Donald Trump énerve les Républicains texans en graciant un élu démocrate
Le député Henry Cuellar était inculpé, avec son épouse, de corruption, fraude, blanchiment et conspiration. Le Président y a vu une punition pour s'être opposé à Joe Biden.

- Publié le 04-12-2025 à 19h21

Donald Trump a créé la surprise en accordant mercredi une grâce présidentielle à un élu démocrate du Texas qui est inculpé, avec son épouse, pour "corruption, fraude, blanchiment, conspiration et activités au service d'une organisation étrangère". Il a surpris jusqu'à l'intéressé, Henry Cuellar, 70 ans, qui ne s'attendait pas à voir ses démêlés avec la justice prendre fin avant même la tenue de son procès, prévu l'an prochain. Il s'est empressé de remercier le président républicain, en saluant son "formidable leadership".
La motivation de Donald Trump est simple et a un nom, toujours le même : Joe Biden. Si Cuellar, un député de la 28e circonscription électorale qui s'étend de San Antonio jusqu'à la frontière avec le Mexique, a été poursuivi, estime le Président, c'est parce qu'il avait osé critiquer le laxisme de l'Administration Biden en matière d'immigration. Tout en affirmant ne pas connaître l'élu, Trump assure que son prédécesseur s'en est pris à lui, "et même à sa merveilleuse épouse", une femme d'affaires, "simplement pour avoir dit la vérité".
Pétrole azerbaïdjanais et banque mexicaine
La justice américaine estime, quant à elle, que, de 2014 à 2021, Henry Cuellar a monnayé pour quelque 600 000 dollars son influence au Congrès en faveur d'une entreprise pétrolière azerbaïdjanaise et d'une banque mexicaine. Son épouse, Imelda, aurait blanchi l'argent en trafiquant la comptabilité des entreprises qu'elle dirige. Le couple nie les faits.
Cuellar a beau être un Démocrate conservateur dont les idées sont souvent proches des Républicains, ceux-ci n'en sont pas moins abasourdis par le brevet de respectabilité que Donald Trump vient d'accorder à un adversaire qu'ils rêvent depuis des lustres de déloger. Le député n'a d'ailleurs pas tardé à annoncer qu'il briguerait l'an prochain un douzième mandat, et toujours sous les couleurs démocrates, alors que d'aucuns spéculaient sur une défection en contrepartie de la grâce présidentielle.
La démarche étonne d'autant plus que le Président a exhorté le Parti républicain à redessiner la carte électorale du Texas pour optimiser ses chances de remporter cinq sièges de plus aux législatives de 2026. Donald Trump n'est, certes, pas à une contradiction près puisqu'il fait libérer des barons du trafic de drogue comme l'ex-président hondurien Juan Orlando Hernandez, tout en menant des frappes sanglantes contre des trafiquants présumés au large du Venezuela.
Trump reproche pareillement à Biden d'avoir accordé trop de grâces présidentielles, alors qu'il en a déjà octroyé plus de 2 000 depuis son retour au pouvoir. Au moins pense-t-il avoir prouvé, cette fois, qu'il n'y avait rien de partisan dans son approche et qu'il pouvait se montrer magnanime aussi envers des Démocrates.