Pourquoi Coxyde et La Panne ont-ils dû abandonner leur "paradis fiscal" alors que Knokke y échappe ?
L'additionnel à l'impôt des personnes physiques passe de 0 à 5% à Coxyde et La Panne. Une mesure justifiée par les multiples actions en justice, mais qui intervient dans un contexte de pénurie de jeunes résidents.

- Publié le 09-03-2026 à 15h14

L'exercice budgétaire 2026 aura sonné le glas du paradis fiscal de la Westkust. Fin de l'année dernière, Coxyde et La Panne ont abandonné leur taux de 0 % pour les additionnels à l'impôt des personnes physiques (IPP). Les deux entités côtières disposent désormais d'un taux de 5 %. Ce qui se traduit ipso facto par une hausse taxatoire pour les résidents domiciliés.
"Ce n'est pas une décision de volonté politique mais une nécessité juridique", assure Sander Loones (N-VA). Le député-bourgmestre N-VA de Coxyde évoque des frais juridiques de 700.000 € annuels pour l'entité. "Des personnes avec une résidence secondaire vont au tribunal car ils contestent le fait que les personnes domiciliées ne paient pas." Pour rappel, les propriétaires non domiciliés à la côte paient quant à eux une taxe de seconde résidence. À Ostende par exemple, comptez environ 1.000 € par an.
Selon le bourgmestre N-VA, ce taux de 5 % à l'IPP apporte suffisamment de "sécurité juridique", tout en restant sous la moyenne flamande. "On reste très attractifs pour les gens qui veulent investir et s'implanter."
Middelkerke, quant à elle, arbore un taux plus bas que ses voisines, à 3 %. De son côté, Knokke-Heist maintient son taux de 0 % à l'IPP, nous confirme l'échevin Piet De Groote. La commune huppée à la frontière zélandaise vient par ailleurs d'augmenter sa taxe sur les résidences secondaires (de 810€ à 990€, suivi par une indexation de 20€ par an).
"On manque de résidents fixes"
Outre ces avantages fiscaux pour les résidents domiciliés, les localités côtières font face à un manque de sang neuf et à un vieillissement démographique, déplorent les pouvoirs locaux. Avec des prix de l'immobilier propulsés par les vacanciers et seconds résidents, conserver et attirer des travailleurs devient un véritable défi.
"Il devient difficile pour les gens d'ici de trouver un logement abordable et de qualité. Il y a une pression", pointe John Crombez (Vooruit), nouveau bourgmestre d'Ostende. "On manque de résidents fixes. Si les touristes veulent venir ici manger une gaufre, il faut quelqu'un pour faire les gaufres. On a des établissements Horeca qui ferment car ils ne trouvent plus de personnel. Chez les pompiers et la police, c'est aussi très difficile. Par exemple, les pompiers doivent habiter à 7 minutes de la caserne. Mais il est bien difficile de trouver des personnes dans ces conditions", développe Sander Loones.
Pour combler ce vide, ces communes entendent construire des logements pour locaux. À Coxyde par exemple, des logements seront créés près de l'église Saint-Pierre au niveau du parc à conteneurs, qui sera déplacé. "On veut créer du logement pour les jeunes qui viennent habiter dans la commune mais aussi pour les militaires de la base toute proche."
À Nieuport, une prime "jeune famille" de 11 000 € est octroyée aux moins de 35 ans qui achètent un bien. Un type d'incitant qu'on retrouve ailleurs, comme à Middelkerke avec une prime de 3.000 € également.
À Ostende, la nouvelle majorité promet d'investir dans les logements sociaux sous cette mandature. "Mais on ne va pas limiter les résidences secondaires. En revanche, on veut limiter les locations de vacances et les AirBnb." Pour ce faire, une taxe a été introduite sur les locations et un enregistrement obligatoire va être d'application.
Sur la côte, l'âge moyen dépasse partout 50 ans, à l'exception d'Ostende (46,9 ans) et Bredene (46,2 ans). À titre de comparaison, cet âge moyen est de 39,5 ans à Gand, 44,6 ans à Hasselt et 38,5 ans à Anvers.
