Gaz et électricité : faut-il opter pour un contrat fixe ou variable ?
Les fournisseurs proposent, à nouveau, des contrats fixes. Mais à quel prix ?
- Publié le 21-09-2023 à 08h15
- Mis à jour le 27-09-2023 à 11h32

La crise énergétique a bouleversé le marché de la fourniture de gaz et d'électricité. Au plus fort de la crise, il n'était plus possible de signer un nouveau contrat fixe, tant pour le gaz que pour l'électricité. Mais les choses se sont peu à peu calmées par la suite, et de nombreux fournisseurs proposent, à nouveau, des offres fixes. Faut-il se laisser tenter ? Décryptage.
Pour résumer, on peut dire que le fixe est plus cher que le variable, mais qu'il a l'avantage de mettre le consommateur à l'abri d'une éventuelle flambée des prix. "C'est un choix que doit poser le consommateur, nous explique Laurent Jacquet, directeur prix à la Creg, le régulateur fédéral de l'énergie. Veut-il payer plus cher et être tranquille ou préfère-t-il payer moins cher et s'exposer à un tarif qui peut monter".
Le fixe constitue donc une sorte de prime d'assurance, contre le risque de flambée des prix. Mais combien coûte cette assurance ? C'est assez simple à calculer. En électricité, le contrat fixe le plus intéressant coûte actuellement 178 euros de plus que le contrat variable le plus intéressant (en Wallonie, sur une base annuelle).

En gaz, le contrat fixe le plus intéressant coûte actuellement 294 euros de plus que le contrat variable le plus intéressant (toujours en Wallonie, sur une base annuelle). En combinant les deux énergies, un consommateur wallon peut donc économiser 472 euros par an, en optant pour un tarif variable plutôt que fixe. À Bruxelles, l'écart entre le fixe et le variable est plutôt de 400 euros, contre ... 527 euros en Flandre.

Ces chiffres sont issus de l'Aperçu des produits d'énergie les moins chers, disponible sur le site de la Creg. Le régulateur met à jour, chaque mois, le classement des meilleurs contrats proposés par les fournisseurs : en Flandre, en Wallonie, à Bruxelles ; en fixe et en variable. "Pour les contrats variables, il s'agit d'une estimation, précise Laurent jacquet. On tient compte des prix futurs du gaz et de l'électricité, sur la base de ce qu'on sait aujourd'hui".
Est-il trop tard pour le fixe ?
Le mois dernier, de nombreux médias ont alerté sur le fait qu'il pourrait être opportun de signer un contrat fixe avant le 31 août, pour bloquer son tarif avant la remontée des prix. Néanmoins, les prix ont très peu augmenté, entre août et septembre. Ainsi, en Wallonie, le meilleur contrat fixe de septembre ne coûte que 1 euro de plus qu'au mois d'août. Pour ceux qui sont intéressés par un tarif fixe, le fait de signer en septembre, plutôt qu'en août, ne change donc quasiment rien. "Force est de constater que les prix ont eu tendance à se stabiliser, ajoute Laurent Jacquet. Il y a, à nouveau, de la concurrence entre les fournisseurs sur le fixe. Ils s'observent, c'est positif comme évolution".
Par ailleurs, le consommateur souhaitant opter pour un tarif variable prendrait-il un gros grand risque ? À l'heure actuelle, Laurent Jacquet ne voit pas "d'éléments majeurs sur le marché du gaz" qui pourraient faire flamber les prix. Ce qui plaide, si on lit entre les lignes, en faveur du contrat variable. "Mais cela peut arriver, une mauvaise nouvelle", nuance aussitôt Laurent Jacquet.
Quelles sont ces éventuelles mauvaises nouvelles qui pourraient faire monter les prix ? La Russie pourrait décider de stopper complètement ses livraisons de gaz via l'Ukraine ou ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) par bateaux. En outre, récemment, les prix européens du gaz ont augmenté, en raison d'une grève sur un site australien d'exploitation de GNL. Mais, depuis lors, les prix du gaz sont redescendus. Une forte reprise économique en Chine pourrait aussi faire monter les prix sur le Vieux Continent. On sait que l'Asie et l'Europe pourraient se concurrencer, en vue d'attirer du GNL sur leur propre territoire.
Pour rappel, les prix du gaz ont également un impact sur les prix de l'électricité. Le consommateur d'électricité, qui opte pour un tarif variable, doit donc aussi s'intéresser au marché du gaz.
Quid de Test-Achats ?
En partenariat avec le fournisseur Mega, Test-Achats a lancé une offre de contrats d'électricité et de gaz. Est-ce intéressant ? "Les offres avec ristournes sont intéressantes pour les prix variables, commente Laurent Jacquet. Par contre, leurs offres à prix fixes sont parmi les plus chères du marché". En outre, il vaut mieux rester au moins un an. "La ristourne est appliquée dans la facture de décompte qui suit l'année de livraison", précise Laurent Jacquet.
Comment changer de fournisseur ?
Si vous désirez changer de fournisseur, les démarches sont relativement simples. C'est généralement le nouveau fournisseur qui s'occupe du transfert, après signature du nouveau contrat. Selon la Creg, l'ensemble de la procédure prend en moyenne quatre semaines. Le préavis à respecter chez l'ancien fournisseur ayant aussi une durée d'un mois, il ne vous en coûtera rien du tout.
