"L'écart de coût salarial industriel entre la Belgique et ses pays voisins est très préoccupant"
Le pays est leader européen pour le coût salarial horaire dans l'industrie manufacturière.

- Publié le 16-05-2024 à 13h08
- Mis à jour le 16-05-2024 à 15h14
La fermeture de Caterpillar, le dépôt de bilan de Van Hool ou encore les problèmes récents chez Audi Brussels : toutes ces entreprises ont rencontré des difficultés à garder une activité industrielle productive en Belgique. En cause ? "Des coûts salariaux supérieurs à ce qui est pratiqué ailleurs", estime un rapport de l'IESEG School of Management signé par Eric Dor.
Leader européen malgré elle
La Belgique est leader européen en matière de coût salarial horaire dans l'industrie manufacturière. Cette valeur a en effet "dépassé, en 2023, son équivalent mesuré chez tous les autres pays de l'union européenne", affirme le rapport. À 52,5 euros de l'heure, le coût salarial de l'industrie manufacturière de la Belgique est maintenant le plus élevé de toute l'Union européenne, devant l'Allemagne (46,2 euros), les Pays-Bas (44,3 euros) et la France (40,6 euros).
Concrètement, le coût salarial reprend le salaire brut, les cotisations patronales et sociales, le précompte professionnel et d'autres avantages extralégaux. "L'écart de coût salarial industriel entre la Belgique et ses pays voisins est très préoccupant car ce sont des concurrents directs", regrette l'IESEG School of Management.
La situation ne laisse pas de doute, la Belgique est moins attrayante que ses voisins européens pour les industries manufacturières. "Les entreprises réexaminent en permanence la répartition de la localisation de leur production entre les différents pays, en fonction d'une série de critères dont le coût salarial. Garder une production industrielle en Belgique nécessite de compenser le niveau supérieur des coûts salariaux par une forte croissance de la productivité basée sur une forte robotisation, ce qui réduit l'emploi, et sur des avantages fiscaux très onéreux pour les finances publiques", examine Eric Dor dans le rapport, ajoutant que "les coûts salariaux relativement élevés de la Belgique ont été, depuis longtemps, un obstacle à la localisation et la croissance d'activités industrielles sur le territoire du pays".
Le rapport ajoute également que la part de l'industrie manufacturière dans la valeur ajoutée brute totale de la Belgique a diminué tendanciellement, de 20,6 % en 1997 à 13,2 % en 2023.