Libye: "Nombre important" de victimes civiles dans des raids à l'est de Tripoli

Les raids de la coalition internationale sur la banlieue est de Tripoli mercredi soir ont "visé un quartier résidentiel", faisant un "nombre important de morts parmi les civils", a rapporté l'agence officielle libyenne Jana. "Les bombardements de l'agresseur colonialiste croisé dans la région de Tajoura à Tripoli ont pris pour cible un quartier résidentiel (...), faisant un nombre important de morts parmi les civils", a indiqué l'agence citant une source militaire.

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Libye: "Nombre important" de victimes civiles dans des raids à l'est de Tripoli
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Les raids de la coalition internationale sur la banlieue est de Tripoli mercredi soir ont "visé un quartier résidentiel", faisant un "nombre important de morts parmi les civils", a rapporté l'agence officielle libyenne Jana. "Les bombardements de l'agresseur colonialiste croisé dans la région de Tajoura à Tripoli ont pris pour cible un quartier résidentiel (...), faisant un nombre important de morts parmi les civils", a indiqué l'agence citant une source militaire.

L'agence avait indiqué qu'un "troisième bombardement" de la coalition a "pris pour cible les sauveteurs qui était à l'oeuvre pour extraire les morts et blessés suite aux deux premiers raids sur un quartier résidentiel de la région" de Tajoura.

Les sirènes d'ambulances étaient entendues mercredi soir depuis le centre de Tripoli et dans le quartier de Tajoura, selon des journalistes de l'AFP.

'Otan reste divisée sur la conduite des opérations

Les pays de l'Otan n'ont toujours pas réussi à se mettre d'accord mercredi pour prendre la responsabilité de la zone d'exclusion aérienne en Libye, alors que les Etats-Unis montrent des signes d'impatience face à l'impasse, ont indiqué à l'AFP des sources diplomatiques.

"Il n'y a pas eu d'accord et les discussions se poursuivent", a dit un diplomate après une nouvelle série de discussions entre les ambassadeurs des 28 pays de l'Otan.

Selon une autre source diplomatique, c'est la Turquie qui a bloqué. Ankara plaide pour que l'Alliance atlantique prenne le commandement de la zone aérienne, mais à condition que la coalition internationale créée à l'initiative de la France et de la Grande-Bretagne cesse au préalable ses bombardements sur le territoire libyen. Ce que Paris refuse.

La Turquie, qui dénonce les frappes aériennes et voit dans l'Otan un moyen de les éviter, "ne veut pas accepter une mission de l'Otan pendant qu'une autre coalition continue à fonctionner" en parallèle, a souligné la source diplomatique occidentale.

Selon cette source, les Etats-Unis commencent à s'impatienter face à l'incapacité des 28 pays de l'Alliance à se mettre d'accord. Washington souhaite pouvoir se mettre en retrait dans l'opération en Libye car le président Barack Obama fait face à de violentes critiques dans son pays à propos du rôle des Etats-Unis dans une opération à l'issue incertaine et menée de front avec l'Afghanistan et l'Irak.

Mais Washington ne peut en aucun cas accepter qu'un général américain réponde à une coalition non menée par les Etats-Unis, souligne le diplomate. Les discussions entre représentants des pays de l'Otan à Bruxelles devraient reprendre jeudi.

Des tractations parfois houleuses sont en cours depuis plusieurs jours pour déterminer la place exacte de l'Allianc dans le dispositif militaire en Libye, et notamment s'il convient de lui confier le commandement de la zone d'exclusion aérienne au-dessus du pays.

Les plans militaires en ce sens ont déjà été entérinés. Si le feu vert est donné, la coordination serait effectuée à partir de la base de l'Otan à Naples (sud de l'Italie), selon une source diplomatique française.

L'Otan a pour l'instant accepté de se charger de surveiller l'embargo sur les armes contre la Libye. Six navires de l'Alliance soutenus par l'aviation ont commencé à patrouiller en Méditerranée pour le mettre en oeuvre.

La France reste elle favorable à un rôle de soutien de l'Alliance atlantique en Libye, pas de "pilotage politique".

Après les raids menés principalement par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, dans une deuxième phase, "l'Otan interviendra comme l'outil de planification et de conduite opérationnelle des interventions" pour faire respecter la zone d'interdiction aérienne prévue par la résolution 1973 de l'ONU, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie française Alain Juppé.

"Ce n'est pas (elle) qui exercera le pilotage politique de l'opération", qui sera confié à un comité réunissant les ministres des Affaires étrangères des Etats - y compris arabes - participant à l'intervention, a-t-il précisé. Une réunion de ce "groupe de contact" est prévue mardi à Londres.

Les forces de la coalition internationale effectuaient mercredi des frappes aériennes en Libye contre les troupes au sol du colonel Mouammar Kadhafi, après avoir neutralisé son aviation militaire.

L'aviation libyenne "n'existe plus comme force de combat" après l'intervention de la coalition, a affirmé mercredi un haut gradé de la Royal Air Force, Greg Bagwell, cité par des médias britanniques. "En réalité, leur forces aériennes n'existent plus comme force de combat", a-t-il expliqué pendant une visite aux pilotes de la RAF sur la base de Gioia del Colle, dans le sud de l'Italie.

Les forces de la coalition effectuent des frappes aériennes contre les forces au sol du colonel Kadhafi, qui attaquent notamment les villes d'Ajdabiya, Misrata et Zawiyah, avait indiqué mardi le contre-amiral américain Gerard Hueber.

Adjoint du commandant opérationnel de la coalition, le contre-amiral Hueber a affirmé que les avions de la coalition "mettent la pression sur les forces au sol de Kadhafi qui menacent les villes". "Afin de protéger les populations civiles, en accord avec nos partenaires de la coalition, oui, nous nous en prenons aux forces de Kadhafi qui attaquent les centres de population et mettons la pression sur elles", a-t-il ajouté. Les combats faisaient rage mercredi dans plusieurs villes entre rebelles et partisans de Kadhafi au cinquième jour de l'intervention militaire internationale, selon les rebelles et des témoins.

Des combats secouent la ville clé d'Ajdabiya (Est), à 160 km au sud de Benghazi, le fief de l'insurrection. Les habitants fuient en masse la ville. L'un des résidents, Faraj, a affirmé que les combats l'ont empêché de revenir dans sa ville. "Il y avait des bombardements et nous avons vu des maisons en feu".

Une colonne de fumée s'élevait au-dessus de la ville, des bombardements et des tirs intermittents étaient entendus, a constaté un journaliste de l'AFP. "Ils sont en train de tirer des missiles Grad sur les maisons", a affirmé Hamed al-Qabaili, fuyant également Ajdabiya. Selon lui, les combats se produisaient aux entrées est et ouest de la ville, privée de gaz et d'electricité.

Plus à l'ouest, à Misrata (200 km à l'est de Tripoli), 17 personnes dont cinq enfants ont été tuées mardi par des snipers et des obus des forces pro-Kadhafi, selon un médecin de l'hôpital. "La journée d'hier a été catastrophique. Nous avons eu le sentiment que c'était la fin", a déclaré ce médecin. Lundi, 40 morts avaient été dénombrés dans cette ville, selon les rebelles. "Aujourd'hui c'est le soulagement. Les forces de la coalition ont mené mardi soir des raids intensifs sur des positions des bataillons de Kadhafi qui ont essuyé des pertes considérables", a indiqué un porte-parole des rebelles. A l'ouest, à Zenten, les combats continuaient mercredi. "Les forces loyales à Kadhafi tiraient ce matin en direction de Zenten avec des (lance-roquettes multiples) Grad depuis des positions situées au nord de la ville. J'ai entendu 25 tirs en une vingtaine de minutes", a indiqué un témoin.

A quelques dizaines de km au nord, à Yefren , "les forces de Kadhafi ont entrepris une offensive meurtrière lundi et mardi et les combats ont fait au moins 9 morts", selon un habitant.

Les avions de la coalition ont effectué 97 sorties au cours des 24 dernières heures, frappant des chars et des batteries anti-aériennes, ont annoncé les forces américaines.

Les frappes aériennes "continuent à cibler les centres de commandement, les systèmes de défense anti-aérien, et les chars", a déclaré le porte-parole. Les F-16 danois ont effectué leurs premières missions de bombardement en Libye au cours des dernières 24 heures.

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, s'est montré optimiste sur une issue rapide de la guerre: "ce sera une opération de courte durée".

Mais le secrétaire à la Défense américain Robert Gates a déclaré au Caire qu'il n'y avait pas de "calendrier" pour la fin des opérations. Mardi, le président américain Barack Obama avait indiqué que les Etats-Unis avaient réduit de façon "significative" le nombre de survols par leurs avions de la Libye.

Il a prévenu que Washington avait d'autres cartes que l'option militaire: "Nous avons mis en place de fortes sanctions internationales. Nous avons gelé ses avoirs. Nous continuerons à utiliser un vaste éventail de moyens de pression contre" Kadhafi.

Les pays de l'Union européenne sont parvenus à un accord de principe pour sanctionner le principal groupe pétrolier libyen, la compagnie nationale NOC. Paris et Washington ont annoncé mardi soir être parvenus à un accord sur la question du rôle de l'Otan dans le commandement des opérations.

Washington a évoqué un "rôle clef", expression non reprise par la présidence française. Six navires de l'Otan soutenus par l'aviation ont commencé à patrouiller au large de la Libye, a indiqué mercredi l'Alliance atlantique. L'Otan interviendra comme "outil de planification et de conduite opérationnelle" dans la mise en oeuvre d'une zone d'exclusion aérienne, a dit Alain Juppé.

La première réunion du groupe de contact sur la Libye, réunissant Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et les pays participants à l'opération, se tiendra mardi à Londres. Il s'agit de "bien marquer que le pilotage politique de l'opération, ce n'est pas l'Otan, c'est ce groupe de contact", a dit Alain Juppé.

Le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, fait face depuis le 15 février à une révolte qui a fait des centaines de morts et poussé plus de 300.000 personnes à fuir.

L'OTAN aura un "rôle technique", Kadhafi défie la coalition

Le dirigeant Mouammar Kadhafi défie la coalition internationale au 5è jour de son intervention en Libye où des affrontement sanglants (17 personnes ont été tuées mardi à Misrata par les forces de Kadhafi).

Lors de sa première apparition depuis le lancement de l'offensive, le colonel Kadhafi a affirmé, devant ses partisans rassemblés dans sa résidence-caserne de Tripoli, que son pays était "prêt pour la bataille, qu'elle soit longue ou courte".

"Nous allons gagner cette bataille", a-t-il assuré selon les images diffusées par la télévision libyenne.

Les forces de Moammar Kadhafi ont intensifié mercredi leur bombardement des positions de l'insurrection en périphérie d'Ajdabiya, ville stratégique au nord de Benghazi, le bastion de l'opposition dans l'est du pays. La ville de Zentane est la cible des bombardements des forces loyales à Kadhafi.

L'OTAN n'exercera pas "le pilotage politique" des opérations

Nous apprenions que l'Otan, déjà aux commandes en Afghanistan, s'apprêtait à jouer un rôle important pour coordonner l'intervention en Libye, au risque de lui donner une coloration encore plus occidentale et d'indisposer les pays arabes déjà peu pressés de s'y joindre.

Il n'en sera pas ainsi. La France souhaite que la coalition internationale engagée en Libye "continue d'assurer le pilotage politique" de l'intervention, l'OTAN ayant un "rôle technique", a expliqué mercredi le porte-parole du gouvernement François Baroin.

"Pour des raisons d'efficacité, nous souhaitons une structure de commandement unique pour organiser l'action de la coalition, et l'OTAN dispose de telles capacités, donc nous devons utiliser ces moyens", a précisé M. Baroin à l'issue du conseil des ministres.

"Nous travaillons à ce que la coalition continue d'assurer le pilotage politique", a-t-il souligné, faisant référence à l'intention exprimée la veille par le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé de constituer une "instance de pilotage politique".

"Les discussions avec nos alliés sont en cours de finalisation donc je n'irai pas plus dans le détail, parce que ce n'est pas encore totalement bouclé", a ajouté le porte-parole du gouvernement. Nicolas Sarkozy s'exprimera "probablement" sur le sujet vendredi à Bruxelles à l'occasion du conseil européen, a-t-il précisé.

Pour la France, l'OTAN occupe un "rôle technique" dans le dispositif, a souligné M. Baroin.

"Il faut bien faire la différence entre l'action politique" et "ce que le Premier ministre britannique (David Cameron, NDLR) appelle lui-même une machinerie utile sur le plan technique", a-t-il insisté. "C'est dans ce cadre-là que la présence de l'OTAN trouvera une place sur la partie opérationnelle technique et d'organisation de la coordination des actions pour appliquer la résolution" des Nations unies sur la Libye, a estimé M. Baroin.

L'Otan a déjà accepté mardi de se charger de surveiller l'embargo sur les armes contre la Libye, en assignant des navires et des avions à cette mission. Des désaccords persistent toutefois entre alliés sur la question de savoir qui aurait la responsabilité d'éventuelles frappes aériennes sur la Libye. La France, fer de lance de l'offensive avec Londres et Washington, voudrait que les membres de la coalition gardent la maîtrise des bombardements.

Paris ne veut pas dépendre de pays comme la Turquie et l'Allemagne, deux membres de l'Alliance, qui ont déjà exprimé de fortes réserves sur l'intervention en Libye. L'Otan n'exercera pas "le pilotage politique" de la coalition internationale en Libye, mais interviendra comme "outil de planification et de conduite opérationnelle" dans la mise en oeuvre d'une zone d'exclusion aérienne, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie française, Alain Juppé.

Signe des zones d'ombre persistantes: Paris et Washington ont annoncé mardi soir être parvenus à un accord sur le rôle de l'Otan dans la coalition, mais l'ont présenté de façons sensiblement différentes.

Pour la Maison Blanche, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne sont tombés d'accord pour que l'Otan puisse jouer un "rôle clef" dans le commandement de l'opération. La présidence française parle seulement "d'utilisation des structures de commandement de l'Otan en soutien de la coalition".

Faute d'un commandement unifié, les opérations de la coalition sont jusqu'à présent nationales mais de nombreux pays, y compris au sein de la coalition, poussent pour que l'Otan assure le leadership de l'intervention. L'Italie, qui a mis ses bases aériennes à disposition, a menacé d'en reprendre le contrôle. La Belgique, le Canada, le Danemark et la Norvège poussent également à un transfert de commandement à l'Otan. Oslo a annoncé mercredi que ses six F-16 mobilisés pour la Libye allaient passer sous commandement américain.

Pour l'heure, les Etats-Unis assurent la coordination des missions aériennes au-dessus de la Libye depuis leur QG en Allemagne. Mais Barack Obama est résolu à ne pas s'enliser dans une troisième guerre en terre musulmane après l'Irak et l'Afghanistan et entend rapidement passer le relais à une autre structure de commandement, pour être en retrait.

"Beaucoup de pays qui nous incitent à tenir les opérations sous le drapeau de l'Otan nous disent aussi de tenir compte des pays arabes, mais les pays arabes ne veulent pas d'une opération sous la responsabilité de l'Otan", a cependant souligné le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, lundi à Bruxelles. "L'Otan c'est l'Occident, c'est l'incarnation institutionnelle de l'Occident, il n'y a pas plus occidental que l'Otan", estime François Heisbourg, un expert des questions stratégiques.

Si l'Otan, qui dirige déjà les opération en Afghanistan, prend le commandement opérationnel en Libye, il y aura "une conférence de presse quotidienne du porte-parole de l'Otan et l'opération sera rythmée autour de la machine otanienne. Autrement dit, au plan symbolique ça devient vraiment une guerre occidentale", a-t-il mis en garde.

Deux journalistes de l'Agence France-Presse et un photographe de l'agence Getty Images ont été libérés mardi soir à Tripoli après avoir arrêtés samedi près d'Ajdabiya (est) par des troupes loyalistes.

Le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, fait face depuis le 15 février à une révolte qui a fait des centaines de morts et poussé plus de 300.000 personnes à la fuite.

La presse officielle chinoise s'est déchaînée mercredi contre les frappes aériennes en Libye, motivées, selon elle, par la soif de pétrole et de domination des pays occidentaux, et a fustigé en particulier la France.

L'Europe s'en prend au secteur pétrolier libyen

L'Union européenne a décidé mercredi de geler les avoirs d'une grande partie du secteur pétrolier libyen dans l'espoir de priver de ressources le régime de Mouammar Kadhafi et mis en place une zone d'interdiction de survol civil pour couper les voies d'accès aux mercenaires.

Sont concernées dans le secteur pétrolier la compagnie nationale NOC et "cinq de ses filiales", a précisé l'UE dans un communiqué.

Concrètement, l'Europe "gèle les fonds et ressources économiques" des sociétés visées et interdit de procéder à des paiements en leur faveur. Ces décisions mettent pour partie en oeuvre la résolution votée la semaine dernière par le Conseil de sécurité de l'ONU, a indiqué dans un communiqué la présidence hongroise de l'Union européenne. Mais elle vont plus loin en ajoutant "d'autres sociétés pétrolières qui n'étaient pas mentionnées dans la résolution 1973".

La NOC est l'une des entités désignées par la résolution 1973 de l'ONU, votée la semaine dernière, comme "étant sous le contrôle de Mouammar Kadhafi et de sa famille". Le Conseil de sécurité a relevé qu'elle "constituerait une source de financement de son régime".

Considérée comme la pièce centrale de l'appareil pétrolier d'Etat libyen, elle contrôle, selon Washington, un réseau de sociétés qui s'occupent d'exploration pétrolière, de production et de vente de pétrole.

Au-delà, les pays européens ont sanctionné quatorze sociétés supplémentaires, selon une source diplomatique. Les détails seront publiés dans le Journal officiel de l'UE jeudi.

Le département du Trésor américain a déjà décidé mardi d'étendre les sanctions économiques des Etats-Unis contre le régime libyen à quatorze sociétés identifiées comme des filiales de la compagnie pétrolière nationale libyenne. Les Européens ont en parallèle décidé mercredi d'appliquer sur le plan civil la zone d'interdiction de survol de la Libye déjà mise en oeuvre sur le plan militaire par la coalition internationale.

Ils entendent non seulement "empêcher tout survol de l'espace aérien libyen", mais aussi interdire l'entrée dans l'espace aérien européen "aux appareils libyens ainsi qu'aux appareils (pas forcément libyens) pour lesquels il y a une raison de penser qu'ils transportent des articles interdits ou des mercenaires armés", selon le communiqué de l'UE.

Au total, depuis le début de la crise libyenne, l'Union européenne a décrété un embargo sur les armes, un embargo sur les matériels pouvant servir à la répression, ainsi que des gels d'avoirs et des interdictions de visa à l'encontre de Mouammar Kadhafi et de 37 de ses proches et responsables libyens.

Elle a également gelé les avoirs et transactions financières de onze entités dont la Banque centrale libyenne, des banques d'investissements et fonds souverains gérant les revenus pétroliers du pays.

En application de ces sanctions, des milliards d'euros d'avoirs libyens ont été gelés par les différents pays européens: entre 6 et 7 en Italie, plus d'un milliard en Suède, plusieurs milliards en Allemagne. Les Européens discutaient depuis plusieurs semaines de sanctions pétrolières contre la Libye, mais plusieurs Etats, en particulier l'Italie, son principal client en pétrole et en gaz, étaient réticents, selon des diplomates. La Libye est l'un des principaux producteurs de pétrole d'Afrique. Et les ressources en hydrocarbures servent au colonel Kadhafi à recruter des mercenaires pour s'en prendre aux insurgés dans son pays.

Toutefois, la décision n'aura aucune conséquence à l'heure actuelle sur les importations d'hydrocarbures par l'UE. En effet, les pays concernés, l'Espagne et l'Italie en particulier, "sont déjà passés à d'autres fournisseurs", a indiqué la porte-parole de la Commission européenne en charge de l'Energie, Marlene Holzner.

97 sorties aériennes pour la coalition en 24 heures

Les avions de la coalition internationale en Libye ont effectué 97 sorties au cours des 24 dernières heures, frappant des chars et des batteries anti-aériennes, a-t-on appris mercredi à 12H00 GMT auprès des forces américaines.

Aucun missile de croisière n'a été tiré pendant cette même période, a déclaré le commandant Beverly Mock, porte-parole de la coalition à bord du USS Mount Whitney, un navire de commandement coordonnant les opérations en Méditerranée. Les frappes aériennes "continuent à cibler les centres de commandement, les systèmes de défense anti-aérien, et les chars", a déclaré le porte-parole sans plus de précision.

Depuis le début de l'opération samedi et jusqu'à mardi, des navires et sous-marins américains et britannique avaient tiré 162 missiles de croisière Tomahawks, dont 112 samedi.

17 personnes tuées mardi à Misrata par les forces de Kadhafi (médecin)

Dix-sept personnes dont cinq enfants ont été tuées mardi par des tirs de snipers et d'obus des forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à Misrata, a indiqué mercredi à l'AFP un médecin de l'hôpital de cette ville située à 200 km à l'est de Tripoli.

Un précédent bilan de la rébellion, arrêté mardi en début d'après-midi, faisait état de cinq morts dont quatre enfants.

"La journée d'hier a été catastrophique. Nous avons eu le sentiment que c'était la fin. Il y a eu au moins 17 morts", a déclaré ce médecin sous couvert de l'anonymat.

"Quatre enfants, deux filles et deux garçons, qui se trouvaient à bord d'une voiture avec leurs parents pour fuir les bombardements des forces de Kadhafi, ont été tués mardi matin. Nous avons reçu un autre enfant qui est décédé dans l'après-midi", a-t-il ajouté.

Des navires de l'OTAN vont entamer des patrouilles au large de la Libye pour faire respecter l'embargo

Des bâtiments de l'Alliance atlantique vont entamer des patrouilles mercredi au large des côtes libyennes pour faire respecter l'embargo sur les armes vers ce pays décidé par les Nations unies, a-t-on appris auprès d'un responsable de l'OTAN.

Parallèlement, des sources diplomatiques précisaient qu'un accord est en train de se dessiner progressivement sur le rôle de l'OTAN dans le maintien de la zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye autorisée par l'ONU.

Les alliés s'étaient mis d'accord mardi sur l'organisation de la mission navale, qui sera dans un premier temps menée par deux flottilles navales de l'OTAN qui patrouillent régulièrement en Méditerranée. Elles sont composées de deux frégates, six navires dragueurs et un navire de ravitaillement.

Selon un responsable de l'OTAN qui a requis l'anonymat, la mission navale sera dirigée depuis le centre opérationnel de l'Alliance à Naples.

Selon l'OTAN, la Turquie offre un sous-marin et 5 navires pour l'embargo sur les armes. Le Koweit et la Jordanie vont quant à eux apporter un soutien logistique, a annoncé le Premier ministre britannique David Cameron.

Les combats font rage près d'Ajdabiya, les habitants fuient

Les combats entre les forces fidèles au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et les rebelles faisaient rage mercredi près d'Ajdabiya. Les habitants, effrayés, fuient cette ville clé de l'Est libyen. L'un des résidents, Faraj, 25 ans, a affirmé que les combats l'ont empêché de revenir dans sa ville, située à 160 km au sud de Benghazi, fief de l'insurrection contre le régime du colonel Kadhafi. "Nous avons fait demi-tour à cause des bombardements", a-t-il dit, accompagné d'autres personnes à bord d'une voiture qui repartait sur la route de Benghazi. "Il y avait des bombardements et nous avons vu des maisons en feu", a-t-il ajouté.

A 15 km plus au nord, le long de la côte dans les environs d'Ajdabiya, une famille fuyait également la ville. "Nous avons quitté la ville en raison des combats. Nous avons très peur, nous ne pouvions pas rester", a affirmé à l'AFP le père de famille, alors que sa femme et ses quatre enfants étaient visiblement pris de panique. Une colonne de fumée s'élevait au-dessus de la ville et des bombardements et des tirs intermittents étaient entendus, a constaté un journaliste de l'AFP. Selon Hamed al-Qabaili, fuyant également Ajdabiya, la situation était "très mauvaise". "Ils sont en train de tirer des missiles Grad sur les maisons", a-t-il dit.

Selon lui, les combats se produisaient aux entrée est et ouest de la ville, alors que l'accès menant à la ville de Tobrouk (plus à l'est) était aux mains des rebelles. Son compagnon de route, Mouftah al-Cheikh, a assuré avoir vu deux frères fusillés à Ajdabiya la veille. "Nous avons quitté la ville car nous avons peur", dit-il. "Il y a très peu de personnes qui sont restées. Il n'y a ni électricité ni gaz." Un groupe de combattants rebelles positionnés à 9 km de l'entrée d'Ajdabiya a affirmé que 11 chars étaient stationnés à l'entrée est de la ville. "Quand nous tentons d'avancer, ils (les pro-Kadhafi) nous tirent dessus avec des armes lourdes --chars et mitrailleuses. Tout ce que nous avons, ce sont des kalachnikovs," dit l'un des insurgés, Joumaa Souleimane.

Un autre rebelle, Ayyad Jaballah, affirme que des combattants rebelles blessés se trouvent près de l'entrée est mais personne n'est en mesure de les atteindre. "A chaque fois que nous tentons de nous approcher d'eux, ils (les pro-Kadhafi) nous tirent dessus", dit-il. Les forces de Kadhafi avaient repris Ajdabiya la semaine dernière au cours de leur offensive contre la rébellion qui tenait l'est du pays depuis un mois, avant d'attaquer Benghazi, le bastion des insurgés.

Mais elles ont été stoppées devant Benghazi par des frappes aériennes de la chasse française samedi, au début de l'opération de la coalition internationale, suite à la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'Onu. Elles se sont ensuite repliées vers Ajdabiya.

Un rebelle avait affirmé, lundi, que les forces de Kadhafi ont "positionné des chars d'assaut dans Ajdabiya". "C'est plein de civils, nous ne pouvons attaquer".

La Suède gèle plus d'un milliard d'euros d'actifs libyens

La Suède a annoncé mercredi avoir gelé pour plus de 10 milliards de couronnes (1,12 milliards d'euros) d'actifs appartenant au régime libyen du colonel Kadhafi, conformément aux sanctions décrétées par l'Union européenne.

"Conformément aux sanctions édictées par l'UE (...) en liaison avec la situation en Libye, les société financières suédoises ont déclaré à l'Autorité de supervision financière suédoise avoir gelé au total jusqu'ici plus de 10 milliards de couronnes", indique l'autorité financière suédoise dans un communiqué. Elle ne donne aucune autre précision, n'identifie pas les sociétés visées, ne détaille pas le montant des actifs gelés par société et ne nomme pas de personnes visées par la mesure.

Les sanctions de l'UE contre des entités financières libyennes et des membres du gouvernement du pays, dont Mouammar Kadhafi, visent notamment le fonds souverain du gouvernement libyen Libyan Investment Authority (LIA) qui gère les revenus pétroliers du pays.

La radio publique suédoise a indiqué mercredi que la LIA avait notamment investi dans le groupe suédois d'aluminium Kupal. La radio suédoise et le quotidien Dagens Nyheter rappellent en outre qu'une mosquée à Malmö (sud) et des activités de recherche à l'Université d'Uppsala auraient été financées par Tripoli.

La Norvège, de son côté, a annoncé le gel, jusqu'à présent, de 370 millions de dollars (260 millions d'euros) d'actifs libyens. Cette somme appartenant à la banque centrale libyenne était déposée sur un compte d'une banque norvégienne, lequel est désormais bloqué, a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère norvégien des Affaires étrangères, Kjetil Elsebutangen.

Le président turc critique l'"opportunisme" de certains pays

Le président turc Abdullah Gül a critiqué mercredi l'"opportunisme" de certains pays impliqués dans l'intervention internationale en Libye, affirmant que leur attitude provoque des soupçons quant à leurs véritables ambitions.

"Malheureusement il est clair que certains pays versent dans l'opportunisme", a-t-il dit devant la presse à Istanbul, sans citer de noms.

"Même des pays qui étaient jusqu'à hier les plus proches de ces dictateurs et provoquaient le mécontentement de leurs peuples (...) agissent aujourd'hui de manière excessive", a-t-il poursuivi.

La France et l'Italie notamment, qui font partie de la coalition anti-Kadhafi, avaient déroulé le tapis rouge au dirigeant libyen ces dernières années, resserrant les liens et signant avec la Libye de lucratifs contrats. Selon M. Gül, l'attitude de ces pays pose question quant à leurs ambitions en Libye, pays riche en pétrole.

"Leur action provoque des soupçons sur des intentions cachées", a-t-il ajouté. La Turquie, membre de l'Otan, a exprimé son malaise au sujet des frappes de la coalition internationale, s'inquiétant pour les populations civiles.

Elle a été particulièrement irritée par l'attitude de la France, qui n'aurait pas entièrement informé ses alliés avant le déclenchement des opérations.

"Il nous est difficile de comprendre pourquoi la France s'est trop mise en avant dans ces opérations" militaires en Libye, a dit lundi son ministre de la Défense Vecdi Gönül.

Koweït et Jordanie vont apporter un soutien logistique

Le Koweït et la Jordanie vont apporter un "soutien logistique" aux opérations internationales en Libye, a annoncé mercredi le Premier ministre britannique David Cameron. "Je peux confirmer que, hier (mardi), les Qataris ont déployé des avions Mirage dans le cadre d'une première contribution, ainsi que des appareils d'appui. Nous allons recevoir des contributions logistiques de pays comme le Koweït et également la Jordanie", a déclaré David Cameron lors des questions hebdomadaires au Parlement. "J'espère que d'autres soutiens vont suivre", a-t-il ajouté.

Première réunion du groupe de contact mardi à Londres

La première réunion du groupe de contact sur la Libye, réunissant Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et pays participant aux opérations contre les troupes de Mouammar Kadhafi, se tiendra mardi à Londres, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française, Alain Juppé.

Les pro-Kadhafi bombardent l'hôpital de Misrata

Les forces gouvernementales bombardaient mercredi soir le principal hôpital de Misrata, troisième ville du pays située à 200 km à l'est de Tripoli, a déclaré à l'AFP un témoin joint par téléphone.

Libye : Tirs de la défense anti-aérienne dans le centre de Tripoli

Des tirs de la défense anti-aérienne ont retenti mercredi soir dans le centre de Tripoli, au cinquième jour de l'offensive de la coalition internationale, a constaté un journaliste de l'AFP.

A partir de 20H30 GMT, des tirs sporadiques de l'artillerie anti-aérienne ont retenti dans le centre de la capitale, avec des traînées rouges visibles dans le ciel.

Aucun survol de la capitale, ni aucune frappe aérienne n'étaient cependant à signaler.

A 21H30 GMT des tirs intensifs de DCA ont repris et le bruit d'avions de chasse a également été entendu au dessus de la ville, selon des journalistes de l'AFP. En début de soirée, une forte explosion s'était produite sur une base de l'armée de terre libyenne à 32 km à l'est de Tripoli, ont indiqué des témoins à l'AFP. Ces témoins ont vu des flammes s'élever de la base militaire, située dans la région de Tajoura, au kilomètre 32 à l'est de la capitale, après l'explosion.


Les limites de l'aérienImbrication. Quatre jours après le début des frappes alliées, l'usage exclusif de la force aérienne montre déjà ses limites. Un expert militaire n'y voit rien de surprenant dans la mesure où "on utilise des moyens militaires dans une logique diplomatique et humanitaire" . Pour le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'Etat-major des forces armées françaises, ce qui rend "la situation extrêmement complexe et difficile" , c'est l' "imbrication" des forces en présence. Quand les insurgés utilisent des véhicules de l'armée libyenne et que les troupes du colonel Kadhafi font aussi usage de véhicules civils, la tâche des pilotes de chasse de la coalition est loin d'être aisée. Ceux-ci doivent faire preuve d'une "capacité d'appréciation extrêmement fine" , poursuit M. Burkhard. Ainsi, l'aviation française n'a détruit que quatre blindés des forces loyalistes lors de leur première sortie, et un seul le lendemain. Mais la seule présence des avions alliés dans le ciel libyen a, selon lui, réduit la pression et l'intensité des combats. V.B.


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