10 tuyaux pour ne plus épargner idiot: le crowdfunding (7/10)
En français, crowdfunding signifie : "financement participatif". Il consiste à collecter des fonds auprès d'une communauté d'investisseurs (parfois de donateurs) pour financer des projets.
- Publié le 23-10-2016 à 11h09
- Mis à jour le 23-10-2016 à 11h11

Certaines sont classiques (Bourse, sicav, obligations, assurance…), d'autres connaissent un succès croissant (immobilier papier), alors que de nouvelles propositions, parfois inattendues, ont pris leur essor, en particulier depuis la crise financière de 2007-2008. On parle des sociétés immobilières, mais aussi du "crowdfunding", du "crowdlending" ou encore d'éthique et d'investissement direct dans l'énergie verte…
Confiance et prise de risque
La palette de l'épargnant s'est donc sensiblement élargie, ces dernières années, et le risque qu'il encourt est forcément de plus en plus présent. En a-t-il conscience ? La recherche d'un rendement meilleur ne risque-t-il pas de le conduire en territoire dangereux ? Là où l'information devient publicité, où la transparence devient opaque et où l'attrait du gain se reflète parfois dans un miroir aux alouettes.
De très nombreux épargnants ont fini par perdre leurs repères au lendemain de la déconfiture des banques, Fortis notamment. Que vaut encore, depuis, le statut de placement de "bon père de famille" ? Peut-on encore avoir confiance dans un système qui a démontré, il y a moins de dix ans, qu'il était capable de s'effondrer. Et que vaut encore la garantie infaillible d'un Etat qui emprunte, après le feuilleton de la crise grecque ? Finalement, le compte d'épargne est une solution de repli raisonnable, mais provisoire. Reste que l'argent n'est pas fait pour être accumulé. Il est destiné à faire tourner une machine économique dans laquelle chacun a son rôle à jouer, investisseur ou consommateur, car l'argent qui dort est de l'argent mort. La solution est donc peut-être de glisser une petite dose de risque dans son bas de laine.
Crowdfunding 45 % - Via le tax shelter, l'investissement en crowdfundingpermet une économie d'impôt qui peut atteindre30 à 45 % du montant investi.
De quoi parle-t-on ?
En français, crowdfunding signifie : "financement participatif". Il consiste à collecter des fonds auprès d'une communauté d'investisseurs (parfois de donateurs) pour financer des projets : des donations, des microcrédits, le lancement de start-up, le lancement de projets artistiques (comme des livres ou des morceaux de musique), le développement d'entreprises existantes. Les plateformes de crowdfunding sont connues surtout pour récolter des fonds sous forme de capital. Les sommes investies commencent à des niveaux très faibles. Quelques exemples de plateformes en Belgique : MyMicroInvest , Raizers , Crowd'In , Bolero …
Quel risque ?
Nous sommes ici dans des projets très risqués car ce sont souvent des start-up qui sont financées par le crowdfunding. Dans le capital à risque, les taux de défaut peuvent être élevés. Il n'y a pas de cadre de protection juridique pour l'épargnant. Il s'agit donc d'un investissement qui ne peut se concevoir que dans le cadre d'une diversification d'un portefeuille actif avec une vision à long terme.
La liquidité ?
La liquidité de ce placement est très faible. Il est difficile de revendre ses parts. Il faut donc bien analyser les modalités de sortie. Il faut aussi veiller aux frais qui sont prélevés. La sortie est souvent prévue en fonction de la revente du projet sur base d'un multiple, il n'y a donc pas toujours de rendement intermédiaire. Il faut s'intéresser aussi à la gestion des projets post-investissement.
Quel régime fiscal ?
Dans ce genre de placement, il ne faut pas trop compter sur des dividendes. On espère en sortir avec une plus-value qui n'est pas taxée. A noter que ce type d'investissement bénéficie d'avantages fiscaux via le tax shelter qui permet de bénéficier d'une réduction d'impôt allant de 30 % du montant investi pour les PME à 45 % du montant investi pour les microsociétés. Ces sociétés doivent cependant avoir moins de quatre ans d'existence et les investissements ne peuvent pas se faire par leurs dirigeants. Il est essentiel de vérifier si l'avantage fiscal est acquis.
Recommandation ?
Par le crowdfunding, on entre surtout dans des projets très jeunes, sans échéance pour le remboursement. Et risque il y a… Le rendement est aléatoire. Le crowdfunding peut, sans aucun doute, provoquer un enthousiasme pour certains projets mais il faut, en tant qu'investisseur, savoir aussi discerner et diversifier ses investissements. Il faut aussi bien veiller à la qualité de l'information fournie : structure des coûts, structure de financement, prospectus, modalités des frais…
Exemple : MyMicroInvest propose de financer le projet de voitures électriques partagées à Bruxelles (Zen Car) et a déjà récolté près de 2 millions d'euros. Bolero a financé pour 230 000 euros Hof ten Dormaal, une microbrasserie…