trois minutes". En cause, tout le poids des systèmes de sécurité, de la batterie, des roues,… indispensables sur la route, mais "dont on n'a pas besoin pour voler".

XPeng a donc dû revoir ses ambitions. La voiture volante est devenue une voiture qui transporte un véhicule pour deux personnes pouvant voler.
"La voiture a 2 mètres de large, 2 mètres de haut et 5,5 mètres de. longueur, soit le maximum autorisé en Chine pour pouvoir la conduire avec un permis normal. Elle peut se garer dans un emplacement de parking classique". Le véhicule volant est intégré dans le coffre de la voiture, qui le dépose à l'arrêt sans intervention humaine.

La voiture permet donc de se rendre dans l'endroit où le véhicule volant pourra prendre l'air. "Légalement, il n'est pas possible de conduire la voiture sans le véhicule volant". La disposition des six roues de la voiture, dont 4 en dessous du coffre, est justement déterminée par la répartition du poids en pleine charge.
Voiture et borne de recharge
Et puis, la voiture fait aussi office de borne de recharge. "On ne parle pas d'autonomie ou de distance mais plutôt de minutes de vol. Il faut compter dans les quinze minutes de vol après quoi le véhicule se pose sur la voiture et se recharge. Il est possible de le recharger à cinq reprises", remarque Alain Simon, présent à Bruxelles lors du récent Salon de l'Auto. "La Flying car", par contre, n'était pas exposée, comme l'année dernière, sur le stand de XPeng.
Voler avec cet appareil est apparemment un jeu d'enfants. "Le temps qu'il faut pour apprendre à le conduire est de 3 minutes. C'est quelque chose de très simple, parce que notre but, c'est vraiment de donner l'opportunité à quiconque de voler".
Cela ne veut pas pour autant dire que l'on peut faire tout et n'importe quoi. Le pilote devra s'identifier et obtenir l'autorisation de s'envoler, à la verticale, comme un hélicoptère. Le poids des passagers sera également limité.
Le pilote a le choix : prendre la main ou introduire son plan de vol, que le véhicule suivra en mode autonome. Ou opter pour l'un et ensuite pour l'autre : il suffit d'appuyer sur un bouton pour s'envoler, prendre ensuite le contrôle et ensuite atterrir grâce à l'assistance de l'intelligence artificielle. "Atterrir reste délicat. C'est un peu comme si vous êtes sur de la glace, vous glissez en permanence".
Le plus amusant, sans doute, c'est de tenir le manche à balai ou plutôt le joystick. "Aller en haut, aller en bas, aller à gauche, aller à droite, tout ça, c'est très facile. Mais il y a constamment un système de sécurité qui scanne l'environnement et vérifie que vous restez en sécurité. L'ordinateur de bord vous empêchera de percuter un mur ou d'entrer en collision avec un arbre".
Lors d'un test volontairement "extrême", une des six hélices a explosé en plein vol. "Le pilote qui est à la manœuvre ne sait pas ce qui se passe. Dans la demi-seconde, le système automatique du véhicule s'est mis en marche de manière complètement automatisée et a rétabli l'angle et l'équilibre. Il a ensuite atterri tout seul."
Le X2 ne pourra dépasser les 500 mètres d'altitude. "Il pourrait aller plus haut, mais au-delà de 500 mètres, c'est réservé aux avions."
Quelle est en soi son utilité ? Ce n'est pas un véritable objet de mobilité, car il doit revenir rapidement à sa "base". "Nous ne parlons pas d'un véhicule de transport permettant d'aller du point A au point B. Nous parlons de transport en mode loisirs. C'est plus un outil de découverte du vol, du vol personnel. C'est un véhicule destiné à admirer le paysage et à vraiment apprécier l'expérience de voler."
XPeng prospecte deux marchés, la Chine et le Moyen-Orient. "La certification complète va arriver dans les prochains mois en Chine", assure le designer de XPeng. Le produit doit aussi être commercialisé au Moyen-Orient dans le courant de 2026.
Pour les plus fortunés
À 250 000 euros pièce, ce petit joujou ne s'adresse pas à tout le monde. "Notre public cible, ce sont des personnes fortunées qui veulent quelque chose d'autre, qui veulent se démarquer en achetant quelque chose de très différent leur permettant d'avoir une expérience unique. Le plaisir de voler reste quand même unique et vous n'avez pas besoin d'un pilote comme avec un hélicoptère. Il y a un énorme marché en Chine."
Quelque 7 000 "voitures volantes" ont été commandées à ce jour. La capacité de production annuelle peut atteindre les 10 000 unités pour ce véhicule.
"Ce produit nous permet de tester notre technologie et le marché", résume Alain Simon. "Nous travaillons aujourd'hui sur d'autres projets de véhicules qui pourront voler beaucoup plus longtemps. Nous travaillons sur cette nouvelle technologie qui permettra d'offrir une véritable mobilité. Nous savons pertinemment que dans les 20 ans qui vont arriver, il sera normal de voir des voitures volantes transporter des gens dans les airs".