Les chiffres que Donald Trump ne veut pas voir
Le locataire de la Maison-Blanche s'est vanté à la tribune des Nations Unies de sa cote de popularité inédite. Mais, si l'on regarde les résultats des récents sondages, la réalité semble tout autre.

- Publié le 25-09-2025 à 12h35
- Mis à jour le 25-09-2025 à 17h04

C'est un Donald Trump donneur de leçons qui est apparu à la tribune des Nations Unies, ce mardi 23 septembre. Au cours de sa prise de parole - qui a largement dépassé les 15 minutes imposées -, le président américain a multiplié les louanges à l'égard de sa personne et de son administration, tout en s'attaquant frontalement à l'ONU et à l'Europe. Le message principal de son discours ? Arrêtez tout et faites comme moi, si vous voulez prospérer et échapper à l'"enfer". Se vantant d'avoir fait entrer les Etats-Unis dans leur "âge d'or", le locataire de la Maison-Blanche a listé ses succès de ces derniers mois et a suggéré aux leaders mondiaux de s'en inspirer. Notamment en matière d'immigration et d'économie.
Pour appuyer ses propos, Donald Trump a souligné le grand enthousiasme que sa politique suscitait aux Etats-Unis. "J'étais très fier de constater ce matin que j'ai atteint mes meilleurs chiffres jamais enregistrés dans les sondages", a rapporté le président, estimant que ces bons résultats étaient dus à ses actions sur l'immigration et à sa politique économique.
Mais la séquence surprend. En effet, depuis plusieurs mois, les enquêtes d'opinion montrent que la cote de popularité du président chute. Cet été, elle avait même atteint son niveau le plus bas depuis le début du second mandat de Donald Trump, flirtant avec les 38% dans certains sondages.
Que disent réellement les récents sondages sur la cote de popularité du président ?
Les dernières enquêtes d'opinion publiées avant la prise de parole du locataire de la Maison-Blanche à l'ONU sont légèrement meilleures que celles du milieu de l'été, mais elles restent inquiétantes pour un président en exercice depuis moins d'un an. Ainsi, selon une enquête menée par Ipsos pour Reuters du 19 au 21 septembre, Donald Trump décroche un taux d'approbation de 41%. C'est donc 3 points de moins que lors du précédent sondage de ce même institut réalisé entre le 5 et le 9 septembre.
Une autre enquête réalisée par YouGov pour The Economist entre le 19 et 22 septembre attribue au président américain une cote de popularité encore moins élevée, puisqu'elle n'est que de 39%. C'est 2 points de moins que celle du précédent sondage réalisé par YouGov entre le 12 et le 15 septembre.
Alors, Donald Trump est-il simplement passé à côté de ces chiffres ? N'était-il pas au courant que sa cote de popularité n'avait rien de glorieux ? Cela serait étonnant. En effet, comme nous a confié la spécialiste des Etats-Unis Nicole Bacharan, le locataire de la Maison-Blanche scrute les résultats des enquêtes d'opinion avec beaucoup d'attention. "Tout ça l'inquiète. Il prétend que ça ne l'intéresse pas, mais c'est faux", nous a-t-elle rapporté. "Il a l'œil vissé sur trois indicateurs: les sondages, le prix du baril et les cours de la bourse."
Il est toutefois probable que le républicain ait accès à des chiffres d'enquêtes privées. Il se pourrait que ces résultats soient meilleurs que ceux rendus publics. Mais il reste toutefois surprenant que Trump se vante d'une cote de popularité inédite au regard de la tendance négative relevée par les médias.
Ce qui a longtemps été le point fort de Donald Trump ne l'est plus
D'autant que le président aime être au fait de l'accueil que réservent les Américains à ses politiques. Et là encore, le constat n'est pas réjouissant pour le président qui a vu l'un de ses atouts de son premier mandat se retourner contre lui. En effet, Donald Trump était à l'époque vu comme un bon gestionnaire. Ce qui n'est plus le cas à présent, si l'on en croit les sondages. La confiance des Américains dans sa gestion de l'économie est de plus en plus faible. Selon l'enquête AP-NORC réalisée entre le 11 et le 15 septembre, seuls 37% des Américains approuvent la politique économique de Donald Trump. Cette thématique qui était autrefois la plus porteuse pour le locataire de la Maison-Blanche se trouve à présent derrière des sujets tels que la sécurité à la frontière (55% des Américains sont satisfaits de la politique du président en la matière), la délinquance (46%) et l'immigration (43%).