Obama justifie l'engagement des USA en Libye, promet un effacement rapide
Le président Barack Obama a justifié l'engagement américain en Libye tout en promettant que les Etats-Unis s'effaceraient rapidement au profit d'un commandement international, dont la structure sera selon lui clarifiée dans les prochains jours.
- Publié le 23-03-2011 à 05h28

M. Obama, qui devait quitter le Salvador en début d'après-midi mercredi pour Washington, partira deux heures plus tôt, car il doit participer en début de matinée à une téléconférence depuis San Salvador avec son équipe de sécurité nationale.
Ces consultations sont quotidiennes depuis le début de la tournée, entamée samedi par le Brésil et poursuivie lundi par le Chili. De même, M. Obama s'est entretenu de la Libye depuis son avion Air Force One mardi matin avec le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron.
La téléconférence de mercredi matin pose, selon la Maison Blanche, un problème de logistique: M. Obama, qui voyage en famille, n'aura pas le temps de se rendre sur un site maya comme initialement prévu.
En revanche, M. Obama a pris le temps de se rendre sur la tombe du martyr de la guerre civile salvadorienne Oscar Romero. Grave, il s'est recueilli un instant devant la sépulture, dans une crypte de la cathédrale de San Salvador. Mardi soir, lors du dîner donné en son honneur au palais national, M. Obama a affirmé que Mgr Romero "reste un motif d'inspiration pour les gens du monde entier".
"Il y a peu de meilleurs exemples des opportunités mais aussi des difficultés" auxquels font face les pays d'Amérique latine que le Salvador, a estimé M. Obama lors de sa conférence de presse, en annonçant de nouveaux partenariats régionaux pour stimuler la croissance de l'Amérique centrale et lutter contre le trafic de drogue.
L'immigration - deux millions de Salvadoriens vivent aux Etats-Unis - est aussi venue sur la table, M. Obama s'engageant, comme la veille à Santiago du Chili, à une "réforme complète du système d'immigration" aux Etats-Unis. Mais il s'est jusqu'ici heurté à l'hostilité des républicains, à même de bloquer ces lois au Congrès.
Le président américain a également annoncé l'apport de 200 millions de dollars pour améliorer la sécurité en Amérique centrale, minée par des gangs nés dans les années 1980 dans les quartiers "latinos" de Los Angeles.
Ces annonces sont toutefois quelque peu passées au second plan, le président étant surtout interrogé sur la Libye.
Estimant qu'il était dans "l'intérêt national" des Etats-Unis de s'impliquer au Moyen-Orient, et particulièrement en Libye, M. Obama a noté les risques de déstabilisation de la région tout entière en cas d'afflux de réfugiés dans les pays voisins si la répression de l'insurrection se poursuivait.
Il a ajouté que les Etats-Unis allaient "sous peu" être en mesure de pouvoir déclarer que l'objectif de la zone d'exclusion aérienne a été atteint, et que l'armée américaine allait pouvoir se mettre en retrait.
"Je n'ai absolument aucun doute que nous allons être capables de transférer le contrôle" de l'opération à une coalition internationale en Libye, a-t-il poursuivi, disant penser "qu'au cours des prochains jours, la situation va se décanter et tous ceux qui participent à ce processus vont tomber d'accord".
D'ores et déjà, les Etats-Unis ont réduit de façon "significative" le nombre de survols de la Libye par leurs avions, a révélé M. Obama.
