Fraudes en ligne : "On se dit que les victimes seront plus alertes et que ça compliquera la tâche des fraudeurs. Mais ce n'est hélas pas le cas"
Le service Ombudsfin a constaté une hausse de 7 % du nombre de plaintes par rapport à de la fraude en ligne.

- Publié le 13-05-2024 à 13h37
- Mis à jour le 13-05-2024 à 16h10

Plus d'une plainte sur deux pour fraude traitée par Ombudsfin concerne la fraude en ligne. En 2023, les premières victimes de ces fraudes restent les consommateurs. En effet, selon un rapport du service de médiation des services financiers, 99 % des plaintes traitées et clôturées par le service proviennent de consommateurs. 1 % seulement est issu d'entreprises, mais ce faible pourcentage illustre paradoxalement une "explosion des cas de fraudes en ligne" concernant les entreprises, explique l'ombudsman (médiateur pour les plaintes) Jean Cattaruzza.
Les entreprises de plus en plus victimes
Ombudsfin a reçu 8 371 demandes en 2023, soit une augmentation de 7,3 % par rapport à 2022, a indiqué le service dans un communiqué de presse. "Cette hausse de 7 % est moindre que ce qu'on a constaté les années précédentes. Ce n'est pas une année où l'on observe une explosion des cas, ni une année où on a constaté une nouvelle thématique qui expliquerait cette hausse. Cette croissance vient du nombre de plaintes pour fraudes qui continue de croître", affirme l'ombudsman Jean Cattaruzza. Parmi ces plaintes, 2 260 ont été jugées recevables. Pour qu'il en soit ainsi, les plaintes doivent être incluses dans les matières traitées par Ombudsfin, et être d'abord adressées à la banque du consommateur ou de l'entreprise avant d'être adressée au service de médiation.
Sur les plus de deux milles dossiers traités et clôturés en 2023, 27 concernaient des entreprises. "On reçoit de plus en plus de demandes introduites par des entreprises. Le problème, c'est qu'elles concernent souvent des matières pour lesquelles on n'est malheureusement pas compétents pour agir", regrette Jean Cattaruzza. Ces matières concernent surtout la fraude en ligne et des cessations des relations bancaires des entreprises, et doivent être considérées par Ombudsfin comme "non recevables". Il ajoute que ces PME ne peuvent pas actuellement se tourner vers d'autres services de médiation. "On va devoir faire évoluer notre expertise pour pouvoir répondre aux besoins des entreprises. Le but n'est pas qu'une multinationale puisse se tourner vers nous, mais qu'on puisse répondre aux demandes des petites et moyennes entreprises."
Côté consommateur, la grande majorité de ces dossiers concerne des tentatives de phishing (technique frauduleuse destinée à leurrer l'internaute pour l'inciter à communiquer des données personnelles) avec 861 plaintes jugées recevables, tandis que les arnaques ont fait l'objet de 149 plaintes recevables. Cinquante-neuf dossiers relatifs à une fraude à l'investissement ont également été recensés. "On constate que les fraudeurs se professionnalisent. Ils imitent beaucoup mieux les logos d'entreprises, ne commettent plus de fautes grammaticales ou encore utilisent des moyens très convaincants", observe Jean Cattaruzza, ajoutant que ces fraudes en ligne concernent tout un chacun. "Chaque année on se dit que les consommateurs qui se font avoir seront plus alertes et que ça compliquera la tâche des fraudeurs. Mais ce n'est hélas pas le cas."
